Ce vendredi 19 juin à Bercy, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a réuni, en présence de Philippe Tibi, les acteurs de la place française et a annoncé les engagements de la phase 3 de l’initiative Tibi pour le financement de l’innovation.
Vous voudrez bien trouver ci-après l’intervention de Marie-Aude Thépaut, directrice générale de CNP Assurances, présente à la table ronde :
« Aujourd’hui, quand on parle de souveraineté — technologique, numérique, de défense — on pense spontanément aux États, aux industriels… Mais on oublie souvent un acteur clé : les assureurs.
Et pourtant, notre rôle est fondamental.
Pourquoi? Parce que nous sommes au cœur du financement de l’économie. Concrètement, en orientant l’épargne vers des entreprises innovantes, en croissance — en France et en Europe — nous contribuons directement à bâtir un tissu économique plus solide, plus souverain, plus compétitif. Que ce soit à travers l’assurance vie, aussi bien le fonds euro que les unités de compte, ou le PER, ces produits nous permettent de mobiliser une épargne longue au service des grands enjeux européens.
Pour nous, chez CNP Assurances, c’est très concret : près de 85 % de nos actifs sont investis en Europe, et la moitié finance directement les entreprises.
Avec 1 Md€ aujourd’hui, CNP Assurances aura investi près de 3Md€ en cumul des 3 programmes Tibi. Si nous le faisons, ce n’est pas seulement par conviction — c’est aussi parce que c’est pertinent économiquement. Nous savons que construire des écosystèmes européens forts, innovants et compétitifs, c’est aussi créer de la valeur dans la durée. Et donc, in fine, de la performance pour nos assurés.
Autrement dit, souveraineté et performance ne s’opposent pas — elles vont de pair. Et je pense que c’est précisément là que les assureurs ont un rôle stratégique à jouer dans les années à venir en tant qu’investisseur de long terme.
Et je voudrais aussi relever 3 raisons pour lesquelles ce programme est une réussite :
- La première : le succès de la méthode basée sur la concertation et la co-construction : le programme a su à chaque fois s'adapter pour tenir compte à la fois des contraintes des assureurs notamment des contraintes d'équilibre du bilan, en permettant d'investir dans différents types d’actif : Fonds Actions, fonds de PE, produits de taux, mais aussi et surtout de leurs intentions d'investissement thématique : la santé, la transition énergétique, la défense et les infrastructures numériques.
- La deuxième : la liberté et l’autonomie dans la gestion des engagements et permet par son effet d'annonce d'attirer des talents et de créer de nouveaux fonds, conduisant à une offre de qualité et extrêmement diversifiée. La latitude donnée par le programme permet à chaque acteur de respecter ses propres contraintes de solvabilité et de gestion de son bilan
- La dernière condition que je vois : le rôle que tiennent les assureurs, pour mobiliser des montants importants d’épargne sur des programmes stratégiques européens.
Et donc, pour terminer, je voudrais insister sur un point qui me tient à cœur, et pour lequel je fais un petit appel à la vigilance collective : Dans les mois qui viennent nous risquons de voir fleurir de nombreuses idées sur la fiscalité de l’assurance vie, je profite de l’occasion qui m’est donnée pour réinsister sur l’importance de la stabilité du cadre fiscal pour qu’à l’avenir nous conservions cette capacité de financement de long terme de l’économie, des transitions et de notre souveraineté européenne. »

