Alimentation, bancassurance, automobile… la transformation digitale est depuis plusieurs années au cœur des préoccupations de nombreux secteurs. Ces derniers mois, la crise sanitaire l’a élevée au stade de priorité absolue. Avec un axe majeur : la digitalisation de bout-en-bout des parcours clients.

Dans le secteur bancaire : selon une étude récente de Bain & Company, la moitié des clients ont procédé à distance à des transactions qu’ils effectuaient habituellement en agence. Et ils comptent privilégier ce canal même une fois le retour en agence considéré sans risque. Côté assurances, le cabinet Deloitte révélait au début de l’année que déjà 2 assurés sur 3 se disaient prêts à déclarer puis à gérer leurs sinistres entièrement en ligne.

Alors que les robo-advisors s’intègrent peu à peu dans le paysage de l’assurance, leur service pourrait bien correspondre aux attentes actuelles des Français, entre pédagogie, personnalisation et simplification.

Il s’agit de plateformes d’investissement en ligne qui automatisent la gestion des actifs et/ou le conseil client. Grâce à des algorithmes, elle optimise le ratio rendement/risque en prenant en compte le profil du client et l’évolution du marché. Leur offre 100 % digitale et leur manque de notoriété avaient généré une certaine méfiance. Désormais adossés à des grands noms - Generali, Amundi, Crédit Mutuel Arkea - ils se relancent dans la bataille. Et cette fois-ci, cela pourrait bien marcher : avant même la crise sanitaire, plus de 50 % des clients bancaires étaient prêts pour une expérience entièrement en ligne selon le cabinet Bain & Company.

Les Français moins sensibles à la sécurité de leurs données personnelles que leurs voisins britanniques et allemands.


Cette accélération de la transformation digitale s'accompagne en Europe d'un renforcement de la protection des citoyens avec le règlement général de protection des données RGPD. Mais deux après son entrée en vigueur, les résultats obtenus par OpenText sur une étude datant de 2020 montrent que 38 % des Français n’ont pas connaissance de la législation destinée à protéger leurs données, contre 24 % des Allemands et 16 % des Britanniques.

Un pourcentage préoccupant alors que la crise sanitaire a renforcé la présence du digital au cœur de nos vies : télétravail avec outils de visio-conférence et de partage de documents en ligne, e-commerce, digitalisation des démarches administratives… Sans parler de l’Internet des objets qui permet la collecte croissante de données sensibles.

Ce manque de sensibilité et de connaissance serait lié à un manque d’information des consommateurs. C’est pourquoi, un nouvel indicateur est à l’étude par le Gouvernement : le cyberscore. Il reprendrait le concept du nutriscore, présent sur certains produits alimentaires ou celui de l’indice d’émissions de gaz à effet de serre, associé à chaque logement. Sauf que lui indiquerait aux consommateurs la fiabilité des outils et des plateformes numériques en termes de sécurité des données.