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Des
textes inadaptés. Pratiquement inchangées depuis 1804 et
le code Napoléon, les règles qui régissent l'administration et la liquidation
des successions, complexes et peu efficaces, n'étaient plus adaptées aux
réalités économiques actuelles. La loi du 3 décembre 2001, relative aux droits
du conjoint survivant et des enfants adultérins, ne portait que sur quelques
points particuliers du droit successoral. Cette fois, plus de 200 articles du
Code civil sont concernés par la réforme, qui entre en vigueur au 1er
juillet 2007 et ne touche pas à la fiscalité.
Favoriser
les recours aux mandats.
Première
nouveauté, le défunt aura pu, de son vivant, confier un mandat posthume à un
tiers, afin qu'il gère les biens successoraux s'ils nécessitent des aptitudes
que n'ont pas les héritiers, comme la gestion d'une entreprise. Dans ce cas
précis, le défunt aura également eu la possibilité d'attribuer l'entreprise à
l'héritier qu'il juge le plus compétent, sous réserve de l'accord des autres
héritiers.
Les
héritiers pourront également se mettre d'accord pour charger l'un d'entre eux,
ou un tiers, de l'administration de la succession. En cas de mésentente entre
eux, tout intéressé pourra demander en justice la désignation d'un mandataire.
Le projet de loi cherche également à promouvoir les pactes successoraux (les
anciens « pactes sur successions futures »). Ainsi, un héritier pourra
renoncer à ses droits au bénéfice d'un autre, pour favoriser un enfant
handicapé, par exemple. Ce choix, officialisé par acte notarié, sera définitif.
S'adapter aux nouvelles
réalités. Pour mieux
prendre en compte la réalité des familles, le texte crée un « pacte de
famille », destiné aux familles recomposées entouré des mêmes garanties que
les pactes successoraux. A la mort de leur parent remarié, les enfants d'un
premier lit pourront renoncer à exercer immédiatement leur droit réservataire,
pour permettre au conjoint survivant de conserver les biens du défunt jusqu'à
son propre décès. Dans le même esprit, la loi étend le champ des donations
partages* aux familles recomposées, de même qu'aux personnes sans enfants, qui
pourront ainsi distribuer leurs biens à leurs frères, sœurs, neveux ou nièces.
Conséquence de
l'augmentation de l'espérance de vie, les Français héritent de plus en plus
tard. Le texte autorise donc également les donations partages aux petits
enfants, avec l'accord des enfants, pour les aider à se constituer un
patrimoine. Ces dispositions devraient en outre favoriser un règlement anticipé
des successions.
Assouplissement
des règles de l'indivision. Par
ailleurs, la loi tend à faire évoluer les règles de l'indivision. Cette
situation juridique, dans laquelle plusieurs personnes sont propriétaires
ensemble d'un même bien, faisait souvent peser de lourdes contraintes et pouvait
même engendrer des conflits familiaux à l'occasion des successions. En effet,
pour assurer les mêmes droits à tous les héritiers sur le bien hérité en commun,
toutes les décisions concernant ce bien devaient être prises à l'unanimité. Le
nouveau texte abroge cette règle de l'unanimité des indivisaires et la remplace
par une majorité des deux tiers pour les actes d'administration, la conclusion
et le renouvellement des baux d'habitation.
Simplifier
et accélérer les successions.
Afin
d'améliorer les délais de transmission du patrimoine, les héritiers pourront
bénéficier de la procédure dite « d'acceptation à concurrence de l'actif
net », qui remplace le régime de l'acceptation sous bénéfice d'inventaire,
lourd et peu utilisé. Dans ce cas, l'héritier évite la confusion entre ses biens
personnels et ceux du défunt. D'autre part, il n'est tenu au paiement des dettes
de la succession que jusqu'à concurrence de la valeur des biens qu'il a
recueillis. En outre, même en cas d'acceptation pure et simple, l'héritier
pourra demander à être déchargé des dettes dont il ignorait légitimement
l'existence au jour de la succession, si celles-ci mettent son propre patrimoine
en péril.
Enfin,
le délai pour accepter une succession est ramené de 30 à 10 ans. Au terme de
cette période, une personne n'ayant pas fait connaître sa décision est supposée
avoir renoncé à l'héritage. Toutefois, le texte instaure également un délai de
quatre mois, à l'issue duquel un héritier peut-être sommé de faire connaître sa
décision, à la demande d'un créancier du défunt, d'un cohéritier ou de
l'État.
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La donation partage permet de régler de son vivant la transmission de tout ou
partie de son patrimoine. Avant la réforme, ce dispositif était limité au profit
des seuls descendants ayant qualité d'héritiers.
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Le paiement en différé des droits de
succession
Un veuf ou une veuve peut désormais différer le règlement
des droits de successions dont il doit s'acquitter après le décès de son
conjoint. Le décret du 6 mai 2005 fixe toutefois deux
conditions :
-
la
succession doit comporter au moins 50% de biens non liquides
(biens
immobiliers, fonds de commerce, titres non cotés en
Bourse...)
-
le
conjoint survivant devra s'acquitter chaque année d'intérêts (les deux
tiers du taux légal, soit cette année un taux de 1,37%).
Dans ce cas, le paiement des droits dû par le conjoint
pourra être versé au service des impôts soit lors de son propre décès
(transférée aux héritiers, la dette sera alors déduite de l'actif
imposable), soit lors d'une éventuelle donation des biens transmis par la
succession.
Auparavant,
le Code général des impôts prévoyait que le conjoint survivant, comme tout
autre héritier, devait régler la totalité des droits de succession dans un
délai de six mois. Il pouvait également demander à bénéficier d'un
fractionnement du paiement. Cette
nouvelle réglementation doit permettre aux conjoints survivants de
conserver plus facilement un héritage, en particulier l'immeuble dans
lequel ils habitent.
Plus d'informations : http://www.service-public.fr/ | |