Le comportement des épargnants français est comparable à celui des autres Européens. C'est ce qu'indique un rapport réalisé par l'Observatoire de l'épargne européenne (OEE)*...
Pas d'exception française. Avec un taux d'épargne de 16,7% du revenu disponible
brut**, la France se situe dans le peloton de
tête des pays où l'on épargne le plus, aux côtés de la Belgique (16,4%), de l'Allemagne
(16,2%) et de l'Italie (16%).
Néanmoins, contrairement à une idée largement répandue,
l'attitude des épargnants français n'a rien d'exceptionnel. Selon le rapport de
l'Observatoire de l'épargne européenne, si l'on intègre dans le revenu
disponible les services fournis par la collectivité publique (Sécurité sociale,
éducation...), ce taux d'épargne doit être revu à la baisse de 4 points. Cela le
ramène alors dans la moyenne continentale, entre Espagne (10,1%) et Pays-Bas
(14,6%).
L'influence de la conjoncture. L'épargne financière et les liquidités ne sont pas plus
élevées en France que chez nos voisins. Dans tous ces pays, l'attitude des
épargnants est largement dictée par la situation économique.
Ainsi, à en croire l'étude de l'OEE, c'est l'inquiétude
sur les retraites qui a incité les Européens à épargner massivement entre 2000
et 2002. Et si le mouvement semble aujourd'hui légèrement s'inverser***,
c'est – toujours selon l'étude – la conséquence du retour du chômage et de
la stagnation des salaires, plus que le résultat d'un choix des
épargnants.
L'Angleterre à part.Reste que l'Observatoire évoque « une attitude
différente à l'égard du risque » chez certains de nos voisins.Avec un taux d'épargne à peine supérieur à 5%, le Royaume-Uni constitue par
exemple un cas atypique. Mais là encore, cette particularité s'explique par
l'environnement économique.
La croissance des revenus, beaucoup plus rapide que dans
les autres pays européens, a en effet provoqué une envolée de la consommation.
Selon les auteurs de l'étude, celle-ci se traduit, notamment, par une forte
augmentation du recours au crédit. Ainsi, l'encours de crédit à la consommation
par habitant a pratiquement triplé en 10 ans, pour s'établir à 4.400 euros,
alors qu'il se situe aux alentours de 1.700 euros en France depuis trois
ans.
* L'étude de l'OEE compare en particulier,
pays par pays, les taux d'épargne par rapport au revenu disponible brut. Elle
analyse également le recours au crédit.
** L'étude porte sur les chiffres de 2002,
les plus récents disponibles à l'échelle européenne.
*** Le taux d'épargne des ménages a reculé
en France en 2003, passant de 16,7% à 15,8% du revenu disponible
brut.