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L'assurance emprunteur, aussi dénommée assurance en couverture de
prêts, est une assurance de risque dont l'objet est de sécuriser les crédits
immobiliers ou les crédits à la consommation. Sa vocation est double. D'une
part, elle protège l'emprunteur contre les aléas de la vie et préserve ses
chances de conserver son bien. De l'autre, elle pare le banquier en cas de
défaillances de l'emprunteur, en garantissant sa solvabilité. L'assurance
emprunteur est, dans la majorité des cas, souscrite par l'établissement
financier auprès d'une compagnie d'assurance. Il s'agit d'un contrat de groupe,
ouvert à tous ses clients. En cas de défaillance financière de l'emprunteur,
l'assureur se substitue à lui et rembourse les échéances à l'établissement
prêteur. Le banquier est donc le bénéficiaire du contrat et perçoit directement
les prestations. En France, plus de 15 millions d'emprunteurs sont couverts,
dont 98% d'entre eux par un contrat de groupe. Les 2% qui ne sont pas acceptés
dans des contrats collectifs en raison de leur état de santé peuvent
généralement bénéficier de garanties individuelles spécifiques, moyennant une
surprime. Le coût des garanties décès et incapacité de travail reste stable
depuis près de trente ans. Quant aux demandes d'indemnisation, la
quasi-totalité d'entre elles sont satisfaites. Même les demandes au titre des
arrêts de travail de longue durée, auxquels on attribue le plus grand nombre de
contentieux, sont prises en charge sans litige dans 97% des cas. Des taux qu'il
convient encore d'augmenter, en améliorant la lisibilité des contrats et la
qualité des produits pour donner entière satisfaction aux clients.
L'organisme de crédit : un rôle
essentiel
En pratique, l'organisme de crédit joue un rôle essentiel dans la
souscription de l'assurance. Le conseiller financier de la banque fait remplir
le bulletin de souscription à l'emprunteur et le conseille dans le choix des
garanties. L'établissement prêteur participe aussi à la gestion administrative
du contrat. Il se charge le plus souvent de collecter les primes et de les
reverser à la société d'assurance. Il transmet enfin les demandes de prise en
charge lorsqu'un sinistre survient. Les avantages du contrat de groupe pour
l'emprunteur sont multiples. En premier lieu, les formalités d'adhésion sont
simples et rapides. Elles consistent en un questionnaire médical, qui peut être
simplifié pour les prêts d'un montant peu élevé. Ces formalités sont d'ailleurs
tellement faciles à accomplir que l'emprunteur risque de ne pas toujours prendre
conscience de l'importance de la déclaration d'état de santé (voir l'article "
De l'importance de la déclaration d'état de santé "). En second lieu, le coût
de l'assurance de groupe est modique car les risques sont mutualisés : les "
bons " risques compensent les " mauvais " risques et la tarification est unique
pour tous les adhérents, quels que soient leur âge et leur profession. En
conséquence, les frais de gestion sont beaucoup moins élevés que dans un contrat
souscrit à titre individuel. Enfin, la législation est très attentive à la
protection des assurés : la loi Scrivener du 13 juillet 1979 interdit aux
assureurs de modifier le taux des garanties décès, invalidité et incapacité de
travail sur toute la durée du contrat sans l'accord préalable de chaque assuré,
ce qui rend les augmentations difficiles à réaliser, étant donné le grand nombre
d'assurés dans un contrat de groupe. Seule la garantie chômage peut faire
l'objet d'une révision de taux en cours de contrat, sans l'accord préalable des
assurés.
Quatre garanties offertes
Quatre garanties sont habituellement proposées à l'emprunteur français
: le risque décès, le risque invalidité, le risque incapacité de travail et le
risque chômage. En ce qui concerne le décès, l'assureur garantit toutes ses
causes, sauf exclusions légales ou conventionnelles. En cas de survenance du
sinistre, l'assureur se substitue à l'emprunteur pour rembourser par
anticipation le capital restant dû au jour du décès. L'invalidité de
l'emprunteur peut donner lieu à deux types de garanties selon qu'elle est
permanente et absolue ou permanente et partielle. Lorsque l'invalidité est
permanente et absolue (ou définitive), c'est à dire que l'état de santé de
l'assuré entraîne l'impossibilité de se livrer à la moindre activité procurant
gain et profit et qu'il nécessite l'assistance d'une tierce personne pour
accomplir les actes ordinaires de la vie, la plupart des contrats prévoient le
versement des mêmes prestations qu'en cas de décès. Ainsi, l'assureur se
substitue à l'emprunteur pour rembourser, par anticipation, le capital restant
dû au jour du sinistre. Lorsque l'invalidité est permanente et partielle, les
contrats prévoient généralement la prise en charge par l'assureur des échéances
de prêt au fur et à mesure de leur exigibilité. Cette prise en charge n'est
cependant pas toujours intégrale, nombre de contrats stipulant que la prestation
de l'assureur est proportionnelle au taux d'incapacité reconnu par l'assuré. Le
plus souvent, si l'assuré se voit reconnaître un taux d'invalidité inférieur à
33%, aucune prestation n'est due par l'assureur. Bien que n'étant pas
légalement obligatoires, ces deux garanties sont souvent perçues comme telles
par le client, car l'établissement prêteur en fait généralement une condition du
prêt.
L'assureur règle les
échéances
La garantie incapacité de travail vise, quant à elle, à couvrir
l'emprunteur en cas de maladie ou d'accident l'empêchant temporairement de se
livrer à une activité rémunérée. L'assureur se substitue alors à l'emprunteur
pour régler les échéances de prêt au fur et à mesure de leur exigibilité. Pour
ouvrir droit à prestations, les contrats prévoient habituellement que
l'interruption de travail doit être totale. Si l'état de santé de l'assuré
autorise la reprise d'un travail, la prise en charge cesse. Par ailleurs, les
conventions prévoient, le plus souvent, de verser la prestation au terme d'une
période de franchise dont la durée est rarement inférieure à quatre-vingt-dix
jours pour les crédits immobiliers. Il faut noter que l'incapacité de travail
est la garantie qui suscite le plus d'insatisfaction chez les assurés. En
effet, ceux-ci s'attendent à être couverts par l'assurance dès que l'arrêt de
travail est prescrit médicalement et qu'il fait l'objet d'une indemnisation par
un régime de Sécurité sociale. Or, l'assureur, qui offre une garantie de taux
sur le long terme, ne peut aligner l'appréciation du risque et sa décision de
prise en charge sur les régimes obligatoires de protection sociale dont
l'équilibre technique obéit à une logique différente. Afin de s'assurer que
l'état de santé de l'assuré correspond à la définition du risque défini par le
contrat, celui-ci prévoit la possibilité d'un contrôle médical à l'initiative de
l'assureur. La garantie du risque chômage vise à permettre à l'emprunteur de
se couvrir en cas de perte d'emploi, l'assureur prenant en charge les échéances
de prêt en cas de survenance d'un sinistre. Les prestations sont généralement
plafonnées à un certain pourcentage de l'échéance et la durée d'indemnisation
est limitée. Certains contrats prévoient des indemnisations forfaitaires ou des
reports d'échéances. Le rôle protecteur de l'assurance emprunteur ne fait
aucun doute, ce qui contribue indéniablement au développement du
crédit.
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