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Assurance emprunteur : 1 tête ou 2 têtes ? (avril 2000)
L'assurance emprunteur permet de protéger votre famille et de sécuriser votre projet. Vous choisissez le niveau de protection et de sécurité en fixant une quotité d'assurance, c'est-à-dire le montant assuré du prêt pour chaque emprunteur. La quotité, exprimée en pourcentage du capital emprunté, s'applique à toutes les garanties de votre assurance, sauf clause particulière.

Comment choisir la quotité ?

Cette question ne se pose pas si vous êtes emprunteur unique, dans la majorité des cas, pour plus de sécurité, la quotité sera de 100% du montant emprunté. Par contre le choix est plus délicat lorsque vous empruntez à plusieurs, par exemple si vous êtes un couple, marié ou non.

Dans ce cas, il convient de se poser quelques questions :

  • si je décède avant la fin du prêt, que se passe-t-il pour ma famille ? Combien pourra-t-elle rembourser chaque mois pour la maison ?
  • si je suis incapable de travailler, que percevra ma famille et comment pourra-t-elle faire face aux échéances du crédit ?

Pour répondre à ces questions, il faut raisonner en terme de revenu disponible, c'est-à-dire ce qui reste pour vivre après avoir fait face aux remboursements du crédit.

Réfléchir sur le décès

Imaginons par exemple la situation d'un couple marié, avec 2 enfants.

Le revenu mensuel du foyer s'élève à 17.000 F (10.000 F pour Monsieur et 7.000 F pour Madame).

Une fois le prêt accordé, ce couple doit faire face à des échéances de 5.100 F, soit un taux d'endettement de 30%.

Le revenu mensuel disponible du couple s'élève donc à 11.900 F.

Monsieur décède, ce qui modifie les revenus du foyer.

La nouvelle situation financière est la suivante :

7.000 F de salaire pour Madame,
3.900 F de pension
Total = 10.900 F

Soit une baisse des revenus mensuels de 35,88%.

Hypothèse n° 1

Au moment de l'adhésion, ce couple avait choisi une quotité d'assurance de 60% sur la tête de Monsieur et 40% sur la tête de Madame.

Ce choix semblait normal puisqu'il correspondait à la part des salaires de chacun dans les revenus du ménage.

Après le décès de Monsieur, Madame aura à acquitter des échéances de 2.040 F, puisque 60% du capital restant dû auront été remboursés.

Elle aura donc un revenu mensuel disponible de 8.860 F, soit un taux d'endettement de 18,7%.

Le taux d'endettement semble supportable, il convient néanmoins de s'assurer que Madame pourra faire face aux charges de la maison et à l'éducation des enfants avec un revenu mensuel disponible de 8.860 F par mois.

Hypothèse n° 2

Au moment de l'adhésion, ce couple avait choisi une quotité d'assurance de 100% sur chaque tête pour sécuriser le projet au maximum.

Au décès de Monsieur, l'intégralité du capital restant dû est remboursé par l'assurance.

Madame est libérée du poids des échéances et a un revenu mensuel disponible de 10.900 F.

Réfléchir sur l'incapacité de travail

Prenons un autre exemple, celui d'un couple avec 1 enfant.

Le revenu mensuel du foyer s'élève à 16.000  F (8.000 F pour Monsieur et 8.000 F pour Madame).

Une fois le prêt accordé, ils doivent faire face à des échéances de 4.800 F, soit un taux d'endettement de 30%.

Le revenu mensuel disponible du couple s'élève donc à 11.200 F.

Imaginons que Madame se retrouve dans l'incapacité de travailler. Les revenus du foyer vont chuter.

La nouvelle situation financière est la suivante :

8.000 F de salaire pour Monsieur,
4.000 F d'allocations Sécurité Sociale
Total = 12.000 F

Soit une baisse des revenus mensuels de 25%.

Hypothèse n° 1

Au moment de l'adhésion, ce couple avait choisi une quotité d'assurance de 50% sur chaque tête, ce qui correspondait à l'équilibre financier du ménage.

Suite à l'incapacité de travail de Madame, ils ont à acquitter des échéances de 2.400 F puisque l'assurance prend en charge la moitié de ces échéances.

Ils disposent donc d'un revenu mensuel disponible de 9.600 F, soit un taux d'endettement de 20%.

Cependant, il n'est pas rare que dans une telle situation, le couple ait à faire face à de nouvelles charges, notamment pour s'occuper de l'enfant, voire de l'entretien de la maison.

Dans cette hypothèse, le choix de quotité peut s'avérer insuffisant.

Hypothèse n° 2

Au moment de l'adhésion, ce couple avait choisi une quotité d'assurance de 100% sur chaque tête, afin de sécuriser son projet au maximum.

Suite à l'incapacité de travail de Madame, les échéances sont prises en charge par l'assurance.

Ils disposent donc d'un revenu mensuel disponible de 12.000 F, en augmentation de 7%.

Ce surplus de revenu leur permet de faire face aux charges générées par l'incapacité de travail de Madame.


Le choix de la quotité est donc fondamental puisqu'il permet de sécuriser le bien.

De façon générale, si votre objectif est non seulement de pouvoir faire face aux échéances, mais au-delà de pouvoir conserver le bien quoiqu'il puisse vous arriver, vous opterez pour une quotité de 100% sur chaque tête.

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