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Le sort du conjoint survivant fait
l'objet depuis plusieurs années de nombreux débats. Pour autant, aucune mesure
concrète n'avait jamais été prise. Celui qui perdait son époux ou son
épouse se voyait réserver une bien faible part dans sa succession. En présence
d'enfants, il était quasiment évincé de la succession et sa situation était à
peine plus favorable en présence de parents ou frères et sœurs. A la peine de
perdre un être cher s'ajoutaient alors des difficultés
financières.
Cette nouvelle loi s'articule autour
de deux idées fortes :
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Augmenter la part du conjoint
survivant dans la succession.
- en présence d'enfants
communs, il aura le choix entre la totalité en usufruit et le quart de la
succession en pleine propriété. - en présence d'enfants de
différents lits, il ne disposera d'aucune option et pourra prétendre au
quart de la succession en pleine propriété. - en présence de père et
mère, il hérite de la moitié en pleine propriété. Si le défunt ne laisse
qu'un seul de ses père ou mère, le conjoint survivant récupère les 3/4 en pleine
propriété. - en présence de frères et sœurs ou de leurs descendants,
le conjoint survivant hérite de la totalité de la succession. Pour préserver les
biens de famille, le législateur a prévu toutefois un droit de retour sur la
moitié des biens que le défunt a reçu par succession ou donation, à
condition que les biens en question lui appartiennent toujours au moment du
décès.
Une des nouveautés de cette loi est
d'attribuer au conjoint, dans certaines situations, la qualité d'héritier
réservataire. En l'absence d'ascendant ou de descendant, le conjoint survivant
bénéficiera d'une réserve sur le quart des biens de son conjoint. Ainsi, en
l'absence d'ascendant ou de descendant, le défunt ne pourra pas donner ( par
donation ou testament) plus des trois quarts de son patrimoine à une personne
autre que son conjoint;
Le conjoint survivant aura un droit
d'usage sur la résidence principale. Le logement concerné est l'habitation
principale effectivement occupée au moment du décès.
Il existe 2 droits distincts
: - Le droit temporaire au logement pendant 1 an : le conjoint survivant
bénéficie pendant un an de la jouissance gratuite de son logement ainsi que du
mobilier le garnissant. Si les époux étaient locataires, les loyers seront
remboursés au conjoint survivant pendant une année par la succession. Ce droit
temporaire est d'ordre public, c'est à dire qu'il ne peut être écarté par la
volonté contraire du défunt. - Le droit viager au logement : le
conjoint survivant bénéficiera s'il le souhaite d'un droit au logement
gratuit ainsi qu'un droit d'usage sur le mobilier le garnissant jusqu'à
son propre décès. La valeur de ce droit est évaluée fiscalement à 60 % de la
valeur en usufruit. Ce droit s'imputera sur les autres droits recueillis par le
conjoint dans la succession.
Cette loi entrera en vigueur le
01/07/2002 à l'exception de certaines dispositions d'application immédiate comme
le droit temporaire au logement.
Si cette nouvelle loi améliore
considérablement le sort du conjoint survivant, ses droits peuvent être encore
étendus. Les donations, testaments, avantages matrimoniaux sont autant d'outils
efficaces mais à manier avec précaution. Le plus sage est sans aucun doute de
prendre conseil auprès de spécialistes en droit de la famille qui sauront
adapter les solutions à la situation particulière de
chacun.
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