Qu'en est-il du système de santé en France ?
Depuis plus de vingt ans, les
dépenses de santé n'ont jamais cessé de progresser pour atteindre actuellement
10% du produit intérieur brut (PIB). Et ce phénomène ne cesse de
s'amplifier.
Certains experts considèrent même que le budget santé des
ménages devrait, dans l'avenir, rattraper celui consacré à l'alimentation, soit
15 à 20% des revenus.
Liées notamment à une démographie médicale de plus en
plus déséquilibrée, à une attente des patients de plus en plus importante, à la
persistance des gaspillages et aux coûts des nouvelles techniques médicales, ces
dépenses mettent en péril l'existence même du système de santé.
Un des
écueils du système, qui voulait, à l'origine, associer la liberté d'installation
et de prescription des praticiens, de choix du médecin par le patient, d'une
part et le financement socialisé, d'autre part, consiste à multiplier les actes
et les filières de façon désordonnée.
Le plan Juppé, conçu pour assurer un
meilleur équilibre entre les recettes et les dépenses, a tenté de trouver une
nouvelle articulation entre plusieurs moyens portant sur l'ensemble des acteurs
du système de santé.
L'objectif vise à enrayer la croissance constante des
dépenses de santé tout en améliorant la qualité des soins.
Assumer les choix de santé
publique
Cette réforme s'appuie sur le vote annuel de la loi de financement de la
Sécurité sociale par le Parlement. C'est à cette occasion que les députés et les
sénateurs doivent prendre position sur les prévisions de dépenses de la Sécurité
sociale et assumer certains choix de santé publique.
Ainsi, le volet
"recettes" prévoit d'élargir l'assiette de cotisations par une perception
fiscale complémentaire, via la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Ceci
permet d'éviter l'alourdissement des cotisations assises sur les
salaires.
Toutefois, c'est d'abord le contrôle des dépenses qui, à terme,
permettra de juger de la réussite de cette réforme.
Pour y parvenir, deux
axes sont développés : fixation d'objectifs quantifiés et développement de
filières de soins.
Les objectifs de dépenses (objectif national quantifié)
sont dorénavant évalués à un niveau régional.
La création d'un échelon local
de l'analyse des coûts doit, de surcroît, créer une émulation entre les régions
sur la performance de leur gestion.
Le parcours du
patient
Quant aux filières de soins, elles ont pour but de mieux organiser le
parcours du patient dans le système de santé.
Selon la Caisse nationale
d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), "il s'agit d'une
organisation verticale de la prise en charge du patient,(...) qui s'inscrit dans
une perspective de continuité des soins."
Eviter les multiplications
d'examens, les incohérences de prise en charge, en s'appuyant sur le dossier
médical du patient, voilà la finalité d'une filière de soins.
Cette
orientation doit optimiser le système de santé, tant au niveau des coûts que de
la qualité.
Dans cette organisation, le médecin généraliste est investi d'un
rôle central. Son action est tout d'abord préventive. Par une meilleure
connaissance du patient et par le développement de soins primaires, il assure un
premier niveau de soins indispensable.
Le recours au médecin spécialiste ne
serait alors autorisé que sur recommandations du médecin généraliste et pour des
actes ou examens bien déterminés. Le patient s'engage ainsi auprès du médecin
généraliste de son choix pour une période donnée.
En contrepartie, les soins
prodigués à l'intérieur de la filière bénéficient de procédures de
tiers-payant.
L'introduction du statut de "médecin référent" dans la nouvelle
convention des généralistes confirme cette évolution.