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Droits de succession : la dévolution légale (novembre 2002)
À qui reviennent les biens d'un défunt qui n'a pas rédigé de testament ? Tous les cas de figure ont été prévus par la loi : c'est la " dévolution légale de la succession ". Après avoir traité le cas du conjoint survivant (La réforme des droits du conjoint survivant), nous étudions à présent l'hypothèse où le défunt ne laisse pas de conjoint.

Si le défunt laisse des descendants. Enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants priment sur tous les autres membres de la famille. En présence d'enfants, ceux-ci se partageront la succession en pleine propriété. Si l'un d'eux est déjà décédé, ses éventuels descendants le remplaceront selon le mécanisme dit de la représentation.

En l'absence de descendants. Si le défunt ne laisse ni enfants ni autres descendants, les autres membres de la famille héritent de ses biens : ascendants (père et mère) ou collatéraux (frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines).

La loi prévoit plusieurs situations :

  • La succession est recueillie par les ascendants et les collatéraux privilégiés (frères et sœurs) : le père et la mère se partagent à parts égales la moitié de la succession en pleine propriété. Le reste est réparti entre les frères et sœurs, toujours à parts égales et en pleine propriété. Si l'un des parents est déjà décédé, le quart qui lui revenait est partagé entre les frères et sœurs. Si les deux parents sont décédés, la totalité de la succession revient en pleine propriété aux frères et sœurs.
  • La succession est recueillie par les collatéraux non privilégiés : En l'absence d'ascendants, quels qu'ils soient, et de frères et sœurs, la succession est partagée en pleine propriété entre les deux lignes familiales. Une moitié est attribuée aux parents de la ligne paternelle du défunt, l'autre aux parents de la ligne maternelle (technique dite de « la fente »). Dans chaque ligne, c'est l'héritier le plus proche (oncle ou tante, à défaut neveu ou nièce, à défaut cousin ou cousine) qui prend la succession. S'il ne reste des collatéraux ordinaires que dans une seule ligne, la succession lui revient alors entièrement.
  • La succession est recueillie par l'Etat : S'il n'existe aucun héritier dans les 6 premiers degrés de parenté du défunt (ni cousin, ni cousine, ni oncle, ni tante, ni neveu, etc.), la succession est dite vacante. Elle est alors recueillie par l'Etat.Ce bénéficiaire peut être désigné par sa qualité (mon conjoint, mes héritiers...) ou nominativement. Dans la plupart des cas, il peut être changé à tout moment.

Ordres et degrés de succession

Deux notions entrent en ligne de compte pour déterminer une hiérarchie entre héritiers : l'ordre et le degré.

Ordre. Les héritiers sont divisés en quatre ordres, appelés l'un après l'autre à la succession. Le premier ordre comprend les enfants du défunt et ses autres descendants. Tous les enfants sont désormais placés sur un pied d'égalité et la loi ne fait plus de distinction entre enfant légitime et enfant adultérin.
Le deuxième ordre comprend les père et mère du défunt (ascendants privilégiés) et ses frères et sœurs (collatéraux privilégiés). Le troisième ordre comprend les autres ascendants (grands-parents ou arrière-grands-parents). Les autres membres de la famille sont rassemblés dans le quatrième ordre.

Degré. Dans le cas d'une succession entre ascendants ou collatéraux non privilégiés (3ème et 4ème ordres), s'il existe plusieurs héritiers potentiels du même ordre, c'est le degré de parenté qui va les départager. Le degré de parenté définit la proximité entre le défunt et les membres de sa famille, les héritiers du degré le plus proche excluant ceux des degrés plus éloignés.
Au premier degré, on trouve les enfants et les parents du défunt. Le deuxième degré regroupe ses petits-enfants, ses grands-parents et ses frères et sœurs. Au troisième degré, on trouve ses arrière-grands-parents, ses oncles et tantes et ses neveux et nièces. Cousins et cousines du défunt sont parents au quatrième degré...



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