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Un peu d'histoire... Dans
les années 1880-1890, le chancelier allemand Bismarck fait
voter un ensemble de lois sociales destinées à contrer la montée du
socialisme. Les travailleurs ont droit à une protection sociale en
échange de leur activité professionnelle. Les assurances sociales
sont financées par des cotisations partagées entre salariés et
employeurs. Elles sont contrôlées par l'État mais gérées par les
partenaires sociaux. En 1942, le rapport de Lord Beveridge
paraît à la demande du gouvernement anglais. Il propose d'instaurer
un système universel chargé de protéger tout citoyen, quelle que
soit sa situation professionnelle. Les prestations sont les mêmes
pour tous. Le système est financé par l'impôt et placé sous
l'autorité de l'État. |
Ces deux
systèmes de protection sociale ont durablement influencé l'ensemble des pays européens. Les pays du nord
appliquent le système Beveridge depuis 1945, ceux du sud depuis les années
80. L'Europe
continentale reste adepte du système Bismarck (Voir Carte de l'Europe
sociale) . Toutefois, les politiques sociales ont évolué sur le vieux
continent et, aujourd'hui, plusieurs pays, dont la France, s'inspirent en
fait des deux modèles (dossiers à venir sur notre site).
Longtemps confrontés à une
situation économique dégradée, les pays européens ont cherché ces
dernières années à freiner les dépenses sociales. Beaucoup ont diminué les
prestations, et certains sont allés jusqu'à remettre en cause certains des
principes fondateurs, à l'instar de l'introduction d'assurances privées et
même de la concurrence dans le service de santé britannique. Malgré ces
aménagements, les systèmes Bismarck et Beveridge restent les piliers de
l'Europe sociale.
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Et avant
?
Système Bismarckien : système de protection sociale
financé par des cotisations partagées entre salariés et
employeurs, contrôlé par l'État mais géré par les partenaires
sociaux.
Système Beveridgien : système de
protection sociale financé par l'impôt et placé sous
l'autorité de
l'État. | |
Comparer les performances des
pays voisins
Béatrice Majnoni d'Intignano
est professeur d'économie à Paris XII-Créteil et de gestion comparée des
systèmes de santé à l'ESCP et à l'ESSEC. Auteur de " La Protection
sociale " collection INEDIT Sciences sociales au " Livre de
poche "
Quelle est le niveau de
qualité des systèmes de santé européens par rapport aux autres pays
industrialisés ?
Il est d'une qualité incroyable
! L'Europe a été et reste le berceau de l'État providence. Elle est la
seule à offrir un système aussi généreux, à part le Canada et le Japon.
Elle est la seule à protéger l'ensemble de la population pour l'ensemble
des risques. On parle de " l'Europe des marchés ", c'est une hérésie ! Il
faut parler de l'Europe de la protection sociale !
Dans ce cas, va-t-on vers une harmonisation des systèmes de
protection sociale en Europe ...
Non, car la protection sociale
ne fait en aucun cas partie des compétences de la commission européenne,
mais relève du principe de subsidiarité, c'est à dire des compétences
nationales. Or, chaque pays est très attaché à son système.
Il semble pourtant que chaque pays emprunte de plus en plus
de caractéristiques aux deux principes, Bismarck et Beveridge
?
Il leur faut de plus en plus
améliorer leur système, surtout dans des domaines comme la vieillesse ou
la maladie. Les réformes passent par la comparaison des performances des
pays voisins. On assiste à une certaine convergence... mais pas à une
harmonisation. Les pays européens restent attachés à leur principe :
Beveridge ou Bismarck.
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Et avant
?
Assurer ses vieux
jours. Dans les sociétés
anciennes, la protection et la solidarité entre les
générations étaient assurées par la famille: mieux valait
avoir beaucoup d'enfants pour assurer ses vieux jours. Les
malades étaient pris en charge par les collectivités
religieuses qui ouvraient des hospices et hôpitaux dans toute
l'Europe. Les plus riches -nobles, propriétaires terriens,
artisans et plus tard les patrons industriels- nourrissaient
et soignaient leurs serviteurs ou leurs
ouvriers.
Poor Laws. L'Angleterre fut le premier
État européen à lancer un début de politique sociale. En 1601,
les Poor Laws obligent les paroisses à aider les habitants
dans le besoin : en argent s'il s'agit d'un enfant ou d'un
invalide, sous forme de travail s'il s'agit d'un indigent
(obligé de l'accepter sous peine de prison). Ce premier modèle
est repris dans quelques rares pays européens, puis balayé par
la révolution industrielle. A la fin du 19ème siècle, Bismarck
crée le premier système d'assurance sociale qui influence
toute l'Europe. La politique sociale publique est
née! |
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