English  |  Español  |  Portuguese  |  Italiano                                 Contact | Newsletter
 


















 
Risque-Prévoyance  Magazine
Actualités I Ailleurs I Au quotidien I Sommaire
 
La diversité des systèmes de protection sociale en Europe : système Beveridge (janvier 2001)
Beveridge : un modèle évolutif

Le Britannique Lord Beveridge pose, en 1942, les  trois grands principes d 'un nouveau système de protection sociale: l'universalité, une couverture pour tout le monde; l'uniformité, une aide identique pour tous (ouvriers et cadres supérieurs perçoivent les mêmes montants) sous la forme de prestations en espèces (indemnités maladie, allocations chômage, retraite), ainsi que de services gratuits; enfin l'unicité, une seule administration.

Lord Beveridge précise que ce système nécessite la création d'un service national de santé (géré par l'État). Ce modèle va influencer durablement de nombreux pays européens, selon des voies différentes.

  • Scandinavie. Les pays scandinaves sont les plus proches du modèle de Beveridge. Tous les citoyens ont droit à la protection sociale. L'État fournit de nombreux services sociaux gratuits (pour les enfants, pour les personnes âgées ...) et la plupart des prestations sont forfaitaires (le montant des versements -plutôt élevé- est invariable). Le système est financé par l'impôt et géré par l'État.

  • Royaume-Uni. Paradoxalement, la Grande-Bretagne et l'Irlande ne sont pas allées aussi loin que les pays scandinaves. Leur système de santé, gratuit à 85%, est ouvert à tous. Mais les prestations en espèces (retraite de base, allocations chômage...) sont minimes. Résultat : les retraites et assurances privées sont nombreuses.

  • Méditerranée. Enfin la crise des années 80 a conduit les pays méditerranéens (Grèce, Italie, Espagne, Portugal), dont le système s'inspirait du modèle de Bismarck, à créer un système de santé national leur offrant un meilleur contrôle des dépenses, à l'instar de la formule imaginée par Lord Beveridge.

La crise économique et le problème de financement des retraites ont conduit tous ces pays à certains aménagements : la Grande-Bretagne a par exemple introduit la concurrence dans son système national de santé. Aucun de ces pays n'a pour autant remis en cause l'influence de Beveridge sur son système de protection sociale.

     
 

Le médecin de famille au centre du système de santé britannique.

"Garde-barrière". Le médecin généraliste est un passage obligé dans le dispositif britannique, d'où son nom de gate keeper (littéralement le garde-barrière). Chaque citoyen britannique s'inscrit chez un médecin généraliste de son choix qui le soigne gratuitement et l'oriente le cas échéant vers un spécialiste ou un hôpital. Il est payé par l'Etat en fonction du nombre de ses patients et de son activité : en plus de la capitation de base (forfait par patient), il perçoit une prime pour chaque nouvelle inscription à son cabinet et divers forfaits pour la formation, la petite chirurgie, les visites de nuit, la vaccination mais aussi les campagnes de prévention lancées par l'Etat.

Concurrence. Les médecins regroupés en PCG (Primary Care Groups) peuvent aussi devenir "acheteurs de soins" auprès de leurs "fournisseurs" les hôpitaux. Ils disposent d'une enveloppe publique pour négocier et payer les soins hospitaliers courants de leurs patients, n'hésitant pas à faire jouer la  concurrence.

Le NHS décrié. Le médecin "gate keeper" permet un meilleur contrôle des dépenses de santé. C'est l'une des raisons pour lesquelles le NHS (National Health Service) est l'un des systèmes de santé les moins chers d'Europe avec moins de 7% du PIB (contre 9,5% du PIB en France, 10% en Suisse et 10,7% en Allemagne*). Néanmoins, les soins prodigués en Angleterre font l'objet de nombreuses critiques, en raison notamment du manque de médecins généralistes et de la longueur des listes d'attente puur les interventions chirurgicales non urgentes.

*Source : Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du Ministère de l'emploi et de la solidarité (DREES), 1999.

 
     


Modérer le coût pour les finances publiques.

Bruno Palier, chargé de recherche au CNRS, est spécialiste de la comparaison des systèmes de protection sociale en Europe.

Les recommandations de Lord Beveridge ont-elles été toujours suivies ?

Non, par exemple Lord Beveridge conseillait, au nom de la redistribution, de financer les dépenses sociales par des cotisations proportionnelles aux revenus, et non par l'impôt. De même, il recommandait des prestations minimales pour inciter les gens à travailler. Ce qui n'est pas le cas dans les pays scandinaves où les systèmes sont devenus de plus en plus généreux.

Les pays européens ont, dans leur majorité, adopté des mesures inspirées, de près ou de loin, du modèle Beveridge. Pourquoi ?

C'est d'abord une question de justice sociale. Tout le monde a droit aux soins. Vous êtes malade, vous allez à l'hôpital, vous n'avez rien à payer. Ensuite ça coûte moins cher au gouvernement. Les médecins sont salariés et beaucoup moins incités à dépenser. Alors que dans certains pays s'inspirant du modèle Bismark, les médecins, payés à l'acte, peuvent être tentés de revoir leurs patients plus souvent et de leur prescrire plus de médicaments.

Retour


© Copyright CNP Assurances.
Tous droits réservés. Les reproductions de toute ou partie des informations publiées sur le site Internet CNP sous quelque forme ou support sans l'autorisation expresse de la CNP sont interdites. Seuls sont autorisés l'envoi électronique des articles par les moyens mis à disposition par la CNP ou l'impression à des fins d'archivage ou de consultation en mode déconnecté.