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Royaume-Uni : un traitement de choc pour le NHS (mars 2001)
Le gouvernement de Tony Blair a lancé l'été dernier la réforme du National Health Service, la plus importante depuis sa création en 1948 : un plan étalé sur 10 ans d'un montant de 19 milliards de livres (29 milliards d'euros). Objectif principal : réduire les délais d'attente dans les hôpitaux et accroître la confiance des usagers dans leur système de soins spécialisés.

20% des Britanniques atteints d'un cancer du poumon, ou de tout autre cancer à développement rapide, sont pris en charge beaucoup trop tard pour être bien soignés. C'est la conclusion d'une étude publiée par le Clinical Oncologie Journal. En 1998, Tony Blair avait pourtant annoncé qu'en 2000 les patients souffrant d'un cancer seraient reçus par un spécialiste dans les quinze jours suivant le diagnostic. Deux ans plus tard, les délais ne sont toujours pas respectés. Sont en cause les interminables listes d'attente dans les hôpitaux, sur lesquelles 1,5 millions de personnes sont régulièrement inscrites, selon l'Espace social Européen (n°429).

Le Premier Ministre britannique a donc décidé de s'attaquer au fond du problème : l'insuffisance de moyens et d'effectifs. En juillet dernier, il a lancé une vaste réforme du NHS qui prévoit le recrutement de 2000 médecins généralistes, 7500 spécialistes et 20 000 infirmiers (pour beaucoup, recrutés en dehors du Royaume-Uni) ainsi que la création d'une centaine d'hôpitaux d'ici dix ans.

Le gouvernement a également autorisé le recours au secteur privé pour réduire les listes d'attente. Ainsi les patients qui ne pourront être opérés avant un mois dans les hôpitaux publics seront désormais orientés vers une clinique privée aux frais du NHS. Les performances des hôpitaux seront évaluées selon un système de feux tricolores : vert, pour les délais d'attente les plus courts ; rouge, pour ceux qui n'auront pas atteints les objectifs nationaux. En fonction de leurs résultats, les établissements hospitaliers verront l'État leur accorder une autonomie financière plus ou moins grande. Tony Blair a promis que, d'ici 2005, " 90% des patients n'attendront pas plus de trois mois pour des soins non urgents ".

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