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Le nouveau système de sécurité sociale des salariés chinois (mars 2002)
Pendant près d'un demi-siècle, la protection sociale des salariés chinois (différente de celle des agriculteurs, majoritaires dans le pays) a été prise en charge par les seules entreprises d'état, qui fonctionnaient alors comme des unités administratives. Le passage à l'économie de marché en a imposé la refonte. Mais sa gestion, partagée entre différentes autorités administratives et entre les provinces, les municipalités ou les cantons, rend les performances du système contrastées.

L'assurance vieillesse.
Son financement est désormais tripartite (État, entreprises, salariés). Le montant de la pension est fonction du salaire moyen de sa région et des sommes déposées sur un compte personnel, alimenté tout au long de sa carrière professionnelle. Mis en place en juillet 1997, ce système prévoit que le salarié cotise à hauteur de 4% de son salaire (à terme, cette participation atteindra 8%). Son apport sur le compte personnel est complété par l'entreprise (pour atteindre 11% du salaire). Ledit compte personnel offre le double avantage de suivre le salarié en cas de mobilité professionnelle et de corriger, au moins partiellement, les écarts régionaux.
À titre indicatif, un salarié qui gagne 1000 yuans par mois (138 euros : le salaire régional moyen) touchera une pension de retraite de 530 yuans mensuels (73 euros) après 30 ans de cotisations.

L'assurance chômage.
Apparu dès le début des années 60, le problème du chômage a d'abord été réglé par des mesures comme les quotas d'embauches imposées aux entreprises ou le transfert des citadins vers la campagne.
Quinze ans de réformes ont abouti, en 1999, au texte actuellement en vigueur. Le montant des indemnités est fixé, à l'intérieur d'une fourchette, par les autorités municipales et provinciales. Le droit à l'allocation est limité à 12 mois pour les personnes ayant cotisé entre 1 et 5 ans, à 24 mois pour celles qui ont cotisé plus de 20 ans.

L'assurance maladie.
Elle n'en est qu'à ses balbutiements et ne concernait, en septembre 2000, que 17 millions de personnes. Les cotisations consacrées à l'assurance maladie (6% de la masse salariale pour l'entreprise, 2% du salaire pour l'employé) sont affectées à deux comptes : un compte collectif (dit « compte social »), regroupant une grande partie des cotisations des entreprises, qui couvre les dépenses lourdes et un compte personnel, alimenté par les cotisations du salarié (et par le solde des cotisations de l'entreprise), qui couvre les dépenses moins importantes.
Le taux des remboursements est progressif : plus la dépense est importante, plus le taux est élevé. Le gouvernement entend par ailleurs le plafonner et encourage entreprises et salariés à avoir recours aux assurances complémentaires (assurances d'entreprise ou assurances d'épargne).

Des problèmes de financement.
La nouvelle sécurité sociale chinoise est déjà déficitaire et le décalage entre recettes et dépenses s'aggrave. Sur un total de 31 provinces, 25 n'arrivent pas équilibrer les comptes et les déficits pourraient bientôt s'élever à 100 milliards de yuans (13,8 milliards d'euros). À ces difficultés financières, s'ajoute le problème de la gestion des caisses, souvent éclatée entre plusieurs services administratifs.
C'est donc un effort très important qui reste à accomplir, d'autant que le système d'assurances vieillesse et chômage ne protège pour l'heure qu'environ 100 millions de Chinois, soit la moitié seulement des personnes en activité dans les villes chinoises...

Source : « Chine : Le nouveau système de sécurité sociale », Zhuang HAN (Institut de recherches économiques et sociales, 2001). http://www.ires-fr.org/

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