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Les Finlandais en pionniers. Finlande, Québec et
Royaume-Uni ont une approche comparable de la santé publique. En Finlande, la
réduction des inégalités de santé entre sexes, zones géographiques ou catégories
professionnelles, est un objectif politique majeur depuis 1986. Les écarts
ayant, malgré tout, augmenté (l'espérance de vie d'un cadre supérieur de 35 ans
est aujourd'hui supérieure de cinq ans et demi à celle d'un ouvrier du même
âge), l'Académie de Finlande a récemment financé un important programme de
recherches sur les inégalités. Par la multiplication d'actions préventives
ciblées, il prévoit de réduire de 20%, d'ici 2015, les différences de mortalité
entre catégories professionnelles, niveaux d'éducation, ainsi qu'entre hommes et
femmes. Parmi les axes de travail : un programme spécifique de lutte contre
les maladies professionnelles dans l'industrie agroalimentaire, l'automobile,
l'agriculture, l'industrie du métal et du bois.
Au Québec, « Parler, c'est grandir ». Au
Québec, les actions préventives sont également au cœur du système de santé. La
prévention de la maladie carieuse est à ce titre exemplaire. Le métier
d'hygiéniste dentaire, chargé des soins de prévention – comme le détartrage – et
du dépistage de caries, a ainsi vu le jour pour répondre au fort taux de
personnes édentées, constaté dans la province au cours des années 60. Plus
récemment, des études sur les inégalités de santé menées dans la région de
Montréal en 1998 ont montré que l'espérance de vie dans les quartiers à faible
revenu y est inférieur de cinq ans à celle des zones aisées. La proportion des
jeunes filles qui fument y a, par ailleurs, plus que doublé, passant de 17 à 37%
entre 1991 et 1994. L'institut national de santé publique du Québec a donc lancé
en 2001 le programme « Défavorisation, santé et
bien-être ». Il tente de modifier les comportements et les habitudes de
vie et privilégie les actions en direction des familles et de la petite enfance
(un soutien financier est prévu pour les médecins, infirmières, travailleurs
sociaux qui accomplissent des actions de prévention). La campagne « Parler,
c'est grandir » vise ainsi à développer l'estime de soi chez les jeunes de
11 à 17 ans et à favoriser la communication, notamment avec leurs parents. Un
accent particulier est mis sur la prévention du SIDA, des maladies sexuellement
transmissibles, du tabagisme, de la toxicomanie et de toute forme de
dépendance.
Le réveil britannique. Publié en 1998, le rapport
Acheson soulignait les inégalités sociales et géographiques existant en
Grande-Bretagne. L'espérance de vie d'un garçon y variait ainsi de 10 ans, selon
qu'il naissait dans un milieu favorisé ou non. Dès 1999, le ministère
britannique de la Santé a fixé plusieurs priorités pour remédier à cet état de
fait, au premier rang desquelles réduire, d'ici 2010, le nombre de morts
prématurées de 300.000. Les programmes d'éducation sexuelle ont également été
modifiés. L'ambition est double : prévenir la propagation des maladies
sexuellement transmissibles et faire en sorte que la Grande-Bretagne ne soit
plus le pays d'Europe enregistrant le plus grand nombre de grossesses
d'adolescentes.
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