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En dépit de ce nombre, dont l'importance permet de penser qu'il susciterait
un fort intérêt en matière de protection, les systèmes d'indemnisation étaient
jusqu'à présent mal adaptés à la couverture de tels dommages.
Ainsi, par exemple, aucune des familles des 88 personnes mortes en raison des
tempêtes de fin d'année n'a été indemnisée, sauf à avoir souscrit une assurance
décès ou une individuelle accident, la loi sur les catastrophes naturelles ne
prévoyant que la couverture des dommages aux biens.
La Sécurité sociale et les assurances complémentaires ne prennent en charge
qu'une partie des frais médicaux exposés, ainsi que l'incapacité de travail
pendant la période de soins.
En revanche, les préjudices économiques - perte de salaire, dépenses liées
aux modifications des conditions de vie -, les préjudices esthétiques et moraux,
et les souffrances ne sont que peu ou pas couverts.
Enfin, il s'avère souvent ardu de trouver un responsable car, soit il
n'existe pas (c'est le cas dans 95% des accidents domestiques où la victime
s'est blessée toute seule), soit les procédures de recherche en responsabilité
sont longues et aléatoires (c'est le cas des aléas thérapeutiques et des
accidents médicaux).
Face à ces insuffisances, la Fédération française des sociétés d'assurance
(FFSA), en partenariat avec le Centre de recherche et d'épargne (CREP) et nombre
de compagnies, a élaboré les bases minimales d'un nouveau produit, la garantie
des accidents de la vie (GAV).
La GAV est destinée à couvrir et indemniser toutes les conséquences que
les accidents de la vie peuvent avoir sur la vie quotidienne des victimes et ce,
même en l'absence de responsabilité ou de faute d'un tiers.
Les sociétés d'assurance désireuses de diffuser cette garantie doivent
respecter les dispositions de ce "contrat socle" et sont invitées, non seulement
à les améliorer, mais également à proposer des garanties complémentaires
(assistance, dépendance) et à y associer un certain nombre de services annexes
(aide ménagère, suivi psychologique, conseil pour l'aménagement de l'habitat,
etc ...).
Les lignes directrices de ce nouveau
dispositif
L'objet de cette garantie est simple. Il s'agit de garantir les préjudices
d'accidents de la vie privée, entraînant le décès ou une incapacité permanente
de tout assuré âgé de moins de 65 ans au moment du sinistre. Les types de
préjudices donnant lieu à indemnisation sont multiples : moraux,
économiques, esthétiques, d'agrément, les souffrances pouvant même être prises
en considération
Le taux minima d'incapacité a été volontairement fixé à 30%, ce qui est
élevé, et rend de ce fait la garantie financièrement accessible au plus grand
nombre. Il est toutefois possible qu'un seuil plus faible soit proposé par les
distributeurs du produit, une enquête du CREP ayant révélé que l'attente du
public se situait majoritairement aux environs de 10%.
L'ensemble de la famille est concernée par la GAV puisque, outre le
souscripteur, sont assurés le conjoint non séparé de corps ou de fait, le
concubin (le PACS est également pris en compte) ainsi que les enfants
fiscalement à charge, même s'ils poursuivent des études et n'exercent aucune
profession, ou s'ils sont handicapés.
Sont également bénéficiaires les personnes ayant subi un préjudice moral ou
économique lié au décès de l'assuré.
La notion d'accident de la vie
privée
Elle doit être entendue au sens large, le but étant de couvrir la vie de
l'assuré en dehors de ses activités professionnelles et de ses trajets
automobiles.
Elle englobe :
- tout accident médical
(chirurgie, diagnostic, traitement,...) ayant eu pour la santé de l'assuré des
conséquences dommageables, anormales (mais non exceptionnelles) et
indépendantes d'un état antérieur.
- les accidents liés à des
agressions ou des attentats ayant le caractère d'infraction.
- tous les accidents de la vie
privée provoqués par des évènements soudains, imprévisibles et dus à
des causes extérieures.
Les exclusions
Les conséquences de maladies, d'accidents de la route, d'accidents subis en
milieu professionnel, de dommages intentionnels causés par l'assuré à lui-même,
sont exclues du champ d'application de la GAV.
Si l'on retrouve également les exclusions classiques inhérentes aux faits de
guerre et à la radioactivité, peuvent, en revanche, être garantis les dommages
occasionnés par la pratique de sports à risque, ainsi que nombre d'accidents
traditionnellement mis au ban, tels qu'accidents cardio-vasculaires, cérébraux,
musculaires, ... , chaque assureur étant libre de définir sa surface
d'intervention comme il l'entend, quitte à prévoir une prime
additionnelle.
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