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Sécurité sociale : la loi de financement 2001 (février 2001)
Les principales mesures.

Le 5 décembre dernier, le parlement a définitivement adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2001.
Cette loi s'inscrit dans le contexte de bons résultats de l'ensemble des régimes sociaux depuis 3 ans, et table sur un léger excédent en 2001. Les mesures principales inscrites dans la loi ou décidées à l'occasion de la mise en place de cette loi sont les suivantes :

  • Les retraites. Les retraites de base seront revalorisées de 2,2% à partir du 1er janvier 2001 et de 2,7% pour les 5 millions de retraités non imposables.
  • Les victimes de l'amiante. Un fonds d'indemnisation doté de 2 milliards de francs leur est consacré.
  • La famille. Une allocation de présence parentale auprès d'un enfant atteint d'une maladie grave ou victime d'un accident grave est créée. L'aide à la garde d'enfant par une assistante maternelle passe de 826 francs à 1020 F ou 1290 F selon les revenus. Par ailleurs, les parents ayant choisi l'APE (l'allocation parentale d'éducation) seront incités à reprendre le travail plus tôt. À l'avenir, ils pourront en effet bénéficier du maintien du versement de l'APE pendant les deux premiers mois de leur retour en activité (en cas de reprise anticipée du travail entre le 18ème et le 30ème mois de l'enfant).
  • Les travailleurs indépendants. La couverture maladie des indépendants est alignée sur celle, plus avantageuse, du régime général des salariés. Les cotisations des travailleurs indépendants augmenteront bien sûr en conséquence.
  • CMU. Le plafond de ressources ouvrant droit à la CMU complémentaire, la couverture maladie universelle, passe de 3500 à 3600 F, pour une personne seule, touchant ainsi 300 000 bénéficiaires supplémentaires.
  • Lunetterie. Le taux préférentiel de remboursement par la Sécurité sociale des frais de lunetterie pour les enfants s'applique désormais jusqu'à l'âge de 18 ans (16 ans précédemment).

La mesure phare du projet de loi, à savoir l'allégement pour les bas salaires du montant de la CSG (contribution sociale généralisée) et de la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), a été votée par l'Assemblée puis annulée par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a estimé qu'il s'agissait d'une rupture de l'égalité des citoyens devant l'impôt, dans la mesure où l'allégement prévu ne profitait qu'aux revenus d'activité et non à l'ensemble des revenus de chaque foyer.
Pour re-introduire cet allégement, le gouvernement a proposé une " prime pour l'emploi ". Elle vient d'être votée le 6 février en première lecture par l'Assemblée. Cette prime est basée sur les seuls revenus du travail, elle concerne les foyers dont les revenus des activités professionnelles sont compris entre 20 575 F et 96 016 F pour une personne seule.

 

Le saviez vous ?

Budget. Le budget de la Sécurité sociale est plus important que le budget de l'État : 1932,9 milliards de francs contre 1696,1 milliards de francs.

Recettes. Le budget de la Sécurité sociale est alimenté par de multiples recettes : les cotisations salariales et patronales, la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), mais aussi les droits sur le tabac et les alcools, une contribution sociale sur les bénéfices des sociétés, la taxe sur les activités polluantes. Dernière nouveauté, l'essentiel des recettes sur les licences de téléphonie mobile de 3ème génération (UMTS) viendra alimenter un fonds de réserve destiné à consolider les régimes de retraite.

Assurance maladie. L'objectif national de dépenses d'assurance maladie est fixé à 693,3 milliards de F, en progression de 3,5% par rapport aux dépenses estimées de 2000. Le déficit de la branche maladie devra lui être ramené à 0,8 milliards de francs (contre 6,1 en 2000).

 
     



 

Le parlement et la Sécurité sociale

Pascal Beau, président de l'observatoire européen de la protection sociale, a dirigé l'ouvrage "50 ans de Sécurité sociale - L'œuvre collective" - à l'Espace social européen.

Avant la réforme Juppé, qui demande au parlement de voter le budget de la Sécurité sociale, comment décidait-on de son financement ?

On ne décidait pas. On constatait. Chaque année, le gouvernement constatait un équilibre ou un déséquilibre des comptes - c'était d'ailleurs un déséquilibre le plus souvent - et il augmentait les recettes ou les cotisations en conséquence.

Aujourd'hui quel est le rôle du parlement ?

Il délibère et il vote le projet de loi de financement de la Sécurité sociale ... ou ne le vote pas! Cela lui arrivera peut-être un jour! Il peut aussi l'amender, c'est à dire le modifier, à condition d'appliquer l'article 40 des règlements du Sénat et de l'Assemblée Nationale, à savoir qu'un parlementaire ne peut proposer une dépense supplémentaire sans trouver un moyen de la financer par une recette ou une économie sur un autre poste. Au final sur les 150 amendements, une dizaine seulement sont pris en compte.

Certains parlementaires estiment que le débat est trop technique, pas assez politique, et expriment même une certaine frustration lors de l'examen du projet de loi. Pourquoi ?

Il est difficile d'examiner en quelques heures des sujets compliqués comme la famille, la retraite, la maladie, et les 2000 milliards de recettes de la Sécurité sociale. Le temps consacré à ce débat est peu important. Mais Elisabeth Guigou (NDR : ministre de la Solidarité) a annoncé pour l'année prochaine un débat préalable sur la politique sociale qui serait organisé au mois de juin.
A suivre donc...

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