|
Même à des fins thérapeutiques, le clonage d'embryons humains ne sera donc pas autorisé en
France. En décidant de maintenir cette interdiction, le gouvernement a choisi de
suivre l'avis du Conseil d'État. Le projet de loi autorise, en revanche, la
recherche thérapeutique sur les embryons humains qui était interdite par les
lois de 1994. Toutefois, cette recherche devra être soumise à des conditions
extrêmement strictes : les recherches devront être menées sur des embryons
congelés surnuméraires (obtenus au cours d'une fécondation in vitro) sans projet
parental; elles devront avoir une finalité médicale; les deux membres du couple
devront y avoir expressément consenti. Sur ce chapitre, le texte prévoit
également, d'une part, d'interdire toutes formes de discrimination en raison de
caractéristiques génétiques et, d'autre part, de créer une « Agence de la
procréation, de l'embryologie et de la génétique humaine », chargée
d'encadrer le travail des scientifiques. L'APEGH, dotée d'un Haut conseil
multidisciplinaire, aura pour mission de suivre les découvertes touchant à la
reproduction, la biologie et la génétique et pourra émettre des avis qui seront
rendus publics.
Par ailleurs, le projet de loi facilite les dons d'organe par des
personnes vivantes. Alors que les lois de 1994 autorisaient uniquement la
famille proche (père, mère, frères et sœurs) ainsi que le conjoint (mais dans
les cas d'urgence) à faire ces dons, cette autorisation de prélèvement est
élargie à « toute personne majeure et capable, ayant avec le receveur
des relations ‘étroites et stables' ». La condition d'urgence pour le
conjoint sera supprimée.
Le Premier ministre, Lionel Jospin, a souhaité que ce projet de loi sur la
bioéthique fasse l'objet de larges discussions au Parlement, « compte
tenu des questions fortes qui restent en suspens ». Le texte sera
présenté en première lecture à l'Assemblée nationale, début 2002.

Les
cellules souches : de nouveaux espoirs
thérapeuthiques ?
L'enjeu de la recherche sur les cellules embryonnaires est de
créer des réserves de "cellules souches" à partir d'une cellule du
patient . Cette cellule est transférée dans un ovule (vidé de son
patrimoine génétique) où elle se multipliera indéfiniment pour
constituer une réserve de "cellules souches". En cas de maladie, ces
cellules pourraient être ré-injectées au patient afin de '' réparer
'' un organe malade. En effet, capables de se reproduire
indéfiniment et véritables "cellules à tout faire", les cellules
souches embryonnaires, sont censées pouvoir '' fabriquer '' tous les
tissus de l'organisme et ainsi de pouvoir '' réparer '' des organes
malades, tels que le cœur, le foie et les
poumons...
| |
|