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La part des génériques ne représente en France que 3 à 4% du marché global
des médicaments remboursables. Même si les données diffèrent quelque peu selon
la période de référence choisie et la classification utilisée, tous les
observateurs s'accordent sur le fait que les chiffres restent bien éloignés de
l'objectif de 35% fixé par les pouvoirs publics. Loin aussi des statistiques
enregistrées chez nos voisins : près de 40% en Allemagne et au Danemark, aux
alentours de 20% aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.
Droit de substitution. L'Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé (AFSSAPS) informe les professionnels de santé en publiant
régulièrement un répertoire des groupes
génériques. Ce répertoire regroupe l'ensemble des médicaments entièrement
substituables les uns aux autres (médicaments d'origine + médicaments « copiés
»). De leur côté, les médecins référents se sont engagés à ce que 5% de la
valeur de leurs prescriptions soient des génériques. Les pharmaciens, enfin,
disposent d'un droit de substitution. Il leur permet de choisir un médicament au
sein du répertoire des groupes génériques, en remplacement de celui qui avait
été initialement prescrit.
Disparités. Les résultats modestes constatés dans l'Hexagone cachent
de surcroît d'importantes disparités. Si l'on ne prend en compte que les
médicaments inscrits au répertoire des groupes génériques, le taux de
génériques vendus varie en effet de 4 à 87% selon les officines. Les
différences sont également géographiques : la Corse ferme la marche avec 14,6%,
loin derrière la Meuse et la Marne où plus de 40% des médicaments du répertoire
qui ont été vendus sont des génériques. Dans ces deux départements, des actions
d'information ont été menées auprès des professionnels de santé. La Marne est en
particulier le premier département à avoir testé la prescription en DCI
(Dénomination commune internationale) : sur les ordonnances des médecins figure
le nom chimique de la molécule composant le médicament et non la marque donnée
par le fabricant.
Économies. Souhaitée par le gouvernement, la généralisation de cette
pratique permettrait un rééquilibrage des ventes au profit des génériques.
L'enjeu est de taille : près de 400 millions d'euros (2,5 milliards de francs)
d'économie par an, selon les estimations les plus réalistes de la CNAM.

Tout savoir sur les médicaments
génériques
Quand un laboratoire découvre une molécule susceptible d'avoir
une action thérapeutique, il dépose un brevet préservant sa
découverte de toute concurrence pendant vingt ans. A l'issue de ce
délai de protection, le brevet tombe dans le domaine public. Compte
tenu du temps nécessaire à l'élaboration du médicament et à son
autorisation de mise sur le marché, le découvreur ne bénéficie
généralement de son monopole d'exploitation que durant une dizaine
d'années.
Copies certifiées conformes. Ce laps de temps écoulé, le
médicament d'origine peut être copié. Le générique en est donc la
réplique exacte en termes de dosage, de principe actif et
d'efficacité. Seuls diffèrent éventuellement son conditionnement,
son enrobage (sa couleur et/ou sa forme) et ses excipients
(substance pharmacologiquement inactive entrant dans la composition
du médicament).
Pour être reconnu officiellement comme générique, un médicament
doit répondre à des tests de bioéquivalence confirmant la similitude
de ses effets thérapeutiques (comparé au médicament d'origine).
Passé ce cap, il est inscrit au répertoire des groupes
génériques de l'Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé (AFSSAPS), qui regroupe tous les génériques mais
aussi leur « version originale » : les médicaments de référence.
En résumé, un générique peut être considéré comme la copie
certifiée conforme d'un médicament de référence ne bénéficiant plus
d'un monopole
d'exploitation. | |
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