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Médicaments génériques : la France en retard (décembre 2001)
Deux études récentes de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) révèlent que la France figure toujours parmi les mauvais élèves en matière de prescription de médicaments génériques.

La part des génériques ne représente en France que 3 à 4% du marché global des médicaments remboursables. Même si les données diffèrent quelque peu selon la période de référence choisie et la classification utilisée, tous les observateurs s'accordent sur le fait que les chiffres restent bien éloignés de l'objectif de 35% fixé par les pouvoirs publics. Loin aussi des statistiques enregistrées chez nos voisins : près de 40% en Allemagne et au Danemark, aux alentours de 20% aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

Droit de substitution. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) informe les professionnels de santé en publiant régulièrement un répertoire des groupes génériques. Ce répertoire regroupe l'ensemble des médicaments entièrement substituables les uns aux autres (médicaments d'origine + médicaments « copiés »). De leur côté, les médecins référents se sont engagés à ce que 5% de la valeur de leurs prescriptions soient des génériques. Les pharmaciens, enfin, disposent d'un droit de substitution. Il leur permet de choisir un médicament au sein du répertoire des groupes génériques, en remplacement de celui qui avait été initialement prescrit.

Disparités. Les résultats modestes constatés dans l'Hexagone cachent de surcroît d'importantes disparités. Si l'on ne prend en compte que les médicaments inscrits au répertoire des groupes génériques, le taux de génériques vendus varie en effet de 4 à 87% selon les officines. Les différences sont également géographiques : la Corse ferme la marche avec 14,6%, loin derrière la Meuse et la Marne où plus de 40% des médicaments du répertoire qui ont été vendus sont des génériques. Dans ces deux départements, des actions d'information ont été menées auprès des professionnels de santé. La Marne est en particulier le premier département à avoir testé la prescription en DCI (Dénomination commune internationale) : sur les ordonnances des médecins figure le nom chimique de la molécule composant le médicament et non la marque donnée par le fabricant.

Économies. Souhaitée par le gouvernement, la généralisation de cette pratique permettrait un rééquilibrage des ventes au profit des génériques. L'enjeu est de taille : près de 400 millions d'euros (2,5 milliards de francs) d'économie par an, selon les estimations les plus réalistes de la CNAM.

 
Tout savoir sur les médicaments génériques

Quand un laboratoire découvre une molécule susceptible d'avoir une action thérapeutique, il dépose un brevet préservant sa découverte de toute concurrence pendant vingt ans. A l'issue de ce délai de protection, le brevet tombe dans le domaine public. Compte tenu du temps nécessaire à l'élaboration du médicament et à son autorisation de mise sur le marché, le découvreur ne bénéficie généralement de son monopole d'exploitation que durant une dizaine d'années.

Copies certifiées conformes. Ce laps de temps écoulé, le médicament d'origine peut être copié. Le générique en est donc la réplique exacte en termes de dosage, de principe actif et d'efficacité. Seuls diffèrent éventuellement son conditionnement, son enrobage (sa couleur et/ou sa forme) et ses excipients (substance pharmacologiquement inactive entrant dans la composition du médicament).

Pour être reconnu officiellement comme générique, un médicament doit répondre à des tests de bioéquivalence confirmant la similitude de ses effets thérapeutiques (comparé au médicament d'origine). Passé ce cap, il est inscrit au répertoire des groupes génériques de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), qui regroupe tous les génériques mais aussi leur « version originale » : les médicaments de référence.

En résumé, un générique peut être considéré comme la copie certifiée conforme d'un médicament de référence ne bénéficiant plus d'un monopole d'exploitation.


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