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Un projet de loi sur le droit des malades (décembre 2001)
Le ministre de la santé Bernard Kouchner vient de présenter un projet de loi sur le droit des malades et la qualité du système de santé. Il entend instaurer une véritable démocratie sanitaire dans un univers médical et hospitalier en pleine mutation.

Les états généraux de la santé, en 1999, l'avaient mis en évidence : les textes réglementaires concernant les malades – comme les lois sur la bioéthique ou la charte du patient hospitalisé – ne répondent que partiellement à leurs attentes. D'autant que l'application de ces textes s'avère parfois complexe, les droits des malades étant énoncés de différentes manières dans différents recueils de loi (code civil, code de la santé publique, codes déontologiques des professionnels de santé...).

En premier lieu, le projet de loi du ministre de la santé étend donc au malade des droits reconnus à toute personne : respect de la dignité, non-discrimination, mais aussi droit à l'information. À ce titre, il bénéficiera d'un accès direct à son dossier médical. À l'inverse, la volonté d'un patient ne désirant pas être informé devra être respectée. Un rôle nouveau est en fait confié au malade, qui prendra les décisions le concernant sur propositions des professionnels de santé. C'est lui qui décidera par exemple, s'il est en mesure de le faire, d'une éventuelle intervention chirurgicale, après avoir été informé des bénéfices visés et des risques encourus.

Dans le même esprit de transparence, une place nouvelle est accordée aux associations de malades et d'usagers, désormais considérées comme des acteurs à part entière du système de santé.

Le texte prévoit de mieux encadrer l'activité de chirurgie esthétique. Les établissements qui la pratiquent seront soumis au respect de certaines normes sanitaires. Le patient devra être préalablement informé des coûts et des risques liés à une intervention. Un devis sera systématiquement remis au patient avant toute intervention.

Par ailleurs, pour garantir les compétences, le dispositif développe la formation continue, dont l'obligation est étendue à tous les médecins, ainsi qu'à tous les personnels médicaux et pharmaceutiques participant au service public de santé.

Enfin, les principes de la responsabilité médicale sont clarifiés. Le texte crée la notion d'aléa thérapeutique. Il permet ainsi la réparation des accidents médicaux en l'absence de faute. Les cas seront étudiés par des Commissions régionales de conciliation, présidées par des magistrats, et regroupant des usagers, des professionnels de santé, des représentants de l'Office national d'indemnisation et des entreprises d'assurance. L'indemnité sera versée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, financé par l'assurance maladie.

La région au coeur du dispositif

Le gouvernement préparera annuellement un rapport avec l'aide du Haut comité de la santé publique. Après avis de la Conférence nationale de santé*, dont les missions sont renforcées, ce rapport donnera lieu à un débat parlementaire, préalable au vote de la loi de financement de la Sécurité sociale.

Localement, une structure unique, le Conseil régional de santé, devra harmoniser les actions, les programmes et les politiques de santé, à l'échelle de la région. Il regroupera des représentants des professionnels, des usagers, des institutions sanitaires, de l'assurance maladie, des collectivités territoriales et des personnalités qualifiées. Grâce aux bilans et  propositions qu'elles transmettront, ces nouvelles structures devraient permettre aux régions de contribuer pleinement à la définition de la politique nationale de santé.


* La Conférence nationale de santé regroupe le gouvernement, l'ensemble des professionnels de santé et les partenaires sociaux.
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