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Le montant des dépenses de santé en France, en 2000, s'élève à plus de
140 milliards d'euros (922 milliards de francs) pour ses dépenses de
santé, liées en grande partie à la consommation de soins et de biens
médicaux (médicaments, soins hospitaliers et ambulatoires). Selon le rapport
de la DREES, la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des
statistiques du Ministère de l'emploi et de la solidarité, 120 milliards
d'euros (791 milliards de francs) ont été directement consacrés à ces soins
et ces biens médicaux. Ce chiffre, en hausse de 5,6% en valeur par rapport à
1999, Cela équivaut à une dépense de 1991 euros
(13 061 francs) par habitant.
Médicaments. Le principal facteur de hausse reste les médicaments, en
augmentation de 9,2% en valeur par rapport à 1999, pour atteindre
25 milliards d'euros (164 milliards de francs). Même si le prix des
médicaments est en légère diminution (-0,4%), cette forte augmentation de la
consommation s'est accompagnée d'une hausse sensible du chiffre d'affaires de
l'industrie pharmaceutique.
Soins hospitaliers. Avec 55 milliards d'euros (362 milliards
de francs), la consommation de soins hospitaliers demeure le premier poste de
dépenses. Il augmente en valeur de 3,6 %, pour partie en raison du développement
des sections médicalisées des établissements pour personnes âgées. À noter que
la part des établissements publics dans ces dépenses ne cesse d'augmenter,
passant de 75,4% à 80% en dix ans.
Soins ambulatoires. La consommation de soins ambulatoires (médecins,
dentistes, auxiliaires médicaux, laboratoires d'analyses ou cures thermales) a
atteint près de 32 milliards d'euros (209 milliards de francs), en
hausse de 4,4% en valeur par rapport à l'année précédente. Ce chiffre cache
certaines disparités : +7,5% pour les soins d'auxiliaires médicaux,
+1,8 % pour les dentistes.
Si ces trois postes représentent 93% de la consommation de soins et de biens
médicaux, d'autres évolutions ne demeurent pas moins significatives, en dépit
d'un impact moindre. C'est ainsi, par exemple, que le poste
« optique » enregistre une progression de 13,7%.
Dépenses de santé : la France au
4ème rang mondial
L'Organisation de coopération et de développement économique
(l'OCDE) effectue régulièrement une estimation des dépenses de santé
de chacun de ses pays membres. Selon cette estimation, la France se
classait en 1998 (dernières données disponibles) au 4ème
rang des pays de l'OCDE, avec une dépense nationale de santé
égale à 9,5% du PIB. Elle était devancée par les Etats-Unis (12,9%),
la Suisse (10,4%) et l'Allemagne (10,3%).
Cette part augmente à un rythme relativement lent en France
(0,8 point de PIB au total entre 1990 et 1998). Dans ce
domaine, la France occupe une position moyenne, au 15ème
rang des pays de l'Organisation. Elle se situe au même niveau que le
Royaume-Uni, mais loin derrière la Suisse ou les États-Unis, où la
part des dépenses de santé dans le PIB croît beaucoup plus
rapidement.

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Les multiples causes de l'augmentation des dépenses de
santé
Professeur à l'université de Paris XII, membre du conseil d'analyse
économique mis en place par le Premier ministre, Béatrice Majnoni d'Intignano
vient de publier « Santé et économie en Europe » (collection Que sais-je,
PUF).
Les médicaments ont une nouvelle fois
constitué le principal facteur de hausse des dépenses de santé l'an dernier.
Comment l'expliquez-vous ?
Les raisons sont multiples. Il y a d'abord l'évolution des techniques. On va
moins à l'hôpital, car de plus en plus de maladies graves sont désormais
soignées par des médicaments de plus en plus coûteux. Le vieillissement de la
population joue aussi un rôle dans l'accroissement de la consommation des
médicaments. On assiste également à un certain gaspillage. Beaucoup de
médicaments dont on pourrait se passer sont néanmoins prescrits. Il faut
enfin mentionner l'échec des médicaments génériques que les Français ne
parviennent pas à intégrer dans leurs habitudes en matière de santé.
On note tout de même un point
positif : l'augmentation des dépenses est plus lente en France que dans bon
nombre de pays.
C'est vrai, mais cela ne suffit pas à nous classer parmi les bons élèves. Car
si cette hausse est plus faible qu'ailleurs, c'est surtout parce que depuis
longtemps, les dépenses sont plus élevées chez nous. Et les données
démographiques vont encore compliquer la donne à partir de 2005. La formule
est classique : la santé a un coût, mais elle n'a pas de prix. Si les Français
sont prêts à payer, pourquoi pas ? Mais je pense que la Sécurité sociale ne
pourra pas le faire éternellement.
Finalement, à quoi servent toutes
ces données patiemment recueillies par la DREES, puisqu'il semble très difficile
de maîtriser les dépenses de santé ?
Les sommes en jeu sont colossales : plusieurs centaines de milliards de
francs, près de 10 % du Produit intérieur brut. Il est impensable de les
laisser dériver. À défaut de les maîtriser totalement, on peut tout de même les
surveiller. Nous disposons au-moins d'un tableau de bord
précis.
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