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Les comptes de la santé en 2000 (décembre 2001)
Publiés en septembre dernier, les comptes de la santé font apparaître une nette hausse de la consommation de soins et de biens médicaux en 2000. Comme l'année précédente, les médicaments restent le principal facteur de cette croissance.

Le montant des dépenses de santé en France, en 2000, s'élève à plus de 140 milliards d'euros (922 milliards de francs) pour ses dépenses de santé, liées en grande partie à la consommation de soins et de biens médicaux (médicaments, soins hospitaliers et ambulatoires). Selon le rapport de la DREES, la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du Ministère de l'emploi et de la solidarité, 120 milliards d'euros (791 milliards de francs) ont été directement consacrés à ces soins et ces biens médicaux. Ce chiffre, en hausse de 5,6% en valeur par rapport à 1999, Cela équivaut à une dépense de 1991 euros (13 061 francs) par habitant.

Médicaments. Le principal facteur de hausse reste les médicaments, en augmentation de 9,2% en valeur par rapport à 1999, pour atteindre 25 milliards d'euros (164 milliards de francs). Même si le prix des médicaments est en légère diminution (-0,4%), cette forte augmentation de la consommation s'est accompagnée d'une hausse sensible du chiffre d'affaires de l'industrie pharmaceutique.

Soins hospitaliers. Avec 55 milliards d'euros (362 milliards de francs), la consommation de soins hospitaliers demeure le premier poste de dépenses. Il augmente en valeur de 3,6 %, pour partie en raison du développement des sections médicalisées des établissements pour personnes âgées. À noter que la part des établissements publics dans ces dépenses ne cesse d'augmenter, passant de 75,4% à 80% en dix ans.

Soins ambulatoires. La consommation de soins ambulatoires (médecins, dentistes, auxiliaires médicaux, laboratoires d'analyses ou cures thermales) a atteint près de 32 milliards d'euros (209 milliards de francs), en hausse de 4,4% en valeur par rapport à l'année précédente. Ce chiffre cache certaines disparités : +7,5% pour les soins d'auxiliaires médicaux, +1,8 % pour les dentistes.

Si ces trois postes représentent 93% de la consommation de soins et de biens médicaux, d'autres évolutions ne demeurent pas moins significatives, en dépit d'un impact moindre. C'est ainsi, par exemple, que le poste « optique » enregistre une progression de 13,7%.

 
Dépenses de santé : la France au 4ème rang mondial

L'Organisation de coopération et de développement économique (l'OCDE) effectue régulièrement une estimation des dépenses de santé de chacun de ses pays membres. Selon cette estimation, la France se classait en 1998 (dernières données disponibles) au 4ème rang des pays de l'OCDE, avec une dépense nationale de santé égale à 9,5% du PIB. Elle était devancée par les Etats-Unis (12,9%), la Suisse (10,4%) et l'Allemagne (10,3%).

Cette part augmente à un rythme relativement lent en France (0,8 point de PIB au total entre 1990 et 1998). Dans ce domaine, la France occupe une position moyenne, au 15ème rang des pays de l'Organisation. Elle se situe au même niveau que le Royaume-Uni, mais loin derrière la Suisse ou les États-Unis, où la part des dépenses de santé dans le PIB croît beaucoup plus rapidement.




Les multiples causes de l'augmentation des dépenses de santé

Professeur à l'université de Paris XII, membre du conseil d'analyse économique mis en place par le Premier ministre, Béatrice Majnoni d'Intignano vient de publier « Santé et économie en Europe » (collection Que sais-je, PUF).

Les médicaments ont une nouvelle fois constitué le principal facteur de hausse des dépenses de santé l'an dernier. Comment l'expliquez-vous ?

Les raisons sont multiples. Il y a d'abord l'évolution des techniques. On va moins à l'hôpital, car de plus en plus de maladies graves sont désormais soignées par des médicaments de plus en plus coûteux.
Le vieillissement de la population joue aussi un rôle dans l'accroissement de la consommation des médicaments.
On assiste également à un certain gaspillage. Beaucoup de médicaments dont on pourrait se passer sont néanmoins prescrits.
Il faut enfin mentionner l'échec des médicaments génériques que les Français ne parviennent pas à intégrer dans leurs habitudes en matière de santé.


On note tout de même un point positif : l'augmentation des dépenses est plus lente en France que dans bon nombre de pays.

C'est vrai, mais cela ne suffit pas à nous classer parmi les bons élèves. Car si cette hausse est plus faible qu'ailleurs, c'est surtout parce que depuis longtemps, les dépenses sont plus élevées chez nous. Et les données démographiques vont encore compliquer la donne à partir de 2005.
La formule est classique : la santé a un coût, mais elle n'a pas de prix. Si les Français sont prêts à payer, pourquoi pas ? Mais je pense que la Sécurité sociale ne pourra pas le faire éternellement.


Finalement, à quoi servent toutes ces données patiemment recueillies par la DREES, puisqu'il semble très difficile de maîtriser les dépenses de santé ?

Les sommes en jeu sont colossales : plusieurs centaines de milliards de francs, près de 10 % du Produit intérieur brut. Il est impensable de les laisser dériver. À défaut de les maîtriser totalement, on peut tout de même les surveiller. Nous disposons au-moins d'un tableau de bord précis.

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