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La catastrophe de Toulouse : le rôle des assureurs (décembre 2001)
Vendredi 21 septembre en début de matinée. L'explosion de l'usine AZF fait 29 morts et des dégâts colossaux. Comme lors des tempêtes de décembre 1999, les sociétés d'assurances se mobilisent. Dès le lendemain, les premiers représenants des compagnies arrivent sur place, aux côtés de nombreux experts, pour une première évaluation des sinistres

L'urgence. Le lundi 24 septembre, l'Institution de prévoyance du groupe Apri, qui assure en prévoyance les salariés de l'usine AZF, met en place une cellule de soutien psychologique aux familles des victimes. Le processus de règlement des différents contrats de prévoyance est enclenché dès la semaine suivante.
Dans le même temps, des membres des chambres départementale et régionale des agents d'assurance tiennent des permanences dans les centres d'hébergement provisoires mis en place par la mairie à l'intention des Toulousains touchés par la catastrophe. Car il faut avant tout les conseiller sur les démarches les plus urgentes à effectuer. Conserver les objets endommagés, prendre des photos, demander les devis des réparations nécessaires, ces conseils sont maintes fois répétés à travers les journaux de la presse écrite régionale, les radios et télévisions locales. Un numéro vert (0 800 42 38 62) est également mis en service par la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA).

Informer les assurés. Dans les jours suivants la catastrophe, le Centre de documentation et d'information de l'assurance (CDIA) rappelle dans un communiqué que « le régime des accidents du travail prendra en charge l'indemnisation des dommages corporels des salariés victimes de cette catastrophe dans l'exercice de leur activité professionnelle ». Le CDIA précise que « les assurances personnelles (garantie des accidents de la vie, garantie du conducteur, individuelle accidents, assurance décès, assurance scolaire) permettront également l'indemnisation des victimes dans les conditions prévues par les contrats ».

Faciliter l'indemnisation des victimes.  Face à l'ampleur de la tragédie, et avant même d'en connaître les causes exactes, la FFSA décide rapidement de prendre des mesures exceptionnelles. Les dossiers liés à la catastrophe sont traités en priorité. Les formalités sont simplifiées pour accélérer le versement des indemnités :

  • Pas d'expertise pour les dommages d'un montant inférieur à 1524,49 euros (10.000 F)
  • Pas d'expertise contradictoire pour les dommages d'un montant inférieur à 15244,90 euros (100.000 F)
  • Indemnisation des dommages aux habitations des particuliers sans application de franchise.
  • Indemnisation directe (avant recours) des dommages aux véhicules sans application des franchises.
  • Avance de l'indemnisation des dommages corporels par l'assureur habitation ou automobile.

Mi-octobre, enfin, une cellule de liaison est créée autour d'un « Monsieur bons offices ». Elle doit favoriser le dialogue entre assureurs, victimes de l'explosion et autorités locales.

Prévention et protection. Reste que cette explosion a mis en évidence les conséquences de l'urbanisation et la prévention de plus en plus en complexe de ce type de drame. Une réflexion s'engage désormais sur l'ensemble de la protection des risques industriels.

La catastrophe en chiffres

29 morts, plus de 2000 blessés, dont près de 800 ont dû être hospitalisés, le lourd bilan humain était connu dès le lendemain de l'explosion. Chiffrer les dégâts fut en revanche plus difficile. Dans les 48 heures suivant le drame, les assureurs reçurent en effet quelque 40.000 déclarations de sinistres.
Initialement évaluée autour de 800 millions d'euros (entre 5 et 6 milliards de francs), la facture n'a cessé d'augmenter. Elle est aujourd'hui estimée par la FFSA entre 1,5 et 2,3 milliards d'euros (entre 10 et 15 milliards de francs), pour un nombre de sinistres compris entre 60.000 et 100.000. Le tissu industriel local a, en particulier, payé un lourd tribut à la catastrophe. Selon la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse, 392 entreprises ont été atteintes et 50 purement et simplement anéanties.


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