|
L'urgence. Le lundi 24 septembre, l'Institution de prévoyance du
groupe Apri, qui assure en prévoyance les salariés de l'usine AZF, met en place
une cellule de soutien psychologique aux familles des victimes. Le processus de
règlement des différents contrats de prévoyance est enclenché dès la semaine
suivante. Dans le même temps, des membres des chambres départementale et
régionale des agents d'assurance tiennent des permanences dans les centres
d'hébergement provisoires mis en place par la mairie à l'intention des
Toulousains touchés par la catastrophe. Car il faut avant tout les conseiller
sur les démarches les plus urgentes à effectuer. Conserver les objets
endommagés, prendre des photos, demander les devis des réparations nécessaires,
ces conseils sont maintes fois répétés à travers les journaux de la presse
écrite régionale, les radios et télévisions locales. Un numéro vert (0 800 42 38
62) est également mis en service par la Fédération française des sociétés
d'assurance (FFSA).
Informer les assurés. Dans les jours suivants la
catastrophe, le Centre de documentation et d'information de l'assurance (CDIA)
rappelle dans un communiqué que « le régime des accidents du travail prendra
en charge l'indemnisation des dommages corporels des salariés victimes de cette
catastrophe dans l'exercice de leur activité professionnelle ». Le CDIA
précise que « les assurances personnelles (garantie des accidents de la vie,
garantie du conducteur, individuelle accidents, assurance décès, assurance
scolaire) permettront également l'indemnisation des victimes dans les conditions
prévues par les contrats ».
Faciliter l'indemnisation des
victimes. Face
à l'ampleur de la tragédie, et avant même d'en connaître les causes exactes,
la FFSA décide
rapidement de prendre des mesures exceptionnelles. Les dossiers liés à la
catastrophe sont traités en priorité. Les formalités sont simplifiées pour
accélérer le versement des indemnités :
-
Pas d'expertise pour les dommages
d'un montant inférieur à 1524,49 euros (10.000 F)
-
Pas d'expertise contradictoire pour
les dommages d'un montant inférieur à 15244,90 euros
(100.000 F)
-
Indemnisation des dommages aux
habitations des particuliers sans application de franchise.
-
Indemnisation directe (avant
recours) des dommages aux véhicules sans application des
franchises.
-
Avance de l'indemnisation des
dommages corporels par l'assureur habitation ou
automobile.
Mi-octobre, enfin, une cellule de
liaison est créée autour d'un « Monsieur bons offices ». Elle doit
favoriser le dialogue entre assureurs, victimes de l'explosion et autorités
locales.
Prévention et
protection. Reste
que cette explosion a mis en évidence les conséquences de l'urbanisation et la
prévention de plus en plus en complexe de ce type de drame. Une réflexion
s'engage désormais sur l'ensemble de la protection des risques
industriels.
|
La
catastrophe en chiffres
29
morts, plus de 2000 blessés, dont près de 800 ont dû être
hospitalisés, le lourd bilan humain était connu dès le lendemain de
l'explosion. Chiffrer les dégâts fut en revanche plus difficile.
Dans les 48 heures suivant le drame, les assureurs reçurent en effet
quelque 40.000 déclarations de sinistres. Initialement évaluée
autour de 800 millions d'euros (entre 5 et 6 milliards de francs),
la facture n'a cessé d'augmenter. Elle est aujourd'hui estimée par
la
FFSA entre 1,5 et 2,3 milliards d'euros (entre 10
et 15 milliards de francs), pour un nombre de sinistres compris
entre 60.000 et 100.000. Le tissu industriel local a, en
particulier, payé un lourd tribut à la catastrophe. Selon
la
Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse, 392
entreprises ont été atteintes et 50 purement et simplement
anéanties. | |
|