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Renforcer les politiques de santé
publique, moderniser le système dans son ensemble et rénover le cadre d'exercice
des professionnels de santé : tels étaient les objectifs affichés par le
ministère de l'Emploi et de la solidarité et celui de la Santé, le 4
octobre dernier, lors de la présentation de 13 propositions pour réformer les
soins de ville et assurer l'avenir de l'Assurance
maladie.
Certaines propositions font
actuellement l'objet de discussions avec les professionnels de santé, d'autres
ont déjà été adoptées dans le cadre de la loi relative aux droits des malades et
à la qualité du système de santé, votée au mois d'octobre (par exemple les
médecins ont l'obligation de suivre des actions de formation continue).
Plusieurs de ces propositions, viennent d'être entérinées à l'occasion du vote,
début décembre, de la loi sur le financement de la Sécurité sociale pour 2002
:
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Expérimentation d'une aide à
l'installation des médecins et des infirmiers dans des zones rurales ou
urbaines souffrant d'un déficit dans leur offre de soins. Cette mesure, limitée dans un
premier temps à un nombre restreint de départements, consiste notamment à
octroyer des aides financières, pour compenser les difficultés d'exercice
d'une profession médicale. Elle vise à rééquilibrer géographiquement, et selon
les spécialités, l'offre médicale.
-
Aide à la mise en place d'une
permanence libérale des soins et des urgences dans certaines
zones. Il s'agit
de mettre en place « des gardes libérales d'intérêt public » pour pallier la
désaffection croissante des médecins libéraux concernant les gardes de nuit et
de week-end et les urgences. Son objectif est de rendre moins difficile la
mise en œuvre de ces gardes, en particulier en milieu rural, par le biais d'incitations
financières notamment.
-
Rénovation des réseaux de santé qui
assurent la continuité des soins aux patients. Dans le cadre de pathologies
chroniques, plusieurs intervenants se succèdent auprès des malades. Ces
intervenants travaillent parfois en réseau* afin d'optimiser la qualité des
soins délivrés au patient. Prime sera donnée à ces réseaux en leur fournissant
des aides financières stables dans le temps, à la condition qu'ils répondent à
des critères de qualité, d'organisation et de fonctionnement fixés par
décret.
Par ailleurs, la création
d'un Observatoire national de la
démographie médicale – autre proposition gouvernementale pour réformer les
soins de ville – a plusieurs fois été évoquée lors des débats parlementaires. Le
principe d'une telle création a fait l'objet d'un large consensus, ce qui laisse
augurer d'une mise en place rapide. L'objectif de cet observatoire serait de
repérer, analyser et anticiper les difficultés d'accès ou les déséquilibres
géographiques concernant certaines spécialités médicales.
* Un réseau de soins réunit, sur la
base du volontariat et dans une zone géographique donnée, des professionnels de
santé provenant de différents horizons : généralistes, médecins spécialistes,
infirmiers, pharmaciens, mais aussi des travailleurs sociaux ou des
associations... Les acteurs d'un réseau mettent en place des pratiques
coordonnées qui assurent la continuité et la cohérence de l'accompagnement
sanitaire et social d'un malade, en vue de l'amélioration de sa
santé.

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Les engagements individuels des
professions médicales valorisés
L'une des 13 propositions
d'Élisabeth Guigou porte sur la prise en compte des engagements
individuels des professions médicales. Évoquée en octobre lors du
vote de la loi relative aux droits des malades, cette proposition a
également fait l'objet de discussions lors des débats entourant la
loi de financement de la Sécurité sociale pour
2002. L'objectif principal est de valoriser financièrement les
engagements individuels des professionnels de la santé. Ainsi en
fonction de leur participation à des programmes de prévention et des
actions de promotion de la santé, de coordination des soins ou
encore de prise en charge des urgences, les contractants recevront
une rétribution forfaitaire. Sous la forme d'un contrat de santé
publique inclus dans les conventions collectives, ce dispositif
s'appliquerait aux médecins généralistes, spécialistes et également
aux auxiliaires
médicaux. | |
L'Observatoire régional de la démographie médicale
d'Île-de-France
Jean-Marc Laporte est statisticien et
chargé de mission à l'URCAM (Union Régionale des Caisses d'Assurance Maladie)
d'Île-de-France. Il participe à l'Observatoire francilien de la démographie
médicale. Cet organisme régional, créé en septembre dernier, est en quelque
sorte un modèle réduit de l'observatoire national en
préparation.
Depuis quand existe
l'Observatoire régional de la démographie médicale en Île-de-France
?
Les différents partenaires de
l'opération (1) réfléchissaient depuis longtemps à la création de cet
observatoire. Celui-ci a vu le jour le 18 septembre dernier. En soi, cette
création n'est pas dépendante des décisions annoncées par la ministre de
l'Emploi et de la solidarité. Elle répond à de réels besoins qui se faisaient
sentir au niveau régional, comme au niveau national. Il s'agit notamment de
recueillir, d'analyser et de diffuser des données liées à la démographie
médicale en Île-de-France.
Pouvez-vous préciser
les missions de cet observatoire ?
Aujourd'hui, on ne peut plus
réfléchir de manière isolée. On ne peut plus se contenter du simple dénombrement
quantitatif des médecins et du calcul de la densité médicale. Il y a de plus en
plus de facteurs à prendre en considération, comme la féminisation ou le
vieillissement des professions médicales, la réduction du temps de travail,
l'accroissement des inégalités en matière d'accès au soin... Pour réaliser
une radiographie de la situation en Île-de-France, nous allons donc lancer deux
enquêtes, la première auprès des nombreux étudiants qui terminent leur
formation, la deuxième auprès des médecins qui s'installent. Nous cherchons à
connaître plus précisément les conditions et le lieu d'exercice de leur métier
mais aussi à déterminer les motivations d'un médecin à s'installer dans un
endroit plutôt que dans un autre. Les incitations financières à l'installation
ne sont pas tout. Les conditions d'exercice, l'environnement social et familial
revêtent une importance de plus en plus grande. Enfin courant janvier 2002,
nous lancerons une enquête qualitative, plus approfondie, auprès de différentes
professions médicales. Nous allons organiser des réunions avec des
professionnels établis et discuter avec eux de leur métier, de ses évolutions...
Bref, nous voulons nous placer clairement dans le champ du concret
!
(1) Union Régionale des
Médecins Libéraux d'Île-de-France (URML IDF), Comité de coordination des Ordres
Départementaux d'Île-de-France, Union Régionale des Caisses d'Assurance Maladie
d'Île-de-France (URCAM IDF), Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIHP),
Syndicats des Résidents de Paris (SRP). Avec le soutien du Centre de Sociologie
et de Démographie Médicales (CSDM).
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