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Analyse critique. Ce volumineux rapport (plus de 400
pages) est le fruit de 18 mois de travaux. Dans la continuité des études menées
en 1994 et 1998, le HCSP ne se contente pas de dresser le bilan de l'état de
santé de la population. Il propose également une analyse critique du système de
santé et réfléchit sur les moyens à mettre en œuvre pour en améliorer les
performances.
Des améliorations
constantes. Avec une
espérance de vie qui ne cesse d'augmenter (75 ans pour les hommes et presque 83
ans pour les femmes), la France se classe au 4ème
rang de l'Union européenne. Très faible (5 pour 1000), la mortalité infantile a
régressé, en grande partie grâce aux campagnes destinées à prévenir la mort
subite du nourrisson. Les auteurs du rapport saluent également l'amélioration de
l'accès aux soins, la chute de la mortalité par maladies cardio-vasculaires ou
la baisse de la consommation d'alcool.
Des ombres au
tableau. Toutefois,
le rapport ne comprend pas que des raisons de se féliciter. Il dénombre en
particulier une dizaine de points noirs, au premier rang desquels la mortalité
prématurée (avant 65 ans). Il s'agit, pour les
rapporteurs, « d'un problème prioritaire de santé publique ». Mais le texte
pointe aussi la multiplication des maladies respiratoires chez les enfants, la
sous-reconnaissance des maladies professionnelles ou la progression de
l'obésité.
Les inégalités. Malgré la mise en place de
la
Couverture maladie universelle (CMU), les disparités demeurent.
Une femme, cadre et habitant dans le Midi a toutes les chances de vivre plus
longtemps et en meilleure santé qu'une ouvrière nordiste. Le constat n'est pas
nouveau, mais le décalage ne s'atténue pas. Pire, il se retrouve chez les
enfants, et affecte par exemple aussi bien la fréquence des naissances
prématurées que les soins dentaires.
Améliorer la
prévention. Parmi
les propositions qu'il formule pour améliorer l'efficacité du système de santé,
le HCSP insiste particulièrement sur la nécessité d'accroître encore les efforts
de prévention et d'information. Mais cet impératif n'est pas forcément
compatible avec la baisse du nombre des médecins attendue ces vingt prochaines
années.
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Le paradoxe français
S'ils saluent des
résultats d'ensemble très positifs, les experts déplorent certaines
situations qu'ils jugent « d'autant moins acceptables ». C'est ainsi
que dans le domaine de la mortalité avant 65 ans, la France partage
avec le Portugal la dernière place européenne. Un résultat d'autant
moins satisfaisant que dans les trois-quarts des cas, ces décès
pourraient être évités. Ils résultent en effet le plus souvent
directement d'un comportement à risque : consommation excessive de
tabac ou d'alcool, accident de la circulation... Pour les
rapporteurs il faut donc, plus que jamais, faire de l'usager un
acteur à part entière du système et le responsabiliser tant en ce
qui concerne sa santé personnelle qu'en matière de santé
publique. | |

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