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Diminution des
effectifs. La
tendance qui a vu le nombre de médecins en activité par habitant augmenter
constamment depuis 20 ans (+35 % depuis 1980) serait en passe de s'inverser.
D'ici 2020, le nombre de médecins en France métropolitaine pourrait en effet
chuter de 20%. Dans le même temps, la population devrait augmenter de 6 %. La
densité médicale retrouverait alors un niveau proche de celui de
1984.
Hypothèses de
travail. Pour
effectuer ces projections, la DREES se place dans
l'hypothèse d'un numerus clausus maintenu à son dernier niveau, soit 4700
étudiants admis chaque année en 2ème année de médecine. Les comportements en
matière de choix de filière, d'installation et de départ à la retraite sont
également supposés constants.
Féminisation. Deux autres modifications profondes
s'opéreraient dans le même temps sur le corps médical. Actuellement majoritaires
en faculté de médecines, les femmes pourraient
également le devenir en 2020 parmi les médecins en
exercice.
Vieillissement. L'âge moyen des médecins en activité
ne cesse d'augmenter depuis une vingtaine d'années. Il devrait atteindre son
maximum (50 ans) en 2011 pour baisser à nouveau légèrement (49 ans) en 2020. La
proportion des médecins de 55 ans et plus pourrait ainsi atteindre 40% en
2013.
Disparités. Après avoir chuté de 8 points depuis
1984, la part des généralistes parmi l'ensemble des médecins pourrait en
regagner 5, pour s'établir à 54% en 2020. À comportements d'installation
constants, l'étude prévoit également une progression de la part du secteur
hospitalier. Mais cette diminution de la part du secteur libéral ne devrait pas,
selon la DRESS,
altérer la place de la médecine en zone rurale ou dans les petites
villes.

Il s'agit de l'une des conclusions les plus marquantes de
l'étude de la DREES sur la démographie médicale à l'horizon 2020 : la profession
de médecin se conjugue de plus en plus au féminin. À partir de 2020, les femmes
pourraient même devenir majoritaires parmi les médecins en exercice.
Planifier
la démographie médicale
Les spécialistes de
la
DREES ne s'en cachent pas : leurs hypothèses de
départ ne correspondront pas forcément à la réalité, de même que les
conclusions auxquelles ils aboutissent. Mais pour Xavier Niel,
l'auteur de l'étude, son intérêt est ailleurs : « Comme nous ne
nous sentons pas capables d'inventer l'avenir, nous effectuons
la projection la plus basique. En fait, nous essayons de savoir ce
qu'il se passera si aucune décision n'est prise. Ce n'est donc pas
une prévision, puisque nous savons que les choses vont changer, mais
une projection. »
Pour vérifier la
crédibilité de ses travaux, la DREES étudie d'ailleurs régulièrement
les simulations effectuées par le passé. « Nous constatons de
petites erreurs. Nous avons par exemple tendance à sous-estimer le
nombre de généralistes qui se spécialisent par le biais des
commissions de qualification. Nous éprouvons également des
difficultés à évaluer le nombre de départs à la retraite. Au niveau
régional aussi, nous avons encore du mal à intégrer les coefficients
d'attractivité des régions dans les hypothèses de départ. Enfin,
dans la mesure où nous travaillons sur les médecins en formation,
nous ne pouvons pas non plus prendre en compte les médecins formés à
l'étranger. »
Il n'empêche que les
tendances lourdes se confirment, et que l'on assistera bien d'ici
2020 à un vieillissement et à une féminisation du corps médical. Ce
type d'études doit donc permettre de planifier la démographie
médicale. « Compte tenu de la durée des études médicales, une
mesure décidée aujourd'hui n'entrera en application que dans 8 ans.
Les grands mouvements doivent se décider avec 20 ans d'avance. On a
donc besoin de ces projections. Charge ensuite à l'Observatoire de
la démographie médicale, qui sera prochainement mis en place, de
proposer des hypothèses de travail, en concertation avec les
professionnels. Tout cela permettra de réguler la démographie
médicale dans son nombre, dans le temps, mais aussi dans l'espace,
région par région, par secteur ou par spécialité.
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