English  |  Español  |  Portuguese  |  Italiano                                 Contact | Newsletter
 


















 
Risque-Prévoyance  Magazine
Actualités I Ailleurs I Au quotidien I Sommaire
 
La démographie médicale à l'horizon 2020 (juin 2002)
Le nombre de médecins par habitant pourrait baisser de 24% d'ici 2020. C'est ce qui ressort d'une récente étude de la DREES : la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et de la statistique du ministère de la Santé, de la famille et des personnes handicapées. La féminisation et le vieillissement du corps médical figurent également parmi les faits marquants de cette étude.

Diminution des effectifs. La tendance qui a vu le nombre de médecins en activité par habitant augmenter constamment depuis 20 ans (+35 % depuis 1980) serait en passe de s'inverser. D'ici 2020, le nombre de médecins en France métropolitaine pourrait en effet chuter de 20%. Dans le même temps, la population devrait augmenter de 6 %. La densité médicale retrouverait alors un niveau proche de celui de 1984.

Hypothèses de travail. Pour effectuer ces projections, la DREES se place dans l'hypothèse d'un numerus clausus maintenu à son dernier niveau, soit 4700 étudiants admis chaque année en 2ème année de médecine. Les comportements en matière de choix de filière, d'installation et de départ à la retraite sont également supposés constants.

Féminisation. Deux autres modifications profondes s'opéreraient dans le même temps sur le corps médical. Actuellement majoritaires en faculté de médecines, les femmes pourraient également le devenir en 2020 parmi les médecins en exercice.

Vieillissement.  L'âge moyen des médecins en activité ne cesse d'augmenter depuis une vingtaine d'années. Il devrait atteindre son maximum (50 ans) en 2011 pour baisser à nouveau légèrement (49 ans) en 2020. La proportion des médecins de 55 ans et plus pourrait ainsi atteindre 40% en 2013.

Disparités. Après avoir chuté de 8 points depuis 1984, la part des généralistes parmi l'ensemble des médecins pourrait en regagner 5, pour s'établir à 54% en 2020. À comportements d'installation constants, l'étude prévoit également une progression de la part du secteur hospitalier. Mais cette diminution de la part du secteur libéral ne devrait pas, selon la DRESS, altérer la place de la médecine en zone rurale ou dans les petites villes.

 

 

Il s'agit de l'une des conclusions les plus marquantes de l'étude de la DREES sur la démographie médicale à l'horizon 2020 : la profession de médecin se conjugue de plus en plus au féminin. À partir de 2020, les femmes pourraient même devenir majoritaires parmi les médecins en exercice.

 


Planifier la démographie médicale

Les spécialistes de la DREES ne s'en cachent pas : leurs hypothèses de départ ne correspondront pas forcément à la réalité, de même que les conclusions auxquelles ils aboutissent. Mais pour Xavier Niel, l'auteur de l'étude, son intérêt est ailleurs : « Comme nous ne nous sentons pas capables d'inventer l'avenir,  nous effectuons la projection la plus basique. En fait, nous essayons de savoir ce qu'il se passera si aucune décision n'est prise. Ce n'est donc pas une prévision, puisque nous savons que les choses vont changer, mais une projection. »

Pour vérifier la crédibilité de ses travaux, la DREES étudie d'ailleurs régulièrement les simulations effectuées par le passé. « Nous constatons de petites erreurs. Nous avons par exemple tendance à sous-estimer le nombre de généralistes qui se spécialisent par le biais des commissions de qualification. Nous éprouvons également des difficultés à évaluer le nombre de départs à la retraite. Au niveau régional aussi, nous avons encore du mal à intégrer les coefficients d'attractivité des régions dans les hypothèses de départ. Enfin, dans la mesure où nous travaillons sur les médecins en formation, nous ne pouvons pas non plus prendre en compte les médecins formés à l'étranger. »

Il n'empêche que les tendances lourdes se confirment, et que l'on assistera bien d'ici 2020 à un vieillissement et à une féminisation du corps médical. Ce type d'études doit donc permettre de planifier la démographie médicale. « Compte tenu de la durée des études médicales, une mesure décidée aujourd'hui n'entrera en application que dans 8 ans. Les grands mouvements doivent se décider avec 20 ans d'avance. On a donc besoin de ces projections. Charge ensuite à l'Observatoire de la démographie médicale, qui sera prochainement mis en place, de proposer des hypothèses de travail, en concertation avec les professionnels. Tout cela permettra de réguler la démographie médicale dans son nombre, dans le temps, mais aussi dans l'espace, région par région, par secteur ou par spécialité. »




Retour


© Copyright CNP Assurances.
Tous droits réservés. Les reproductions de toute ou partie des informations publiées sur le site Internet CNP sous quelque forme ou support sans l'autorisation expresse de la CNP sont interdites. Seuls sont autorisés l'envoi électronique des articles par les moyens mis à disposition par la CNP ou l'impression à des fins d'archivage ou de consultation en mode déconnecté.