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Les bonnes habitudes féminines. Qu'il
s'agisse de prévenir ou de guérir, les comportements féminins révèlent une
attention plus grande portée à la santé. C'est la conclusion du dernier volet*
de « l'Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages
(EPCV) », réalisée par l'Institut national de la statistique et des études
économiques (Insee). Se tenant plus régulièrement informées sur ces
questions à travers les médias, elles achètent ainsi, davantage de médicaments,
de vitamines ou de compléments minéraux, avec ou sans avis médical. Il faut dire
qu'elles déclarent souffrir plus fréquemment de problèmes de sommeil, de stress,
d'anxiété ou de solitude. Elles sont également plus nombreuses à préférer
légumes et fruits frais aux produits trop riches en sucre ou en matières
grasses, autant pour la santé que pour la ligne. Partagé par les deux sexes, le
désir de maigrir reste lui aussi plus fort chez les femmes (62% des Françaises)
que chez les hommes (38% des Français).
Les travers masculins. Alcool et tabac
sont en revanche des consommations plus masculines que féminines.
Ainsi, trois hommes sur cinq, contre une femme sur trois, sont fumeurs ou
l'ont été un jour. Par ailleurs, si moins d'un adulte sur deux déclare avoir bu
une boisson alcoolisée la veille de l'enquête, les hommes, surtout les plus
âgés, boivent plus et plus souvent que leurs compagnes. Le seul domaine qui leur
est favorable concerne le sport, pratiqué par 44% des hommes et 35% des
femmes.
Le succès du généraliste. Au delà de ces distinctions, le grand
gagnant de cette enquête est le médecin généraliste, professionnel de santé le
plus consulté, dont l'image est de surcroît très positive.
85% des personnes de 15 ans ou plus ont fait appel à lui au moins une fois au
cours des 12 derniers mois. Là encore, les femmes y ont plus souvent recours
(5,6 fois par an en moyenne, contre 4,4 pour les hommes). Elles consultent
également davantage homéopathes, acupuncteurs, dentistes, ophtalmologistes ou
dermatologues.
* « Comportements vis-à-vis de la santé »
(EPCV, publication octobre 2002).
(Interview)
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Attention, comportements
dangereux !
Professeur de santé
publique au CHU d'Amiens, Gérard Dubois est également président du Comité
national de lutte contre le tabagisme
(CNCT). |
Que vous inspirent les résultats de cette étude
?
Ils viennent confirmer une tendance déjà connue : pour ce qui est des
comportements liés à la santé, les Françaises sont supérieures aux hommes dans
tous les domaines. Leur résistance aux comportements dangereux, quels qu'ils
soient, est nettement meilleure. Cela explique en grande partie l'énorme
différence d'espérance de vie, chez nous, entre les deux sexes. Il y a 7 ans et
demi d'écart, c'est l'un des plus importants au monde. Si vous regardez chez les
Mormons, par exemple, où les comportements dangereux pour la santé sont très
limités, l'avantage pour les femmes n'est que de deux ans. On peut donc
considérer que les femmes ont, physiologiquement, un avantage de deux ans. Les 5
ans et demi supplémentaires constatés chez nous constituent le prix que paient
les hommes pour leur comportement.
En ce qui concerne le tabagisme, la
tendance n'est-elle pas en train de s'inverser ?
Disons que l'écart se réduit, mais que les femmes continuent de moins
fumer que les hommes. Il y a globalement un tiers des adultes qui fume en
France, avec un peu moins de femmes que d'hommes. En fait, dans les années 50,
quand près de 60% de la population adulte française fumait, le tabagisme
concernait près de 70% des hommes et moins de 10% des femmes. Le nombre des
fumeurs a ensuite décru chez les hommes, alors qu'il augmentait chez les femmes.
Aujourd'hui, les deux courbes descendent, plus vite pour les hommes que pour les
femmes. A aucun moment ces dernières n'ont toutefois été plus nombreuses à fumer
que les messieurs. C'est d'ailleurs vrai dans tous les pays, sans que l'on sache
pourquoi. De même que l'on ignore également pourquoi les femmes éprouvent
davantage de difficultés quand elles tentent de s'arrêter.
Et chez les
jeunes ?
Si l'on regarde les courbes du tabagisme des jeunes, à l'âge de
18 ans, on constate grossièrement une égalité. Contrairement aux idées reçues,
l'âge de la première cigarette recule. Il est passé de 12 ans dans les années 70
à 15 ans aujourd'hui. Mais les statistiques sont, depuis plusieurs années,
globalement identiques pour les deux sexes. Cette évolution ne manquera
d'ailleurs pas d'avoir des conséquences sanitaires. Dans certains pays comme les
Etats-Unis, le Danemark, ou le Canada, où les femmes ont fumé plus massivement
plus tôt, elles sont désormais plus nombreuses à mourir d'un cancer du poumon
que d'un cancer du sein. Ce sera également le cas chez nous dans une ou deux
décennies.
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