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La méthode. C'est le Crédoc, le Centre de recherches pour
l'étude et l'observation des conditions de vie, qui a réalisé cette enquête,
l'été dernier, pour le compte du CTIP. 600 salariés et 300 patrons ou
responsables du personnel d'entreprises de moins de 200 salariés ont été
interrogés, par téléphone, sur leur lieu de travail. Publié chaque année
depuis 1999, ce baromètre permet de disposer d'indications précises sur
l'évolution des mentalités en la matière.
Les résultats. La complémentaire santé continue de se généraliser. 92%
des salariés déclarent en posséder une, contre 82% deux ans plus tôt. Dans plus
des deux tiers des cas (68%), cette assurance a été souscrite par le biais de
l'entreprise. Près de huit salariés sur 10 estiment d'ailleurs qu'il s'agit
de la meilleure solution pour la mise en place d'une complémentaire santé,
qu'elle soit obligatoire ou facultative. Enfin, les
auteurs de l'étude soulignent les attentes des personnes interrogées quant aux
développements de l'assurance complémentaire santé : « 61% des
salariés et 55% des entreprises préfèrent que soient privilégiés les contrats
collectifs avec des avantages fiscaux (cotisations déductibles du revenu
imposable), contre 34% des salariés et 32% des entreprises qui préfèreraient des
contrats individuels assortis d'une éventuelle incitation financière de
l'Etat ».
Les attentes. Du côté des entreprises, le niveau de
satisfaction concernant la gestion des contrats est particulièrement élevé
(90%). Les salariés affichent eux aussi une réelle satisfaction (89%), sur les
délais de remboursement et de versement des prestations. Seule ombre au
tableau : le niveau de remboursement de postes comme l'optique ou le
dentaire : 11% des personnes interrogées, contre 28% en 2001, se déclarent
satisfaites dans ce domaine. Pourtant, pour y remédier, près d'une personne sur
deux (42%) ne veut ni payer davantage, ni être moins bien remboursée sur
d'autres postes. Autres attentes fortes : la mise en place du tiers payant
généralisé (78%) et l'assistance à domicile en cas de problème (58%).

(Interview) Dirigeants et
salariés unanimes
Directrice du département « Evaluation des
politiques sociales » du Crédoc, Marie-Odile Simon a supervisé l'enquête
menée auprès des salariés et des dirigeants de PME.
Premier enseignement de cette
étude : la complémentaire santé est maintenant presque
généralisée.
C'est effectivement l'un des éléments sur lesquels on constate une
évolution sensible depuis le lancement de l'étude, il y a quatre ans. Le taux de
couverture en complémentaire santé ne cesse de croître d'une année sur l'autre,
pour atteindre dans ce sondage plus de 90% l'an dernier. Il faut savoir quand
même que nous travaillons sur des données déclaratives, sur la perception que
les salariés interrogés ont de leur couverture. Il est donc possible de tomber
sur des gens qui pensent être couverts et ne le sont pas, ou
inversement.
Comment analysez-vous le très fort
engouement pour les contrats collectifs, souscrits par
l'entreprise ?
Il faut d'abord y voir les conséquences de l'effet volume. La
négociation collective apporte la garantie que tous les salariés seront
couverts, avec une négociation intéressante sur les tarifs. C'est donc à la fois
plus avantageux individuellement et collectivement. Ensuite apparaît la
dimension pratique, dans la mesure où les assurés n'auront pas à s'occuper de
choisir la couverture et de la gérer.
On
constate que dans ce domaine salariés et chefs d'entreprise sont du même
avis.
C'est d'autant plus intéressant que l'enquête auprès des
responsables de PME était menée pour la première fois cette année, et qu'elle
nous servira de première référence à l'avenir. Je crois que les employeurs sont
conscients de l'intérêt qu'ils ont également à proposer ce genre de dispositifs.
C'est en effet désormais un point important dans les négociations salariales,
aussi bien à l'embauche que pendant le déroulement de la carrière des salariés.
Là encore, il faut toutefois distinguer l'adhésion théorique massive et les
éléments plus factuels. Les taux de couverture collective qui existent dans ces
entreprises ne reflètent pas encore les bonnes intentions affichées dans les
déclarations .
En revanche, comment
expliquez-vous les résultats de l'enquête concernant les soins optiques ou
dentaires.
Cette insatisfaction n'est pas nouvelle. On la retrouve
d'une année sur l'autre. Mais ce qui a beaucoup évolué, c'est que les gens sont
de moins en moins disposés à faire l'effort de payer plus. Pour nous, ce
durcissement est à relier au contexte social et économique global. Nous sommes
dans une période où les salariés, et les citoyens en général, sont moins prêts à
faire des efforts collectifs qu'à
d'autres.
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