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Améliorer la prévention. Si l'Organisation mondiale de la
santé considère la France comme le pays disposant du système de santé le plus
performant, la mortalité évitable y reste l'une des plus fortes des pays
développés. Le projet de loi entend donc réduire le « déséquilibre entre
les moyens alloués aux approches curatives et ceux accordés à la
prévention ». Le texte avance une centaine de propositions pour les
cinq ans à venir. Certains sont chiffrés : diminuer la consommation d'alcool de
20%, baisser de 5% le taux de cholestérol moyen dans la population adulte,
réduire le nombre de cas de sida de 3 à 2,4 pour 100.000 habitants... D'autres
sont moins quantifiables : réduire les inégalités devant la maladie et la
mort, prévenir la douleur... Chiffrés ou non, ces cent propositions répondent
à un premier besoin : sensibiliser la population et favoriser une
nécessaire prise de conscience générale, en matière de santé
publique.
Cinq plans quinquennaux. Dans ce cadre, cinq plans
nationaux seront menés sur la période 2004-2008 :
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Lutte contre le cancer,
-
Lutte contre la violence, les comportements à risque et les
pratiques addictives,
-
Santé et environnement,
-
Prise en charge des maladies rares,
-
Qualité de vie des personnes atteintes de maladies
chroniques.
Le projet de loi comprend également un volet consacré à la formation et
à la recherche. Il crée ainsi l'Institut national du cancer et l'Ecole des
hautes études de santé publique et prévoit de nouvelles dispositions concernant
la formation médicale continue.
Clarifier les responsabilités. Le texte affirme la
responsabilité de l'Etat dans l'élaboration et la mise en œuvre des programmes.
A lui de définir des objectifs pluriannuels, permettant « d'identifier
les secteurs où des gains sanitaires peuvent être obtenus »
(lire interview). Pour
l'y aider, le projet prévoit une réorganisation des instances participant à la
politique de santé et fait du niveau régional « l'unité d'intervention
en santé publique. »C'est ainsi que seront créés des
groupements régionaux de santé publique, où seront représentés les structures
sanitaires et les instances politiques, dont la mission sera d'unifier les
actions sur le terrain.
(Interview) La maîtrise des dépenses ne doit être qu'une résultante de la
qualité des soins
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Directeur de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation
de la santé (ANAES), Alain Coulomb présidait les travaux du groupe de la
Commission des comptes de la Sécurité sociale consacré à la médicalisation
de l'Ondam (Objectif national de dépenses d'assurance maladie). Fin avril,
il a remis son rapport au ministre de la Santé. |
| Il suggère des pistes, qui permettraient de rendre plus
objective la méthode d'élaboration de l'objectif de dépenses voté tous les
ans par le Parlement, dans le cadre de la loi de financement de la
Sécurité sociale. |
Malgré les défauts du
système actuel, le principe de l'Ondam mérite d'être conservé.
Pourquoi ?
Le principal défaut de l'Ondam est son absence de crédibilité.
L'objectif fixé chaque année est systématiquement dépassé et la loi n'est pas
appliquée. Tout le monde le sait : le gouvernement qui la propose, le
Parlement qui la vote et les acteurs qui sont censés la respecter. Trois
facteurs militent cependant en faveur du maintien de l'Ondam. D'abord, il
constitue l'occasion d'un débat parlementaire sur un sujet politiquement
sensible et économiquement lourd. Ensuite, il permet de hiérarchiser les choix
politiques entre les différentes missions de l'Etat, comme la sécurité,
l'éducation, la santé ou l'emploi. Enfin, vis à vis des professionnels, il
légitime une politique de dépenses publiques.
Encore faut-il,
et c'est un point que vous évoquez dans le rapport, que l'objectif soit élaboré
en concertation avec tous les acteurs du système de santé. Qu'est-ce qui fait
défaut dans ce domaine à l'heure actuelle ?
Il manque justement la concertation. Elle n'existe plus du tout.
Les Conférences nationales de la santé ne se réunissent plus, les taux
s'élaborent aux alentours des vacances d'été, exclusivement entre politiques.
Or, s'ils ont participé à son élaboration, des acteurs professionnels auront
toujours tendance à accepter et respecter davantage une loi qui les concerne
dans leur vie quotidienne.
Parmi les réformes que vous
préconisez, figure également la médicalisation de l'Ondam. Qu'est-ce que cela
signifie
concrètement ?
Aujourd'hui, les instruments essentiels de la maîtrise de l'évolution
des dépenses sont de nature économique ou financière. En clair, le
taux est calé, à peu de choses près, sur le Produit intérieur
brut. Or, les évolutions des dépenses de santé ne sont pas, et tant s'en faut,
exclusivement liées à celle du PIB. Si l'on prend l'exemple concret de la
démographie, son impact sur les dépenses est évident. Le fait que la population
vieillisse et que de plus en plus de Français bénéficient d'un système de
protection sociale n'est pourtant pas directement lié à la richesse nationale.
Médicaliser l'Ondam, c'est donc l'ancrer dans le paysage sanitaire, à la fois
pour ce qui est des recettes, mais aussi pour une tentative de maîtrise des
dépenses.
Avec un souci
très présent tout au long du rapport : le premier objet de vos
préoccupations, c'est d'abord la qualité des soins.
C'est à la fois un gage d'acceptabilité politique et, je
pense, un gage d'infléchissement durable. En clair, si vous voulez faire un coup
politique, comme il y en a eu 45 ces cinquante dernières années, il aura une
durée de vie de 9 mois ou un an. Nous visons autre chose. L'objectif, c'est
effectivement la qualité des soins. La rationalisation des dépenses n'en est
qu'une résultante.
Autres éléments de réflexion :
l'élargissement du champ de prévision, qui porterait sur plusieurs années, et la
régionalisation.
Nous sommes dans un secteur dont la plupart des facteurs
sont à évolution lente et cyclique. Si vous voulez agir sur des facteurs comme
le progrès technique, les comportements ou les systèmes de santé ou de
protection sociale, pour prendre trois exemples, vous avez besoin de temps.
D'abord, parce que les évolutions sociologiques se font doucement. Infléchir des
comportements n'obéit pas aux règles et aux réalités budgétaires. Ensuite parce
que passer par une loi ou un décret implique également des délais. Ce n'est
d'ailleurs pas un hasard si le gouvernement a inscrit son action dans un
programme de plans quinquennaux. Quant à la régionalisation, elle existe déjà
pour l'hospitalisation publique. Elle doit maintenant être étendue à tous les
autres secteurs. Et pourquoi ne pas décliner l'Ondam en une série d'objectifs
régionaux de dépenses ?
Vos recommandations s'étendent également à d'autres domaines, comme la
coordination des soins. Nous avons voulu intégrer notre réflexion dans un
tout. Nous aurions pu en rester au niveau de la « mécanique ». Nous
avons souhaité indiquer qu'il y avait plusieurs leviers d'action, comme la
coordination des soins, la responsabilisation des acteurs de santé ou
l'évaluation des pratiques et des prescriptions.
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