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16 millions de Français ont un dossier pharmaceutique (janvier 2012)
Le dossier pharmaceutique créé en 2008 a pour objet de vérifier la cohérence entre les traitements prescrits. Comment fonctionne cet outil informatique et à quoi sert ce service gratuit pour les patients ?

Lancé fin 2008, le dossier pharmaceutique (DP) commence à séduire les Français depuis la campagne de promotion dont il a bénéficié l’été dernier. En novembre 2011, presque 17 millions de DP avaient été créés dans plus de 20000 officines. Et selon l'Ordre des pharmaciens, 29 % des plus de soixante ans ont un DP à leur nom. Tout patient a le choix de faire ouvrir un DP auprès de son pharmacien. Il s'agit d'un service facultatif et gratuit pour le patient. 

Une mémoire pharmaceutique de quatre mois
Le DP est un dossier informatique personnel. Il décline le nom, le genre et la date de naissance du patient ainsi que les médicaments qui lui ont été délivrés au cours des quatre derniers mois. Le DP répertorie les traitements prescrits par un médecin, mais aussi ceux qui ont été conseillés par un pharmacien ou achetés sans ordonnance à l'initiative du patient. Il indique la date de l'achat, le nom des médicaments et la quantité reçue. Mais il ne retient pas le nom du médecin qui a prescrit, ni celui de l’officine où les médicaments ont été délivrés. La période d’archivage de ces informations a été fixée à quatre mois, pour englober, avec une marge de sécurité, la durée maximale de tout traitement délivré en une seule boîte (trois mois). Au bout de ce délai, les médicaments signalés s'effacent automatiquement du dossier.

Eviter les mauvaises interactions
Avec le DP, les pharmaciens peuvent vérifier la cohérence des traitements prescrits et délivrés à leurs patients. Ils repèrent les cas de redondance, lorsque la personne prend deux fois le même médicament pour la même maladie, mais sous deux noms différents (princeps et générique par exemple).
Ils sont aussi en mesure de détecter les mauvaises interactions qui réduisent l'efficacité d'un traitement ou provoquent des effets indésirables. Ainsi, certains produits contre le rhume sont contre-indiqués en cas de glaucome. Associer des anti-inflammatoires à certains médicaments contre la tension risque d’endommager les reins…

…et favoriser les conseils personnalisés
Le pharmacien possède grâce au DP une vision globale des traitements du patient et peut le conseiller de manière personnalisée. En cas d'interaction dangereuse, il a le droit de substituer le médicament par un autre en informant le patient. Il peut également refuser de le dispenser.

Des informations facultatives et sécurisées
Le DP est établi par le pharmacien à la demande du patient ou avec son accord. Cette opération donne lieu à la remise d'une attestation. Ce dossier réunit des informations cryptées, stockées chez un "hébergeur de données de santé", avec qui le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a passé un contrat. Pour consulter ces informations, il faut disposer à la fois de la carte Vitale du patient et de la carte professionnelle de santé du pharmacien, validées sur le terminal informatique de l’officine.
A chaque consultation, le pharmacien enrichit les données avec les dernières prescriptions. A noter : le patient a le droit de demander qu'un traitement ne soit pas indiqué dans son DP. De même, il peut décider à tout moment de la clôture de son dossier, ce qui entraîne la destruction des données. Tout dossier ouvert mais non modifié pendant plus de trois ans est également supprimé.
La mise en place du DP a coûté 15 millions d'euros depuis son lancement et il revient à 40 centimes d'euros par dossier et par an, financés par les pharmaciens.

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