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Lancé fin 2008, le dossier pharmaceutique (DP) commence à séduire les
Français depuis la campagne de promotion dont il a bénéficié l’été dernier. En
novembre 2011, presque 17 millions de DP avaient été créés dans plus de 20000
officines. Et selon l'Ordre des pharmaciens, 29 % des plus de soixante ans ont
un DP à leur nom. Tout patient a le choix de faire ouvrir un DP auprès de son
pharmacien. Il s'agit d'un service facultatif et gratuit pour le patient.
Une mémoire pharmaceutique de quatre mois Le DP est un
dossier informatique personnel. Il décline le nom, le genre et la date de
naissance du patient ainsi que les médicaments qui lui ont été délivrés au cours
des quatre derniers mois. Le DP répertorie les traitements prescrits par un
médecin, mais aussi ceux qui ont été conseillés par un pharmacien ou achetés
sans ordonnance à l'initiative du patient. Il indique la date de l'achat, le nom
des médicaments et la quantité reçue. Mais il ne retient pas le nom du médecin
qui a prescrit, ni celui de l’officine où les médicaments ont été délivrés. La
période d’archivage de ces informations a été fixée à quatre mois, pour
englober, avec une marge de sécurité, la durée maximale de tout traitement
délivré en une seule boîte (trois mois). Au bout de ce délai, les médicaments
signalés s'effacent automatiquement du dossier.
Eviter les mauvaises interactions Avec le DP, les
pharmaciens peuvent vérifier la cohérence des traitements prescrits et délivrés
à leurs patients. Ils repèrent les cas de redondance, lorsque la personne prend
deux fois le même médicament pour la même maladie, mais sous deux noms
différents (princeps et générique par exemple). Ils sont aussi en mesure de
détecter les mauvaises interactions qui réduisent l'efficacité d'un traitement
ou provoquent des effets indésirables. Ainsi, certains produits contre le rhume
sont contre-indiqués en cas de glaucome. Associer des anti-inflammatoires à
certains médicaments contre la tension risque d’endommager les reins…
…et favoriser les conseils personnalisés Le pharmacien
possède grâce au DP une vision globale des traitements du patient et peut le
conseiller de manière personnalisée. En cas d'interaction dangereuse, il a le
droit de substituer le médicament par un autre en informant le patient. Il peut
également refuser de le dispenser.
Des informations facultatives et sécurisées Le DP est
établi par le pharmacien à la demande du patient ou avec son accord. Cette
opération donne lieu à la remise d'une attestation. Ce dossier réunit des
informations cryptées, stockées chez un "hébergeur de données de santé", avec
qui le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a passé un contrat. Pour
consulter ces informations, il faut disposer à la fois de la carte Vitale du
patient et de la carte professionnelle de santé du pharmacien, validées sur le
terminal informatique de l’officine. A chaque consultation, le pharmacien
enrichit les données avec les dernières prescriptions. A noter : le patient a le
droit de demander qu'un traitement ne soit pas indiqué dans son DP. De même, il
peut décider à tout moment de la clôture de son dossier, ce qui entraîne la
destruction des données. Tout dossier ouvert mais non modifié pendant plus de
trois ans est également supprimé. La mise en place du DP a coûté 15 millions
d'euros depuis son lancement et il revient à 40 centimes d'euros par dossier et
par an, financés par les pharmaciens.
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