|
L'héritage de Bismarck. Instauré dès 1883 à l'initiative du
chancelier Bismarck, le système allemand lie la protection sociale au fait
d'avoir exercé une activité professionnelle et versé des cotisations. Il diffère
en cela des systèmes anglo-saxons, inspirés par le Britannique Lord Beveridge,
basés sur trois principes : universalité (la couverture est acquise à tous),
uniformité (elle est identique pour tous) et unicité (tous les services sont
regroupés en une seule administration).
L'assurance chômage. Obligatoire, elle est financée par les
cotisations des salariés et des employeurs. Le cas échéant, l'État couvre les
éventuels déficits. Régie par l'Office fédéral du travail, elle offre ses
prestations (aides au retour à l'emploi, allocations de remplacement du salaire,
formation professionnelle...) aux personnes sans emploi, ainsi qu'aux salariés
dont le revenu ou temps de travail ne dépasse pas un certain plafond*.
Travailleurs indépendants et fonctionnaires en sont toutefois exclus.
L'assurance accidents. À la charge des seuls employeurs,
elle protège les victimes des quelque 1,4 million d'accidents de travail ou de
trajet qui surviennent chaque année en Allemagne, de même que les 18 000 cas de
maladies professionnelles et les 1,5 million de victimes d'accidents scolaires.
Outre les salariés, sont donc couverts apprentis, ouvriers, chefs d'entreprises,
chômeurs, agriculteurs, enfants ou étudiants, ou encore les personnes
intervenant de façon bénévole dans des associations... L’assurance accident
inclut notamment la prise en charge des traitements curatifs et, si besoin est,
de rééducation. Les assurés ou leurs survivants perçoivent également des
indemnisations financières. Les fonctionnaires bénéficient d'une couverture
distincte.
L'assurance maladie. Instaurée dès 1883, elle est gérée par
différentes caisses et offre une couverture à la quasi-totalité de la
population. Elle intègre le remboursement des soins médicaux nécessaires en cas
de maladie (mais pas en cas d'accidents du travail), des médicaments et des
traitements hospitaliers ou dentaires. Elle verse également les allocations
maternité. L'Assurance maladie est presque intégralement financée par les
cotisations des salariés et des employeurs.
L'assurance pension. À l'exception des fonctionnaires et des
agriculteurs qui bénéficient d'un régime différent, toutes les personnes qui
exercent une activité salariée ou sont en formation, ainsi que leurs familles,
sont couvertes par l'assurance pension. Passé un âge minimum (65 ans dans la
plupart des cas), et à condition d'avoir cotisé assez longtemps, elle garantit
aux assurés des revenus suffisants en remplacement de leur salaire. Les pensions
servies dépendent du montant des cotisations versées.
Financée de la même façon que l'assurance chômage, l'assurance pension est
également chargée d'améliorer la capacité de travail des personnes malades et
handicapées et, quand c'est possible, de la rétablir. Elle verse en effet des
prestations de réadaptation destinées à permettre le maintien de la capacité
professionnelle des assurés et éviter le versement prématuré d'une pension de
retraite.
L'assurance dépendance. Entrée en vigueur en 1995,
l'assurance dépendance couvre les conséquences de la perte d'autonomie pour plus
de deux millions de bénéficiaires. Son financement est assuré à parts égales par
les employeurs et les salariés. Le degré de dépendance détermine les prestations
dont bénéficient les assurés. Ses allocations peuvent servir à financer des
soins de jour ou de nuit, des équipements ou des aménagements du logement rendus
nécessaires par les soins de la personne dépendante, mais aussi des formations
pour les proches et les aidants bénévoles. Les prestations peuvent en outre
financer des soins en établissement.
Les limites du système. Laissant 11 millions de personnes
sous le seuil de pauvreté, ne prévoyant aucun salaire minimal, le système
allemand suscite toutefois quelques interrogations sur son efficacité.
Confrontée à des problèmes de financement liés notamment à la démographie,
l'assurance pension a, par exemple, dû être réformée à plusieurs reprises. La
dernière évolution en date, menée en 2005, prévoit une diminution progressive du
taux de remplacement** maximum, qui doit passer de 70 % en 2004 à 58,5 % en
2030.
* Des allocations d'assistance sont accordées aux personnes dont les
ressources sont considérées comme insuffisantes, ne leur permettant pas de
subvenir, par leurs propres moyens, ni à leurs propres besoins, ni à ceux des
membres de leur « communauté de besoins ».
**Rapport entre le montant de la pension et le dernier salaire
perçu.
|