Un
contexte défavorable. 2009
aura déjà été une année noire pour l'emploi et, selon l'Insee, le taux de
chômage devrait atteindre au deuxième trimestre 2010 son plus haut niveau depuis
dix ans : 9,8 %. Certains experts craignent même de le voir franchir la barre
symbolique des 10 % dans le courant de l'année. Dans un contexte aussi
défavorable, la souscription d'une assurance perte d'emploi peut éviter des
situations dramatiques. Si l'assuré se retrouve au chômage, elle lui offre un
complément de revenus. Souscrite en même temps qu'un crédit, c'est elle qui
prendra en charge le remboursement d’une partie des mensualités, permettant par
exemple à l'assuré de conserver son bien immobilier le temps de retrouver un
travail.
Des
principes communs. Quel
que soit le contrat, quel que soit l’assureur, les principes sont les mêmes.
L'assuré choisit au moment de la souscription le montant de l'indemnisation et
sa durée maximale pendant une période de chômage. Les contrats s'accompagnent
par ailleurs d'un délai d'attente, pendant lequel le licenciement n’est pas
couvert. Une fois cette période terminée, il peut demeurer un délai de franchise
entre la perte d'emploi et le versement de la première indemnisation. De ces
options (montant, durées...), dépendra le coût de l'assurance. Enfin, la plupart
des contrats ne peuvent être souscrits au-delà d'une limite d'âge et l'assurance
perte d'emploi ne fonctionne pas lorsque l'assuré démissionne.
Une
aide au retour à l'emploi. Les
assurances perte d'emploi ont été longtemps réservées aux salariés en CDI, mais,
il y a une dizaine d'années, CNP Assurances a lancé le premier contrat de ce
type destiné aux employés intérimaires, en CDD ou en période d'essai de CDI.
Depuis
un an, le Crédit immobilier de France propose un contrat créé par CNP
Assurances, incluant une aide au retour à l'emploi. En plus de la couverture
financière classique, « Protection Active Emploi » prévoit un
entretien individuel lorsque l'emprunteur se retrouve au chômage, une formation
aux techniques de recherche et des entretiens hebdomadaires ensuite. En
contrepartie de cet engagement, l'assuré bénéficie d'une garantie renouvelable
quatre fois pendant toute la durée du prêt (voir interview), ainsi que d'autres
avantages comme l'absence de délai de franchise.
Philippe Thémé : « Une demande des emprunteurs
»
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Philippe
Thémé est directeur des Partenariats au Crédit immobilier de France, qui a
créé l'an dernier « Protection Active Emploi » avec CNP Assurances.
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D'où est
venue l'idée d'ajouter une aide au retour à l'emploi aux garanties classiques
?
Nous avons toujours été extrêmement
sensibles à la sécurisation de nos emprunteurs et, historiquement, le Crédit
immobilier de France a une tradition forte en matière d'assurance perte
d'emploi. Ces dernières années, nous avions pourtant constaté une réelle érosion
du taux d'équipement de nos clients, non parce qu'ils ne craignaient plus le
chômage, mais parce que les produits que nous proposions n'étaient plus vraiment
adaptés aux dispositifs d'indemnisation. La démarche strictement indemnitaire ne
nous paraissait pas non plus correspondre tout à fait à la volonté des clients
de notre réseau, qui souhaitaient être aidés à retrouver un emploi, plutôt que
d'être uniquement indemnisés. Cette nouvelle formule répond donc à un besoin
exprimé par les emprunteurs.
Le
contrat implique une démarche très volontaire, pour ne pas dire volontariste, de
l'assuré. Il se retrouve très encadré quand il perd son emploi, avec en
particulier de nombreux entretiens...
C'est
vrai. Nous avons voulu vraiment faire en sorte que l'assuré ait toutes les
cartes en mains pour retrouver un travail. C'est dans cet esprit que nous avons
conditionné l’indemnisation à un dispositif d’accompagnement, mis en œuvre par
une société de conseil en ressources humaines. Il s'agit d'éviter que la
personne qui se retrouve au chômage entre dans une spirale néfaste, en la
maintenant dans un contexte professionnel.
En
contrepartie, le souscripteur bénéficie de multiples
avantages...
Le
premier, c'est qu'il va se retrouver coaché, bénéficier d'un bilan de
compétences, autant de dispositifs d'outplacement qui ne sont en général
réservés qu'à un petit nombre. D'ailleurs, ce suivi réellement personnalisé
amène souvent les assurés à retrouver un emploi dans un autre domaine
d'activités que celui où ils évoluaient auparavant, grâce aux compétences ou aux
envies qui émergent au fil des entretiens.
Sur un
plan purement indemnitaire, quels sont les avantages
?
Afin
d'éviter toute rupture entre le moment où l'emprunteur perd son travail et la
prise en mains par la structure d'accompagnement, le contrat n'inclut aucune
franchise. L'assuré entre même dans le dispositif dès qu'il reçoit sa lettre de
licenciement. Il bénéficie également du versement immédiat d'une prestation
correspondant à 150 % de la mensualité du crédit assuré pour lui permettre, si
besoin est, de renouveler sa garde-robe, d'acheter un ordinateur ou de payer ses
transports. Enfin, la garantie couvre toute la durée du prêt et, si le
souscripteur a la malchance de se retrouver plusieurs fois au chômage, le
dispositif peut être activé jusqu'à quatre fois.
Qui peut
souscrire ?
C'est une autre spécificité du
contrat. « Protection Active Emploi » est ouvert à tous les salariés en CDI,
âgés de moins de 60 ans l'année de la souscription. Mais cette assurance est
également accessible à des statuts généralement exclus des dispositifs de ce
type : commerçants, artisans, professions libérales ou mandataires
sociaux.