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Un déficit sans précédent.
La loi
adoptée par le Parlement prévoit des recettes totales de 288,1 milliards
d'euros, pour des dépenses estimées à 318,6 milliards. Le déficit du régime
général est donc fixé à 30,6 milliards d'euros en 2010, contre 23,5 milliards
attendus à la fin 2009. Principale responsable de ce creusement sans précédent
du déficit, la diminution des recettes provoquée par la crise économique et la
hausse du chômage. La LFSS 2010 intègre ainsi des dispositions qui doivent
permettre d'économiser 2,2 milliards d'euros sur l'augmentation
« mécanique » des dépenses*.
L'assurance maladie.
Le texte
fixe l'Ondam (Objectif national d'augmentation des dépenses d'assurance maladie)
à 3 %, contre 3,3 % en 2009. Les principales mesures d'économie sont en
conséquence relatives à l'assurance maladie. Le forfait hospitalier passe ainsi
de 16 à 18 euros. Une centaine de médicaments, dont le « service médical
rendu » est jugé faible, ne seront plus remboursés qu'à hauteur de 15 % au
lieu de 35 %. De plus, un effort sera demandé aux laboratoires pharmaceutiques,
qui devront diminuer le prix de certains médicaments. Les tarifs de spécialités
telles que la radiologie ou la biologie seront également revus à la baisse.
Enfin, la lutte contre les arrêts de travail injustifiés sera
renforcée.
Un financement
élargi.
La LFSS 2010 prévoit « de poursuivre l’effort de limitation des niches
sociales ». Les plus-values réalisées lors de la cession de valeurs
mobilières seront ainsi soumises aux prélèvements sociaux dès le premier euro.
Les taux de contribution versés par les entreprises sur les revenus
complémentaires accordés à certains
cadres dirigeants pendant leur retraite (retraites « chapeau ») seront
doublés. Le forfait social versé par les employeurs sur certains revenus
complémentaires au salaire (intéressement, participation et épargne salariale)
passera de 2 % à 4 %. Une contribution exceptionnelle de 300 millions d'euros
est par ailleurs demandée aux organismes complémentaires.
Enfin,
la fiscalité appliquée aux contrats d'assurance-vie sera unifiée et les
prélèvements sociaux seront appliqués aux contrats multi-supports en cas de
dénouement à l'occasion d'une succession.
Les retraites.
La loi de
financement modifie également les avantages accordés aux mères de famille en
matière d'assurance vieillesse. La majoration globale de huit trimestres maximum
par enfant est maintenue. Mais, pour la mettre en conformité avec la législation
européenne et les dernières décisions de la Cour de cassation, cette durée sera
dorénavant partagée : quatre trimestres resteront attribués aux mères au titre
de la grossesse et de la maternité, les quatre trimestres restants pourront être
répartis entre les deux parents au titre de l’éducation de l’enfant. D'autre
part, pour permettre à ceux qui le souhaitent de prolonger leur activité
professionnelle, la pension d’invalidité de première catégorie pourra être
désormais versée, jusqu’à l’âge de 65 ans. Elle était, jusqu'à présent remplacée
d'office à 60 ans par la pension de vieillesse allouée au titre de l'inaptitude
au travail.
D'autres dispositions.
Parmi les autres
mesures votées par les députés figure aussi une hausse de 6 % des prix du tabac.
En matière d'accidents du travail, un système de bonus-malus doit voir le jour
pour inciter les entreprises à instaurer une politique de prévention. Enfin, le
« droit à l’image collectif » (DIC), dispositif permettant une
exonération de charges sociales sur 30 % des revenus des sportifs
professionnels, initialement valable jusqu'au 30 juin 2012, sera supprimé à la
fin de la saison sportive en cours.
* Augmentation
tendancielle qui serait enregistrée si aucune mesure n'était
prise.
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