Une nouvelle
organisation. Maillons essentiels du volet consacré à
l’« organisation territoriale du système de santé » par la loi HPST,
les Agences régionales de santé vont devenir les relais locaux des politiques de
santé décidées à l’échelon national. Elles remplaceront dans ce rôle les sept
organismes jusqu’alors chargés de la mise en place de ces politiques dans les
régions et les départements : Agences régionales de l’hospitalisation, pôles «
santé » et « médico-social » des Directions régionales et départementales des
affaires sanitaires et sociales, partie sanitaire des Caisses régionales
d’assurance maladie et leurs 22 unions (Urcam), Groupements régionaux de santé
publique, Missions régionales de santé…
Etablissements
publics. Dirigées par un directeur général nommé en Conseil des
ministres et dotées d’un Conseil de surveillance, les ARS bénéficieront d’un
statut d’établissement public et fonctionneront avec leurs propres effectifs,
composé de fonctionnaires, praticiens hospitaliers et agents contractuels. Pour
répondre aux besoins locaux en soins et services médico-sociaux, elles
réguleront, orienteront et organiseront les services sanitaires. En liaison avec
tous les acteurs, elles devront lutter contre les inégalités en matière de santé
et contribuer au respect des grands équilibres financiers, en particulier de
l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie
(Ondam).
Décloisonner.
Concrètement, elles deviendront ainsi les uniques interlocutrices des hôpitaux
pour leurs contrats d’objectifs et de moyens. Elles évalueront les formations
des professionnels de santé et les assisteront au moment de leur installation.
Autre objectif affiché par la ministre de la Santé, à l’origine de la loi,
« supprimer les cloisons » entre médecine de ville et hôpital. La mission des
Agences s’étend également à la prévention, à la promotion des bons comportements
et à l’accompagnement médico-social. Leur mise en place doit être effective
avant le 1er juillet 2010.
Daniel Lenoir : « Un nouvel établissement public de 500 personnes
»
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Ancien
directeur de la Cnam et ancien directeur général de la Mutualité
française, Daniel Lenoir vient d'être nommé à la tête de l'Agence
régionale de santé du
Nord-Pas-de-Calais |
Dans quel
état d'esprit prenez-vous vos nouvelles fonctions
?
Cela fait vingt ans que l'on parle de
créer les Agences régionales de santé. Sur un plan personnel, participer à la
mise en œuvre concrète de cette réforme, que j'ai toujours soutenue, a donc un
côté exaltant. Très concrètement, il s'agit d'une réorganisation opérationnelle
au service d'un objectif majeur : aboutir à une meilleure organisation du
système de soins. Nous devons permettre l'accès à des soins de qualité pour
tous, en même temps qu'une plus grande régulation de la dépense, qui constitue
quand même l'une des plus importantes, tant pour les finances publiques que pour
les ménages, de manière directe ou au travers de la couverture complémentaire de
ces derniers. Les situations régionales étant extrêmement hétérogènes, cet
objectif ne peut être atteint au seul niveau national.
Quelles
sont vos priorités ?
L'urgence, la priorité absolue, c'est
la création de l'outil qui permet d'atteindre cet objectif, donc de cette ARS, à
partir des différents services qui vont la constituer et qui vont fusionner pour
tout ou partie ! Pour l'instant, elle n'existe que dans les textes. Et il n'est
pas simplement question de juxtaposer les sept organismes qui existaient déjà dans une nouvelle structure. Il
s'agit, très clairement, de créer une nouvelle entreprise, un nouvel
établissement public, qui devra développer au nom de l'Etat de nouvelles
compétences, notamment en matière d'adaptation des politiques aux territoires.
Viendra ensuite une deuxième étape, mais qu'il faut anticiper, l'élaboration du
projet régional de santé.
Concrètement, comment se passe le démarrage ?
Il passe par l'installation dans de
nouveaux locaux, où travailleront un peu plus de 500 collaborateurs. Il faut
également définir un nouvel organigramme, mettre en place des délégations
territoriales, une organisation, des modes de fonctionnement, et les soumettre
aux institutions représentatives du personnel... Parallèlement, nous devons
aussi préparer la mise en place du Conseil de surveillance, de la Conférence régionale de
santé et des Conférences de territoire. La loi nous impose d'être opérationnels
avant le 1er juillet 2010. Mais l'objectif est plutôt de mettre en place les ARS
au tout début du deuxième trimestre pour, ensuite, proposer et arrêter le projet
régional de santé et sa déclinaison, notamment dans les schémas régionaux de
prévention, d'organisation des soins et d'organisation médico-sociale, et le
programme de gestion du risque...
J'imagine
que vous traversez également une intense période de
consultations...
Cela va même au-delà de la simple
concertation. En même temps que j'installe une équipe chargée de monter les
fondations de l'ARS, j'ai constitué un collège rassemblant les directeurs de
tous les organismes qui doivent être intégrés dans l'Agence. Par ailleurs, je
prends mon bâton de pèlerin pour rencontrer et écouter mes interlocuteurs
régionaux : ceux de l'Etat, des collectivités territoriales, des secteurs
hospitalier, médical et médico-social, des usagers, des mutuelles
complémentaires... Je souhaite savoir ce qu'ils attendent de l'ARS, pour que
cette maison que nous sommes en train de construire soit aussi un endroit où
chacun puisse se retrouver.