Plusieurs
paramètres.
L'étude** s’intéresse à la santé des personnes de 55 ans et plus encore en âge
d’exercer une activité professionnelle, à leurs conditions de travail, mais
aussi à la perception qu'elles en ont : pénibilité, stress, possibilité de
prendre des initiatives, sentiment de récompense, perspectives... Elle met en
évidence les liens entre satisfaction au travail, taux d'emploi et état de santé
subjectif. Et identifie deux types de politique de maintien des seniors dans
l’emploi.
Deux
stratégies.
Une majorité de pays a opté pour une stratégie reposant essentiellement sur des
incitations financières et la restriction de l'accès aux dispositifs de
cessation anticipée d'activité. C'est le cas, par exemple, des pays
méditerranéens comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce, ou continentaux comme
l’Autriche, la Belgique ou la France. Dans ces pays, moins de la moitié des
personnes de 55 ans et plus occupe encore un emploi. La proportion de seniors se
jugeant incapables de prolonger leur activité jusqu'à 60 ans y est, en
outre, élevée.
Le
paradoxe français. L'étude
pointe du doigt les mauvaises performances de la France en termes de pénibilité,
et notamment de pression psychique et physique. Malgré des niveaux de santé
comparables à ceux enregistrés chez ses voisins continentaux, l’Hexagone
présente en effet, selon l'enquête, « un profil de seniors particulièrement
défavorable, (…) qui conduit à le rapprocher des pays du sud de
l'Europe ». Rythme de travail élevé, faible autonomie, mauvaise
ambiance amènent les salariés français les plus âgés à souhaiter cesser leur
activité professionnelle dès que possible.
L'exemple
nordique. À
l'inverse, les pays nordiques ont mené des politiques visant, par le biais
d'accords de branches, à améliorer les conditions de travail, à actualiser les
compétences des salariés âgés de plus de 55 ans par la formation permanente et à
lutter contre les discriminations. Le résultat semble positif : en Suède, le
taux d'emploi des seniors en âge de travailler approche 70%, il se situe autour
de 60% au Danemark et dépasse 55% en Finlande. Ces pays se révèlent également
les plus performants en termes de satisfaction au travail.
Le
lien santé-travail. Enfin,
l’étude
confirme sans surprise que des conditions de travail pénibles peuvent contribuer
à la détérioration de l'état de santé d'un individu. À l’inverse, une santé
précaire peut modifier la perception du travail. On note toutefois que la
satisfaction au travail exerce une influence bénéfique sur l'appréciation de son
état de santé. Ainsi, pour des niveaux de bonne santé équivalents, plus de 86%
des Suédois de plus de 55 ans se déclarent en bonne ou très bonne santé, contre
seulement 66% des Français ou 58% des Italiens.
* « Impact de différentes stratégies d'emploi sur la satisfaction au
travail et la santé perçue des seniors ». Enquête à partir de données
recueillies en Autriche, Allemagne, Suède, Pays-Bas, Espagne, Italie, France,
Danemark, Grèce, Suisse, Belgique.
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La version française peut être consultée
à l’adresse suivante : http://www.cee-recherche.fr/fr/doctrav/120-sante_penibilite_vie_active_comparaison_europeenne.pdf