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Médecin traitant : un acteur de la prévention
(mai 2009)
La proportion des personnes ayant choisi et déclaré un médecin traitant ne cesse de croître. Selon les chiffres de l'Assurance Maladie, elle atteignait 85 % à la fin de l'année dernière. Et l'impact en termes de prévention semble réel.

Un développement continu. Instauré à partir de janvier 2005 dans le cadre de la réforme de l'Assurance Maladie, le dispositif du médecin traitant ne cesse de se développer depuis cette date. Un an après sa mise en place, 70 % des patients avaient choisi et déclaré leur praticien de référence. Fin 2007, le pourcentage avait augmenté de 10 points. A la fin 2008, il s'élève à 85 %, et atteint même 96 % pour les personnes souffrant d'une Affection de longue durée (ALD). Dans la quasi-totalité des cas (99,5 %), il s'agit d'un médecin généraliste.

 

 

L'accent sur la prévention. Conçu pour instaurer un véritable parcours de santé et lutter contre le nomadisme médical, le dispositif devait également permettre au médecin traitant d'organiser dans la durée un suivi de prévention pour chacun de ses patients. Trois axes avaient été privilégiés : la vaccination antigrippale, le dépistage du cancer du sein et les risques de iatrogénie médicamenteuse*. Dans les trois cas, de réels progrès ont été mesurés.

 

 

Un impact quantifié. Ainsi, la proportion des personnes de 65 ans et plus vaccinées contre la grippe atteint 67 % chez les assurés ayant déclaré leur médecin traitant, contre 63 % pour l’ensemble de la tranche d'âge. Le taux de dépistage du cancer du sein chez les femmes de plus de 50 ans ayant déclaré un médecin traitant est passé de 66 % en 2006 à près de 70 % en juin 2008. Il est inférieur à 35 % pour les femmes n'ayant pas accompli la formalité. Enfin, une baisse de la consommation médicamenteuse est constatée parmi les personnes âgées ayant choisi un médecin traitant.

 

 

Une démarche nouvelle. En 2009, l'Assurance Maladie a franchi une nouvelle étape. Elle propose à tout médecin généraliste qui le souhaite de s'engager, à titre personnel, dans une véritable démarche de santé publique. Celle-ci consiste à évaluer, sur l'ensemble des patients l'ayant choisi comme médecin traitant, la progression réalisée dans plusieurs domaines : prévention, dépistage et suivi des maladies chroniques, optimisation des prescriptions avec, en particulier, un recours accru aux médicaments disposant d'un générique... Plusieurs objectifs chiffrés ont été fixés : 75 % des personnes d’au moins 65 ans vaccinés contre la grippe, 80 % des patientes âgées de 50 à 74 ans dépistées du cancer du sein, réduction à 7 % de la proportion de patients de 65 ans et plus traités par vasodilatateurs...

 

*Conséquence indésirable et négative sur l'état de santé de la prise de médicaments.

 

> En savoir plus : Parcours de soins coordonnés : vers un respect plus strict (mai 2009)

 

 

Catherine Bismuth :

« Les résultats sont très encourageants »

 

Catherine Bismuth est responsable de la Direction des assurés à la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).

 

Quelles sont pour vous les avancées les plus significatives ?

Des objectifs très clairs de prévention ont accompagné la mise en place du dispositif du médecin traitant et ont fait l'objet de négociations avec la profession. Ce qui me semble très important, avec le recul dont nous disposons maintenant, c'est que tous les thèmes de prévention ont enregistré des avancées intéressantes. Qu'il s'agisse de la vaccination antigrippale, du dépistage du cancer du sein ou de la prévention des risques de iatrogénie, les résultats sont très encourageants, même s'il reste du chemin à faire et si l'effort doit être poursuivi.

 

 

Dans quels domaines, par exemple ?

Nous pouvons encore gagner en homogénéité. Des disparités géographiques existent : pour ce qui est du cancer du sein, par exemple, le taux de dépistage se situe entre 71 et 82 % dans une bonne trentaine de départements. Il est compris entre 54 et 60 % dans huit autres. Cela résulte à la fois de l'implication des médecins traitants et de la structure des populations, plus ou moins réceptives aux campagnes de prévention. À nous, donc de renforcer les engagements et de mobiliser davantage les praticiens et les assurés qui ont besoin de l'être. Nous incitons également les médecins à optimiser leurs prescriptions.

 

 

D'autres thèmes de prévention vont-ils s'ajouter aux trois thèmes initiaux ?

Certains sont déjà venus s'y ajouter, comme la prévention des risques de la grossesse en juin 2008.  Dans les mois qui viennent, nous intégrerons également la prévention des risques cardio-vasculaires. Enfin, des travaux préparatoires sont en cours sur l'obésité chez les adolescents et les jeunes adultes. Toutes ces nouvelles actions s'accompagnent ou s'accompagneront d'un état des lieux au moment où on les engage, d'objectifs à atteindre et d'un suivi de l'évolution au plan national, mais aussi vis-à-vis de chaque professionnel.

 

 

Quel intérêt les médecins ont-ils à « jouer le jeu » ?
Vous avez bien compris qu'il s'agit d'abord et avant tout d'un enjeu de santé publique. Quand un médecin remplit les objectifs qui ont été fixés, la qualité est au rendez-vous : qualité pour sa patientèle, et qualité à l'échelon collectif. C’est pour cela que l'engagement qui a été passé avec les médecins dans le cadre de la négociation conventionnelle en 2009 prévoit un complément de rémunération lorsque ces objectifs sont atteints.

 

 

Cette démarche pourrait-elle aboutir, à terme, à un changement de mode de rémunération des médecins ?

Pour l'heure, nous travaillons sur l'innovation que représente le CAPI (Contrat d'amélioration des pratiques individuelles), avec ce complément de rémunération en rapport avec les résultats obtenus. Par ailleurs, des expérimentations sont en cours dans le cadre des lois de financement de la Sécurité sociale.

 

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