Quelles sont pour vous les avancées les plus
significatives ?
Des
objectifs très clairs de prévention ont accompagné la mise en place du
dispositif du médecin traitant et ont fait l'objet de négociations avec la
profession. Ce qui me semble très important, avec le recul dont nous disposons
maintenant, c'est que tous les thèmes de prévention ont enregistré des avancées
intéressantes. Qu'il s'agisse de la vaccination antigrippale, du dépistage du
cancer du sein ou de la prévention des risques de iatrogénie, les résultats sont
très encourageants, même s'il reste du chemin à faire et si l'effort doit être
poursuivi.
Dans quels domaines, par exemple
?
Nous
pouvons encore gagner en homogénéité. Des disparités géographiques existent :
pour ce qui est du cancer du sein, par exemple, le taux de dépistage se situe
entre 71 et 82 % dans une bonne trentaine de départements. Il est compris entre
54 et 60 % dans huit autres. Cela résulte à la fois de l'implication des
médecins traitants et de la structure des populations, plus ou moins réceptives
aux campagnes de prévention. À nous, donc de renforcer les engagements et de
mobiliser davantage les praticiens et les assurés qui ont besoin de l'être. Nous
incitons également les médecins à optimiser leurs
prescriptions.
D'autres thèmes de prévention vont-ils s'ajouter aux trois
thèmes initiaux ?
Certains
sont déjà venus s'y ajouter, comme la prévention des risques de la grossesse en
juin 2008. Dans les mois qui
viennent, nous intégrerons également la prévention des risques
cardio-vasculaires. Enfin, des travaux préparatoires sont en cours sur l'obésité
chez les adolescents et les jeunes adultes. Toutes ces nouvelles actions
s'accompagnent ou s'accompagneront d'un état des lieux au moment où on les
engage, d'objectifs à atteindre et d'un suivi de l'évolution au plan national,
mais aussi vis-à-vis de chaque professionnel.
Quel intérêt les médecins ont-ils à « jouer le
jeu » ?
Vous
avez bien compris qu'il s'agit d'abord et avant tout d'un enjeu de santé
publique. Quand un médecin remplit les objectifs qui ont été fixés, la qualité
est au rendez-vous : qualité pour sa patientèle, et qualité à l'échelon
collectif. C’est pour cela que l'engagement qui a été passé avec les médecins
dans le cadre de la négociation conventionnelle en 2009 prévoit un complément de
rémunération lorsque ces objectifs sont atteints.
Cette démarche pourrait-elle aboutir, à terme, à un
changement de mode de rémunération des médecins ?
Pour l'heure, nous travaillons sur l'innovation que représente le
CAPI (Contrat d'amélioration des pratiques individuelles), avec ce complément de
rémunération en rapport avec les résultats obtenus. Par ailleurs, des
expérimentations sont en cours dans le cadre des lois de financement de
la Sécurité
sociale.