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Adolescents : pas très équilibrés, mais heureux (avril 2009)
Ne dormant pas assez, passant trop de temps devant des écrans d'ordinateur, de console de jeu ou de télévision, mais positifs et heureux... C'est ainsi qu'une récente étude conduite par la CPAM et l'académie de Paris dépeint les adolescents d'aujourd'hui.

Étude en ligne. Baptisée « Dispositif informationnel sur les environnements de santé des élèves parisiens » (Diese), l'enquête* a été menée pendant l'année scolaire 2007-2008 par le rectorat et la Caisse primaire d'assurance maladie de Paris. 7 912 élèves de la 6ème à la 3ème, répartis dans vingt-deux collèges de la capitale, ont répondu à un questionnaire en ligne sur leurs comportements et leurs habitudes. Si l’étude confirme des aspects déjà connus, elle délivre aussi des enseignements plus inattendus qui retiennent l’attention, en gardant toutefois à l’esprit que l’enquête a été conduite sur la base du volontariat.

 

Coucher tardif. Premier enseignement, les jeunes veillent de plus en plus tard. Selon l'étude, 82 % des élèves de troisième déclarent se coucher après 22 heures la veille d’un jour de classe. Plus d’un quart d’entre eux ne s'endort pas avant minuit. Dès la 6ème, 25 % des filles et 38 % des garçons avouent s'être couchés après 22 heures la veille. D'après un rapport  remis en 2007 au ministère de la Santé**, les adolescents auraient ainsi perdu deux heures de sommeil par nuit en 30 ans. À cet âge, ils ont pourtant besoin de dormir 10 heures pour récupérer.

 

Génération écrans. Principale responsable de ce décalage, l'arrivée massive des ordinateurs et des postes de télévision dans la chambre des adolescents. La moitié des élèves de 3ème interrogés (45 % des filles, 55 % des garçons) reconnaît en effet rester plus de trois heures par jour devant un écran, auxquelles s'ajoutent les envois de textos par téléphone portable. Là encore, les habitudes se prennent tôt : en 6ème, plus du quart des filles et du tiers des garçons passent déjà plus de trois heures par jour à « chatter » sur des messageries ou visionner des vidéos. Avec une conséquence directe : l'étude estime à 7 % la proportion d'élèves victimes de somnolence pendant la journée.

 

Globalement heureux. Activité physique insuffisante, surtout chez les filles,  alimentation déséquilibrée, ennui fréquent au collège (un adolescent sur deux en troisième)... les autres résultats de l'étude semblent dessiner un portrait bien sombre des jeunes Français. Pourtant, plus des trois quarts d'entre eux portent un regard positif sur leur existence. Appelés à y mettre une note de 0 à 10,74% des filles et 77 % des garçons de 3ème ont, en effet, donné une note supérieure à la moyenne à leur vie actuelle. Ils sont encore plus nombreux (85 %) à juger bonnes ou très bonnes les relations avec leurs parents.

 

* http://infodoc.santenpdc.org/wp-content/uploads/2009/01/rapportdiese20072008.pdf

** http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/giordanella_sommeil/rapport.pdf

Des addictions plus préoccupantes

 

Malgré les nombreuses campagnes de prévention, l'étude révèle également des tendances plus inquiétantes, notamment en matière d'addictions. Relativement anecdotique à l'entrée au collège, la consommation d'alcool, tabac ou cannabis ne cesse ensuite de croître jusqu'à la troisième. Le pourcentage des consommateurs d’alcool passe ainsi de 4 % à 33 % chez les filles et de 9 % à 30 % pour les garçons. Plus d'un élève de 3ème sur 10 (12 % des filles, 13 % des garçons) déclare fumer du cannabis.

 

Contrairement aux idées reçues, ce phénomène d'addictions n'est pas une exclusivité masculine. Le tabagisme est même plus développé chez les filles (17 % de fumeuses en 3ème) que pour les jeunes garçons (11 %).

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