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Risque-Prévoyance  Magazine
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Aeras : premier bilan positif (décembre 2008)
Moins de deux ans après son entrée en vigueur, les autorités dressent un premier bilan positif de la convention Aeras (s'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé).

De réelles avancées. Mise en place en janvier 2007, en remplacement de la convention Belorgey, la convention Aeras vise à faciliter l'accès des personnes atteintes de maladies graves au crédit, et à l'assurance emprunteur généralement demandée lors de la souscription du prêt*. Deux ans après son entrée en vigueur, autorités, professionnels de la banque et de l’assurance ainsi qu’associations de malades s’accordent à reconnaître de réelles avancées.

 

 

Le bilan chiffré. En 2007, 431 028 demandes d’assurance emprunteur, soit un peu moins de 10% du total, présentaient un risque de santé aggravé. Dans 95 % des situations, les emprunteurs ont directement reçu une proposition d’assurance, sans devoir faire l’objet d’un réexamen plus détaillé. Et dans 34,3 % des cas, l’assurance-décès a été accordée dans des conditions standard, sans surprime ni exclusion.  Finalement, seuls 5 413 dossiers – soit 1,26 % des demandes - ont fait l’objet d’un refus. Selon le président de la commission de médiation créée en même temps que la convention, aucun pays d’Europe n’affiche un taux de refus aussi bas.

 

 

Gagner en réactivité. Par delà ces résultats, les associations de patients saluent les améliorations observées dans le domaine de l’information des malades. Elles notent également que des personnes qui étaient exclues du crédit y ont désormais accès. Elles souhaitent pour l’avenir que les propositions d’assurance invalidité soient plus nombreuses et que les progrès thérapeutiques enregistrés pour certaines maladies soient plus rapidement pris en compte dans le calcul des primes.

 

 

Un collège de médecins. A cet effet, le gouvernement vient d'annoncer la mise en place d'un observatoire. Un collège de médecins examinera, à partir de cas individuels rendus anonymes, les décisions prises sur les risques les plus graves pour des pathologies pour lesquelles sont intervenus de nouveaux traitements, afin d'évaluer la prise en compte par les assureurs des progrès médicaux.

Le champ de compétence de la plate-forme téléphonique Aidea (0810 111 101), jusqu'alors destinée aux personnes atteintes de cancers, devra selon des modalités appropriées être élargi à l'ensemble des personnes présentant un risque aggravé de santé.

 

*voir http://www.cnp.fr/Risque-Prevoyance/Magazine/art_2339.htm

 

 

Agnès Canarelli : « Les premiers résultats sont très positifs »

Agnès Canarelli est responsable technique à la direction des assurances de personnes à la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA).

 

 

Quel regard les assureurs portent-ils sur le bilan de la convention Aeras ?

 

A nos yeux, ce bilan est très positif. Sur près de 4 millions et demi de demandes d'assurance, seules un peu moins de 5500 font l'objet d'un refus. Par delà ces chiffres, nous avons également cherché à connaître le montant des surprimes demandées en assurance décès et en PTIA (Perte totale et irréversible d'autonomie). Nous nous sommes rendu compte que, dans près de la moitié des cas de surprime, cette majoration est inférieure à 50%. C'est d'autant plus significatif que les tarifs de départ sont assez bas.


Vous évoquez l'invalidité. Pour les associations de malades, c'est dans ce domaine que les progrès sont insuffisants.

 

La mise en place de ces garanties est relativement récente et je pense qu'il faut encore attendre un peu pour en trouver la traduction dans les chiffres. Il faut bien comprendre que les évolutions mesurées par l'étude ont été obtenues dans des délais très courts. La convention Aeras a été signée en juillet 2006. Elle a pris effet au 1er janvier 2007 et la commission de suivi a rendu son rapport 18 mois plus tard. Entre temps, les assureurs ont dû mettre en place toutes les dispositions de la convention, qui est quand même assez différente de la précédente. Les indicateurs de suivi, qui permettent d'en quantifier les résultats, ont notamment demandé d'importants développements informatiques.

 

 

Ces associations regrettent également que les évolutions thérapeutiques ne soient pas davantage prises en compte dans l'évaluation des risques.

 

C'est effectivement un sujet récurrent. Quand nous assurons une personne pour un prêt, nous nous engageons pour dix ou vingt ans. Et il est impossible de répercuter immédiatement des avancées récentes sur les vingt années à venir. Les assureurs ont besoin de recul, et c'est ce qui peut induire une impression de décalage. Mais il n'empêche que les progrès thérapeutiques sont quand même pris en compte.

 

 

Un autre domaine a beaucoup évolué par rapport à la convention Belorgey, c'est celui de l'information des usagers...

 

C'est effectivement un autre aspect important, qui n'est pas pris en compte dans les chiffres. Mais on sait qu'avant la mise en place de la convention Aeras, certaines personnes présentant des risques aggravés n'effectuaient même pas de demande de crédit, car elles ignoraient leurs droits. La création d'un site dédié à la convention* et la désignation de référents bancaires, c'est-à-dire de personnes chargées d'informer leurs clients présentant des risques aggravés des possibilités qui s'offrent à eux, ont permis d'augmenter la notoriété de la convention. Ce qui a, de fait, permis l'accès au crédit de personnes qui en étaient jusqu'à présent exclues.

 

 

*www.aeras-infos.fr

 
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