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De multiples bienfaits. Dans une étude récente, l’Inserm (Institut
national de la santé et de la recherche médicale) réaffirme les liens unissant
santé et activité physique. Diminution du risque de mortalité, prévention de
certaines pathologies chroniques (cancer, maladies cardiovasculaires,
diabète...), aide au traitement d’autres affections (obésité et diabète de type
2, maladies neurologiques, rhumatismales et dégénératives...), les effets d’une
activité physique, même modérée, sont perceptibles à tous les âges de la
vie.
Des messages plus clairs. Fort de ces
conclusions, l’Institut milite pour une meilleure diffusion auprès du grand
public de la dimension préventive et thérapeutique de l’activité physique. Il
préconise, en particulier, une multiplication des campagnes d’information
utilisant des repères faciles à mémoriser et des consignes claires sur les
efforts à consentir : 30 minutes par jour, à prendre sur les temps de
déplacements quotidiens, 400 mètres correspondant à 5 minutes de marche.
Des campagnes mieux ciblées. L’Inserm recommande de
mieux adapter les messages aux populations ciblées. Ces campagnes devraient, par
exemple, viser spécifiquement les jeunes filles de 12 à 17 ans. Plusieurs études
soulignent, en effet, un déclin de l'activité physique au sein de cette
population. L’institut suggère également que soit renforcée la formation des
professionnels de santé sur ce thème. Il propose, en particulier, d’ajouter dans
les études de médecine un module spécifique sur l’activité physique dans la
prise en charge des pathologies chroniques et d’assurer la formation continue
des médecins confrontés à des pathologies de l’appareil locomoteur et/ou à la
sédentarité.
Encourager la pratique. Pour favoriser
véritablement la pratique sportive, les experts souhaitent que les entreprises
développent des espaces dédiés aux activités physiques dans leurs propres
locaux, voire pendant le temps de travail. Enfin, ils conseillent d'intégrer la
dimension familiale dans les campagnes d'information. Pour eux, favoriser la
pratique en famille (enfants, parents, grands-parents) permettrait d'accroître
les échanges intergénérationnels et l'attention aux besoins de chaque
génération.
Jean-François Arnal : « Il faut changer notre vision du
sport »
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Spécialiste
des maladies cardio-vasculaires à Toulouse, le professeur Jean-François
Arnal a participé aux travaux de
l’Inserm. |
Est-il encore vraiment nécessaire
d’organiser des campagnes d’information sur les bienfaits de l’activité physique
?
Il est vrai qu’aujourd’hui, tout le monde a
conscience que faire un minimum de sport est bon pour la santé, de la même
manière que plus personne n’ignore les méfaits du tabac. Mais notre société
médiatise trop l’exceptionnel et néglige le quotidien. On magnifie le tour de
France et les Jeux olympiques. Mais la compétition à outrance, dont on connaît
toutes les dérives et les zones d’ombre, est une mauvaise vitrine du sport.
L’exercice physique doit être vu, et donc montré, comme quelque chose de
ludique, comme un facteur de cohésion sociale, de bien-être et de plaisir.
L’Inserm souhaite que
les campagnes soient mieux ciblées. En quoi est-ce important
?
Toucher un public aussi large que possible est,
bien sûr, notre objectif. Mais nous devons nous adapter aux personnes auxquelles
nous nous adressons. Convaincre les jeunes, en particulier, est d’autant plus
fondamental que ce que l’on apprend pendant l’enfance et l’adolescence
s’applique ensuite plus facilement à la vie adulte. Cela dit, toutes les
campagnes du monde ne serviront pas à grand-chose si rien n’est fait pour
multiplier les lieux où pratiquer un sport et les occasions d’avoir une activité
physique. Aux Pays-Bas, par exemple, des espaces de marche sont imposés pour
aller d’un point à un autre en transports en commun. Cela me semble une piste
intéressante.
Vous évoquiez tout
à l’heure le lien social. Est-ce dans cet esprit que vous souhaitez développer
la pratique sportive en famille ou sur le lieu de travail ?
Bien sûr. Une fois de temps en temps, aller
marcher ou faire du vélo ensemble, plutôt que de regarder la télévision permet
d’instaurer d’autres rapports entre générations, tout en donnant aux enfants le
goût de l’exercice. Cela me paraît tout aussi évident dans le monde du travail.
Je rentre du Québec où j’ai notamment visité une entreprise. En allant déjeuner,
vous passez devant une grande salle vitrée dans laquelle de nombreux salariés
font du sport entre 12 et 14 heures. Il y a, chez nous, beaucoup de grandes
sociétés où il devrait être possible d’en faire autant. Les effets ne pourraient
être que bénéfiques, à la fois sur la santé des gens, sur leur sentiment
d’appartenance à l’entreprise et sur les liens entre les employés.
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