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Santé : mieux communiquer sur les bienfaits
du sport (octobre 2008)
L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) souhaite que soit organisée une vaste campagne de communication sur les bienfaits d'une activité physique régulière.

De multiples bienfaits. Dans une étude récente, l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) réaffirme les liens unissant santé et activité physique. Diminution du risque de mortalité, prévention de certaines pathologies chroniques (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète...), aide au traitement d’autres affections (obésité et diabète de type 2, maladies neurologiques, rhumatismales et dégénératives...), les effets d’une activité physique, même modérée, sont perceptibles à tous les âges de la vie.


Des messages plus clairs. Fort de ces conclusions, l’Institut milite pour une meilleure diffusion auprès du grand public de la dimension préventive et thérapeutique de l’activité physique. Il préconise, en particulier, une multiplication des campagnes d’information utilisant des repères faciles à mémoriser et des consignes claires sur les efforts à consentir : 30 minutes par jour, à prendre sur les temps de déplacements quotidiens, 400 mètres correspondant à 5 minutes de marche.


Des campagnes mieux ciblées. L’Inserm recommande de mieux adapter les messages aux populations ciblées. Ces campagnes devraient, par exemple, viser spécifiquement les jeunes filles de 12 à 17 ans. Plusieurs études soulignent, en effet, un déclin de l'activité physique au sein de cette population.
L’institut suggère également que soit renforcée la formation des professionnels de santé sur ce thème. Il propose, en particulier, d’ajouter dans les études de médecine un module spécifique sur l’activité physique dans la prise en charge des pathologies chroniques et d’assurer la formation continue des médecins confrontés à des pathologies de l’appareil locomoteur et/ou à la sédentarité.


Encourager la pratique. Pour favoriser véritablement la pratique sportive, les experts souhaitent que les entreprises développent des espaces dédiés aux activités physiques dans leurs propres locaux, voire pendant le temps de travail. Enfin, ils conseillent d'intégrer la dimension familiale dans les campagnes d'information. Pour eux, favoriser la pratique en famille (enfants, parents, grands-parents) permettrait d'accroître les échanges intergénérationnels et l'attention aux besoins de chaque génération.



Jean-François Arnal : « Il faut changer notre vision du sport »

 

Spécialiste des maladies cardio-vasculaires à Toulouse, le professeur Jean-François Arnal a participé aux travaux de l’Inserm.

 

 







Est-il encore vraiment nécessaire d’organiser des campagnes d’information sur les bienfaits de l’activité physique ?

Il est vrai qu’aujourd’hui, tout le monde a conscience que faire un minimum de sport est bon pour la santé, de la même manière que plus personne n’ignore les méfaits du tabac. Mais notre société médiatise trop l’exceptionnel et néglige le quotidien. On magnifie le tour de France et les Jeux olympiques. Mais la compétition à outrance, dont on connaît toutes les dérives et les zones d’ombre, est une mauvaise vitrine du sport. L’exercice physique doit être vu, et donc montré, comme quelque chose de ludique, comme un facteur de cohésion sociale, de bien-être et de plaisir.


L’Inserm souhaite que les campagnes soient mieux ciblées. En quoi est-ce important ?

Toucher un public aussi large que possible est, bien sûr, notre objectif. Mais nous devons nous adapter aux personnes auxquelles nous nous adressons. Convaincre les jeunes, en particulier, est d’autant plus fondamental que ce que l’on apprend pendant l’enfance et l’adolescence s’applique ensuite plus facilement à la vie adulte. Cela dit, toutes les campagnes du monde ne serviront pas à grand-chose si rien n’est fait pour multiplier les lieux où pratiquer un sport et les occasions d’avoir une activité physique. Aux Pays-Bas, par exemple, des espaces de marche sont imposés pour aller d’un point à un autre en transports en commun. Cela me semble une piste intéressante.


Vous évoquiez tout à l’heure le lien social. Est-ce dans cet esprit que vous souhaitez développer la pratique sportive en famille ou sur le lieu de travail ?

Bien sûr. Une fois de temps en temps, aller marcher ou faire du vélo ensemble, plutôt que de regarder la télévision permet d’instaurer d’autres rapports entre générations, tout en donnant aux enfants le goût de l’exercice. Cela me paraît tout aussi évident dans le monde du travail. Je rentre du Québec où j’ai notamment visité une entreprise. En allant déjeuner, vous passez devant une grande salle vitrée dans laquelle de nombreux salariés font du sport entre 12 et 14 heures. Il y a, chez nous, beaucoup de grandes sociétés où il devrait être possible d’en faire autant. Les effets ne pourraient être que bénéfiques, à la fois sur la santé des gens, sur leur sentiment d’appartenance à l’entreprise et sur les liens entre les employés.

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