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Arrêts maladie : vers un nouveau mode de prise en charge ? (mai 2008)
Dans un avis qu'il vient de rendre, le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) s'interroge sur l'opportunité de transférer à l'employeur la prise en charge des premières semaines d'arrêt maladie des salariés.

La situation actuelle. Pour l’heure, la prise en charge des arrêts de travail par l'assurance maladie s'effectue à partir du 4ème jour. La CPAM* verse alors au salarié 50 % de son salaire journalier de base, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (soit 46,22 € brut par jour au 1er janvier 2008). Le manque à gagner éventuel est généralement compensé par les assurances complémentaires**.

 

 

Un transfert vers les entreprises. Dans son dernier avis, le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie dresse plusieurs constats relatifs à cette situation :

  • la protection des travailleurs est inégale ;
  • le taux d'indemnisation diminue lorsque les arrêts de travail se prolongent ;
  • le système est coûteux pour les entreprises comme pour les finances publiques ;
  • il pénalise les ménages qui ne sont pas couverts par une complémentaire santé. 

Pour y remédier, le HCAAM suggère que les indemnités des « premières semaines », dont le taux serait défini légalement, soient versées par les employeurs, en échange d'un allègement de leurs cotisations sociales. Autre contrepartie : les prestations de l'assurance maladie sur les arrêts de longue durée seraient améliorées.

 

 

Un traitement plus pertinent. Pour le HCAAM, cette mesure engendrerait « un traitement plus pertinent de l'absentéisme par les entreprises » et inciterait à la mise en place d'actions de prévention.

 

Le Haut conseil suggère également de supprimer l’exonération fiscale dont bénéficient les indemnités journalières des assurés en longue maladie. Les sommes dégagées (220 millions d’euros) permettraient d’augmenter l’indemnité journalière minimale et la pension minimale d’invalidité. 

 

 

* Caisse primaire d’assurance maladie.

** Plus d’informations sur le site de l’assurance maladie 

 

 

 

Christiane Basset : « Travailler aussi en amont »

 

Chargée du dossier « Santé-Vieillesse » à l'Union nationale des associations familiales (Unaf), Christiane Basset est l'une des trois représentants des usagers au sein du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie.

 

 

En tant que représentante des familles, que pensez-vous des propositions du Haut conseil ?

 

Personnellement, je trouve tout ce travail très intéressant. Il a le mérite de poser un débat entre toutes les parties concernées. Pour ce qui est de la principale proposition sur la prise en charge des premières semaines d'arrêt par les entreprises, je dois reconnaître qu'elle ne constitue pas, pour l’Unaf, le point essentiel. En revanche, ce qui est important, c'est que les délais de versement aux familles soient raccourcis et que l'examen administratif et médical des dossiers soit aussi rapide que possible.

 


Vous êtes, peut-on supposer, favorable à l'augmentation de l'indemnité journalière et de la pension d'invalidité minimales ?

 

Évidemment, même s'il faut, en contrepartie, supprimer un avantage dont bénéficiaient les assurés en longue maladie. Mais le Haut conseil s'est montré très vigilant sur le financement de ses propositions, dans la mesure où nous ne pouvions pas faire abstraction de la situation financière de l'assurance maladie. Nos propositions vont donc simplement, le plus souvent, dans le sens d'une répartition différente des moyens.

 


Quels points mériteraient, selon vous, d'être encore approfondis ?

 

Il y a sans doute encore des progrès à faire chez les professionnels de santé. Au niveau de la coordination, d'abord. Médecin traitant, médecin du travail et médecin conseil doivent sans doute, avec l'accord du patient, travailler davantage ensemble. Cela me semble notamment important en matière de prévention et pour préparer le retour au travail après les arrêts plus longs.

Et puis, même si des efforts ont été faits depuis plusieurs années avec, en particulier, un renforcement des contrôles, la prescription des arrêts de travail peut encore être améliorée. Elle est encore trop souvent inadaptée au regard des pathologies.

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