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Emploi : les dessous de la " flexicurité " danoise (mars 2008)
Depuis quelques années, la politique de l'emploi menée au Danemark attire l'attention des observateurs internationaux. Baptisée " flexicurité ", sa caractéristique principale est fréquemment citée en modèle. Une étude récente de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires) en démonte les rouages.

Le triangle d’or. Le concept de flexicurité consiste à concilier flexibilité et sécurité, pour que les deux principes se renforcent mutuellement plutôt que de s’opposer. Ainsi, au Danemark, la facilité des entreprises à embaucher et à licencier est associée à une politique de l’emploi active, axée sur la reconversion et la formation continue, ainsi qu’à des indemnités de chômage élevées. Versées pendant quatre ans, ces dernières peuvent atteindre presque 85% des salaires les moins élevés.

 

Connu sous le nom de « triangle d’or », ce système est devenu le point central de toutes les analyses. Mais le document de l’Ires souligne qu’il ne peut, à lui seul, résumer la flexicurité danoise.

 

 

Le rôle des partenaires sociaux. Selon l’auteur de l’étude, les processus sociaux revêtent également une importance décisive. Dans un pays où 80% des salariés sont syndiqués, ces processus se caractérisent par une régulation fondée sur les conventions collectives plutôt que sur la législation. Les acteurs sociaux négocient ensemble la majeure partie des règles du monde du travail (salaires, temps de travail, régimes de pension, jours de congés payés consacrés aux soins apportés à des membres de la famille, fonds de formation continue ou de congé maternité...).

 

Ces accords sectoriels servent ensuite de cadre aux accords locaux négociés dans les entreprises. Ils ont une validité de deux à trois ans, pendant lesquels la paix sociale est une obligation. Le recours à la grève n’est autorisé que pendant la négociation collective. En contrepartie, pendant les conflits, les employeurs ne peuvent décréter de fermeture temporaire de leur entreprise.

 

 

La culture du consensus. Dans ce système, le respect des intérêts divergents de l’autre partie est naturel pour les deux partenaires. Cette relation sociale, davantage fondée sur le consensus que sur le conflit, et les accords qui en ont résulté, ont exercé une profonde influence sur le marché du travail danois. Cette culture de la négociation a en effet permis le développement de la mobilité, le recours aux horaires flexibles et l’autonomie laissée aux salariés, qui comptent aujourd’hui parmi les plus élevés d’Europe. Toutes ces caractéristiques sont parfaitement intégrées par les salariés danois.

 

 

Des salariés confiants. Paradoxalement, dans un pays où le recours aux licenciements est facilité, ils ne sont ainsi que 44% à se déclarer « très peu sûrs de leur emploi », contre une moyenne de 70% dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Pour l’Ires, l’exemple danois montre donc que la sécurité n’est pas forcément une barrière à la flexibilité du marché du travail, mais qu’elle peut au contraire la créer et l’augmenter.

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