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Le triangle d’or. Le concept de flexicurité consiste à
concilier flexibilité et sécurité, pour que les deux principes se renforcent
mutuellement plutôt que de s’opposer. Ainsi, au Danemark, la facilité des
entreprises à embaucher et à licencier est associée à une politique de l’emploi
active, axée sur la reconversion et la formation continue, ainsi qu’à des
indemnités de chômage élevées. Versées pendant quatre ans, ces dernières peuvent
atteindre presque 85% des salaires les moins élevés.
Connu sous
le nom de « triangle d’or », ce système est devenu le point central de
toutes les analyses. Mais le document de l’Ires souligne qu’il ne peut, à lui
seul, résumer la flexicurité danoise.
Le rôle des partenaires sociaux. Selon l’auteur de l’étude,
les processus sociaux revêtent également une
importance décisive. Dans un pays où 80% des salariés sont syndiqués, ces
processus se caractérisent par une régulation fondée sur les conventions
collectives plutôt que sur la législation. Les acteurs sociaux négocient
ensemble la majeure partie des règles du monde du travail (salaires, temps de
travail, régimes de pension, jours de congés payés consacrés aux soins apportés
à des membres de la famille, fonds de formation continue ou de congé
maternité...).
Ces accords
sectoriels servent ensuite de cadre aux accords locaux négociés dans les
entreprises. Ils ont une validité de deux à trois ans, pendant lesquels la paix
sociale est une obligation. Le recours à la grève n’est autorisé que pendant la
négociation collective. En contrepartie, pendant les conflits, les employeurs ne
peuvent décréter de fermeture temporaire de leur entreprise.
La culture du consensus. Dans ce système, le respect des intérêts divergents de
l’autre partie est naturel pour les deux partenaires. Cette relation sociale,
davantage fondée sur le consensus que sur le conflit, et les accords qui en ont
résulté, ont exercé une profonde influence sur le marché du travail danois.
Cette culture de la négociation a en effet permis le développement de la
mobilité, le recours aux horaires flexibles et l’autonomie laissée aux salariés,
qui comptent aujourd’hui parmi les plus élevés d’Europe. Toutes ces
caractéristiques sont parfaitement intégrées par les salariés
danois.
Des salariés confiants. Paradoxalement, dans un pays où le recours aux
licenciements est facilité, ils ne sont ainsi que 44% à se déclarer « très
peu sûrs de leur emploi », contre une moyenne de 70% dans l’ensemble des
pays de l’OCDE. Pour l’Ires, l’exemple danois montre donc que la sécurité n’est
pas forcément une barrière à la flexibilité du marché du travail, mais qu’elle
peut au contraire la
créer et l’augmenter.
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