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Des résultats
satisfaisants.
Initié en 2002 par l’Assurance Maladie, le programme antibiotiques visait à
diminuer d'un quart en cinq ans la consommation de ce type de médicaments*.
L'objectif est pratiquement atteint, puisque la baisse s'élève à 23,4% depuis le
début du plan. Ce recul correspond à près de 27 millions de traitements évités
depuis 2002 (soit près de 850 millions d’euros d’économie). Les progrès sont
encore plus nets chez les enfants, où la prescription d'antibiotiques a diminué
de 34,3% chez les moins de cinq ans et 35,4% chez les 6-15 ans.
Un effort
à poursuivre.
Élément
encourageant, la baisse se poursuit, et même s'accentue depuis quatre ans.
La
moyenne nationale de prescriptions pour l’hiver 2006-2007 s'établit ainsi à 5,1
prescriptions pour 10 habitants, contre 6,7 prescriptions pour 10 habitants
avant le lancement du programme.
Ces
bons résultats doivent cependant être relativisés. La France demeure, en effet, le
deuxième consommateur d'antibiotiques en Europe, juste derrière la Grèce. Une nouvelle
phase du plan a donc été lancée auprès des professionnels de santé comme du
grand public. Elle se poursuivra jusqu'en
2010.
Un
enjeu thérapeutique. L'enjeu est de
taille : des études prouvent que plus
les antibiotiques sont utilisés dans un pays, plus la résistance bactérienne y
est forte. Ainsi, le taux de résistance du pneumocoque à la pénicilline restait,
en France, en 2006, un des plus élevés d’Europe.
Sans
un usage raisonné des antibiotiques, des infections aujourd’hui bénignes, comme
les infections urinaires ou intestinales, pourraient ainsi connaître, selon les
experts, une recrudescence et devenir plus préoccupantes. Les décès dus à des
maladies plus graves, comme les pneumonies ou les méningites, seraient également
beaucoup plus fréquents, faute de solution thérapeutique efficace.
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Les antibiotiques permettent de traiter des maladies infectieuses d’origine
bactérienne, mais ils sont sans effet sur les infections d’origine
virale.
Pr Hubert Allemand: « On peut modifier les
comportements »
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 © Philippe Caumes
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Le
Professeur Hubert Allemand est le médecin conseil national de
la Caisse
nationale d’Assurance
Maladie. |
Quels commentaires vous inspirent les résultats de la première
phase du programme antibiotiques ?
Pour
nous, il s'agit d'une grande réussite pour plusieurs raisons. C'est d'abord une
réussite sanitaire. Baisser d'un quart la consommation d'antibiotiques dans un
pays qui y a davantage recours que ses voisins et qui était confronté à des
problèmes de résistance bactérienne, c'est évidemment un succès. Ensuite, ce
programme montre que, quand on s'en donne les moyens, on peut modifier les
comportements. D'autant que, sur un sujet aussi emblématique que celui-là, il
s'agissait d'une véritable gageure.
Comment expliquez-vous ce succès
?
Derrière
cette réussite, il y a vraiment une action de fond, qui a impliqué l'ensemble
des acteurs. Pendant plusieurs années, les prescripteurs ont été sensibilisés
par les médecins conseils et les délégués de l'Assurance Maladie. Le test de
dépistage des angines est arrivé au bon moment et nous a bien aidés. Nous avons
aussi agi sur le grand public, car il fallait que les patients comprennent
pourquoi leur médecin refusait parfois de prescrire des antibiotiques. Enfin,
nous avons également mené des actions très ciblées vers tous les professionnels
de la petite enfance : crèches, haltes-garderies, PMI...
Vous évoquiez l'enjeu thérapeutique et les résistances
bactériennes. Est-ce un domaine qui vous inquiète encore
?
Tout
à fait. Les résistances ont baissé, mais elles sont encore fortes. Par ailleurs,
si nous relâchions l'action, nous courrions le risque de voir la résistance
bactérienne augmenter de nouveau. Les experts montrent en effet que la situation
est très mouvante. Rien n'est encore gagné et l'équilibre sera toujours fragile.
Nous sommes donc confrontés à un véritable enjeu d'utilisation durable des
antibiotiques. En effet, aujourd'hui, ce ne sont pas des médicaments très portés
par la recherche pharmaceutique, et
peu d'antibiotiques nouveaux voient le jour. Il faut donc absolument pouvoir
continuer à soigner avec les moyens actuellement à notre
disposition.
C'est la raison pour laquelle le programme est entré dans une
deuxième phase. Vous êtes-vous fixé un nouvel objectif chiffré ?
Pas
encore de façon précise, car nous souhaitons le définir en liaison avec le
ministère. Disons, même si cela deviendra sans doute un peu plus difficile, que
nous souhaiterions pouvoir conserver une baisse de 4 ou 5% par an pendant les
trois ans qui viennent. Nous allons donc continuer notre action auprès des
médecins, notamment en poursuivant la promotion du test de diagnostic rapide des
angines dont je vous parlais tout à l'heure. Nous en avons, en particulier,
élargi la diffusion gratuite aux établissements hospitaliers. Pour le grand
public, nous avons légèrement
modifié notre message. Après avoir « cassé le réflexe », nous essayons
désormais d'expliquer dans quelles circonstances les antibiotiques sont utiles
ou pas. En plus des campagnes publicitaires, nous avons également renforcé notre
présence sur Internet, avec un site entièrement dédié à ce sujet*. L'autre
nouveauté concerne le champ de la petite enfance : nous allons impliquer les
assistantes maternelles, qui assurent en effet la garde du quart des enfants de
moins de trois ans. Nous sommes dans une action comportementale. Il faut donc
être endurants, car la
France reste, malgré tout, un des plus gros consommateurs
d'antibiotiques en Europe.
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http://www.antibiotiquespasautomatique.com/
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