English  |  Español  |  Portuguese  |  Italiano                                 Contact | Newsletter
 


















 
Risque-Prévoyance  Magazine
Actualités I Ailleurs I Au quotidien I Sommaire
 
Médicaments : les prises en charge en Allemagne, Angleterre et France (juillet 2006)
En France, les dépenses de médicaments sont deux fois plus élevées qu'en Angleterre et une fois et demie plus importantes qu'en Allemagne. Pour tenter d'en comprendre les raisons, l'Irdes (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé) a cherché à mesurer l'impact de la prise en charge sur la consommation des produits pharmaceutiques dans ces trois pays.

Des modes de régulation différents. En Allemagne, la réforme de 2004 a abouti à une diminution importante du nombre des produits pris en charge. En outre, un dispositif d'objectifs de prescription, ajusté par spécialité et tenant compte des chiffres de l'année précédente, est appliqué à chaque médecin depuis 1998.

 

En Angleterre, des listes recensent les médicaments pris en charge et les bonnes pratiques de prescription. Les patients participent aux dépenses en s'acquittant d'une somme forfaitaire de 6,40 livres (environ 10 €) pour chaque médicament prescrit. Même si 85% des prescriptions en sont finalement exemptées, ce coût élevé semble, selon les auteurs de l'étude, favoriser l'automédication. Elle représente 30% des dépenses de médicaments en Grande-Bretagne, contre la moitié en Allemagne et en France.

 

En France, le principal levier de régulation est le ticket modérateur restant à la charge du malade. S'élevant selon les cas à 35% ou 65% du prix du médicament, il est, dans plus de 90% des cas, intégralement remboursé par une assurance complémentaire.

 

 

Trois classes de médicaments. Une fois ces bases posées, l'étude analyse le mode de définition des prix et des taux de remboursement pour trois catégories de médicaments donnant lieu à des stratégies différentes selon les pays. Les benzodiazépines ont été choisies car ils entraînent une dépendance physique et psychique, pouvant générer mauvais usage et abus. Les vasodilatateurs représentent les médicaments à efficacité contestée. Enfin, l'analyse prend en compte des médicaments améliorant la qualité de vie : traitements des dysfonctionnements érectiles, de l'obésité et du tabagisme

 

 

Les résultats. L'exemple des médicaments de lutte contre l'obésité et du sevrage tabagique, uniquement remboursés en Grande-Bretagne, montre que « les décisions de prise en charge sont liées aux valeurs et aux priorités nationales ».

 

Dans le cas des benzodiazépines et des vasodilatateurs, pour un éventail de produits remboursés comparable, la France a une consommation deux fois plus élevée que l'Allemagne, où les niveaux de prescription sont encadrés. Les chiffres concernant les vasodilatateurs permettent, en particulier, de mettre en évidence des différences fondamentales dans le comportement des prescripteurs : les mesures d'encadrement mises en place chez nos voisins anglais et allemands, où les médecins sont individuellement responsables de leurs budgets de prescription, semblent ainsi avoir eu un effet important sur les pratiques.

 

 

Les conclusions. Pour ses auteurs, l'étude prouve donc que ce sont les comportements de prescription, et non le nombre de produits pris en charge, qui expliquent les écarts de dépenses entre les pays. Selon l'Irdes, « l'expérience de nos voisins suggère l'importance de dispositifs efficaces pour réguler la demande, notamment des incitations financières à une prescription et une consommation plus rationnelles. » En d'autres termes, en attendant la mise en place d'éventuelles réglementations par les pouvoirs publics, la balle est avant tout dans le camp des médecins français.

Retour


© Copyright CNP Assurances.
Tous droits réservés. Les reproductions de toute ou partie des informations publiées sur le site Internet CNP sous quelque forme ou support sans l'autorisation expresse de la CNP sont interdites. Seuls sont autorisés l'envoi électronique des articles par les moyens mis à disposition par la CNP ou l'impression à des fins d'archivage ou de consultation en mode déconnecté.