Une hausse continue.
Premier élément
mis en évidence par le rapport : depuis une trentaine d'années, les prélèvements
sociaux augmentent plus rapidement que le PIB. Les prélèvements obligatoires (cotisations,
impôts et taxes) des administrations de la Sécurité
sociale représentent en effet près de 22% du PIB aujourd'hui
contre 16% en 1978.
A titre de comparaison, le taux de l'ensemble des
prélèvements obligatoires de l'Etat baissait dans le même temps de 17,5% à moins
de 15%.
Des changements
structurels. Autre phénomène mis en
lumière : la structure du financement de la Sécurité sociale a changé. Il était, à l'origine,
exclusivement fondé sur les revenus du travail. Mais, combinée aux allègements
de cotisations sur les bas salaires, l'extension progressive des prestations
sociales à des ayants droit non cotisants (conjoints d'assurés, retraités,
chômeurs...) a progressivement rendu insuffisant le financement par des
cotisations basées sur les seuls salaires. A partir des années 80, de nouveaux
outils ont donc été créés.
Une base universelle.
Plusieurs
prélèvements expérimentaux se sont ainsi succédés jusqu'à la création de
la CSG
(Contribution sociale généralisée), en 1991. Elle présentait alors la
caractéristique nouvelle d'être assise sur une base universelle. Elle inclut les
revenus d'activité et de remplacement, mais aussi les revenus du patrimoine, des
produits de placement et même, depuis 1996, les sommes engagées ou les produits
réalisés sur les jeux. Parallèlement, des impôts et taxes sont venus compléter
le dispositif*.
Entre
1978 et 2006, la part des cotisations dans
les recettes de la
Sécurité sociale est ainsi tombée de 97% à 72%, tandis que
celle des impôts et taxes affectées augmentait de 3% à 28%**.
Des
pistes pour le futur. Le
financement de notre système social est aujourd'hui confronté à de nouveaux
défis. Le vieillissement de la population entraîne un surcoût lié à la
dépendance. La mondialisation impose une pression à la baisse sur les
prélèvements liés au travail. Les progrès de la médecine rendent les soins plus
coûteux... De nouvelles mesures ont donc été décidées comme la création d'une
franchise sur les dépenses de santé, ou sont envisagées comme la création d'une
TVA sociale.
*Contribution sociale de solidarité sur les sociétés, taxe de 8% sur les
contributions patronales au financement de la prévoyance complémentaire,
contributions dues spécifiquement par l'industrie pharmaceutique, contributions
sur les tabacs et les alcools...
**Ces chiffres ne prennent pas en compte la CRDS. Instaurée en 1996, la Contribution au
remboursement de la dette sociale est affectée à la Cades (Caisse d'amortissement
de la dette sociale), classée en comptabilité nationale comme un Organisme
divers d'administration centrale (Odac). A ce titre, elle n'apparaît pas dans le
financement des administrations de la Sécurité
sociale.
Les
exonérations patronales
L'évolution
du financement de la
Sécurité sociale est marquée par la volonté de ne pas
pénaliser l'emploi et la croissance. C'est le sens de la politique
d'exonérations mise en place dès la fin des années 70. Jeunes, chômeurs
créateurs d'entreprises, puis chômeurs de longue durée et salariés à
temps partiels... les premières exonérations étaient ciblées sur des
publics spécifiques. Depuis 1993, une politique plus générale
d'exonération ou d'allègement des cotisations sociales sur les bas
salaires est menée, afin de réduire le coût relatif du travail des
salariés les moins qualifiés. En 2006, le coût de l'ensemble de ces
exonérations a été estimé à 25 milliards d'euros. La même année, le
déficit de la
Sécurité sociale s'est élevé à 8,7 milliards d'euros.
Des études empiriques, notamment de l'OCDE, prouvent toutefois que ces
mesures ont eu un impact positif sur l'emploi non
qualifié.
A la fois « caisse » chargée de
répartir les moyens financiers et « agence » d'appui
technique, c'est à elle que reviendrait la gestion de ce nouveau champ
de protection sociale.
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