Les chiffres
clés. La
loi destinée à favoriser le développement des services à la personne (dite Loi
Borloo) a été votée le 26 juillet 2005. Avec 146.000 emplois nouveaux en 2006, le
nombre de salariés du secteur dépasse désormais 1.700.000. Le taux de création
d'emploi a doublé. Il s'élève à +9% pour 2006. Le nombre des organismes agréés
(11.000 à la fin de l'année dernière) a augmenté dans les mêmes proportions. Le
rapport pointe également le poids économique du secteur : 11 milliards d'euros*.
L'essor
du Cesu. Successeur
du chèque emploi service, le Chèque emploi service universel (Cesu) permet
la
rémunération et la déclaration de 21 activités, allant du soutien scolaire ou
informatique aux travaux de jardinage, en passant par l'aide ménagère, la garde
d'enfants ou de personnes âgées.
Le Cesu se présente sous deux
formes.
Le Cesu bancaire est utilisé par 1.450.000 particuliers employeurs et a servi au
versement de 2,3 milliards d'euros de salaires. Le Cesu préfinancé a connu un
démarrage plus lent. Pour sa première année d'existence, son volume d'émission
s'est situé légèrement au-dessus de 84 millions d'euros. 25.000
entreprises et administrations le proposent aujourd'hui à leurs
salariés.
Le
rôle de l'ANSP. Outre
l'agrément de 11.000 organismes, l'Agence
nationale des services à la personne a
procédé, en 2006, à l'habilitation de 6 émetteurs de Cesu préfinancés et
négocié l'accord autorisant son encaissement par les banques avec
la
Fédération bancaire française (FBF). Pour assurer la
professionnalisation du secteur, elle a également soutenu le développement et la
création de 17 enseignes nationales de services à la personne (dont « CNP, services à la personne »).
Enfin,
l'ANSP a mis en place une « démarche
qualité, pour développer la professionnalisation des intervenants ».
Dans ce cadre, tout organisme
pouvant justifier d'une certification de la qualité** verra son agrément
renouvelé sans autre formalité.
Pour 2007, l'ANSP table sur la
création de 220.000 emplois nouveaux.
* Estimation
portant sur l'année 2005.
**Actuellement,
il existe une norme et deux référentiels dans le cadre de la certification de la
qualité prévue par le code de la consommation. La norme, gérée par l'AFNOR (nfx
50056), est assortie d'un référentiel de certification de type '' marque NF
Service '', (nf 311), délivré par l'AFAQ/AFNOR. Le second référentiel,
Qualicert, est géré et délivré par SGS. Par ailleurs, des contacts ont été pris
avec d'autres organismes certificateurs qui souhaitent être présents dans le
domaine de la certification de services à la personne.
Yves Vérollet : «
Davantage de cohérence
»
 |
Membre du conseil
économique et social, Yves Vérollet a rédigé pour le CES un rapport sur le
développement des services à la
personne. |
Quelles sont, selon vous, les principales avancées de la loi
Borloo ?
La
loi, en tant que telle, n'a pas apporté énormément d'éléments nouveaux. Elle
tente, en revanche, de leur donner davantage de cohérence. Ainsi, le chèque
emploi service ou le titre emploi service existaient déjà. La loi Borloo les a
fusionnés pour créer le Cesu. Autre exemple, les aides à la personne
constituaient un secteur très éclaté : 80% des gens qui y travaillent
dépendaient d'un particulier employeur. La loi a créé l'Agence des services à la
personne et des enseignes nationales. Tous ces points sont importants en terme
de structuration. D'autre part, la gamme des services a également été élargie.
Auparavant, ils se limitaient essentiellement au ménage et au repassage. On en
dénombre désormais une vingtaine.
Quels domaines doivent encore être améliorés
?
Pour
favoriser l'essor du Cesu préfinancé, il convient de développer sa notoriété et,
donc, de l'intégrer au développement de la négociation sociale dans les
entreprises. L'aspect fiscal nous semblait également fondamental pour favoriser
l'accès à ces services. Dans ce domaine, nous avons été partiellement suivis par
le gouvernement puisque la déductibilité s'est récemment transformée en crédit
d'impôt. C'est positif, même si l'on peut regretter que les retraités en soient
exclus. Il faudra maintenant veiller à établir une distinction entre les
services « de confort » et ceux qui revêtent une véritable dimension
sanitaire et sociale. Car les finances publiques n'ont pas à subventionner tous
les services à la personne.
Avez-vous le sentiment d'assister à la naissance d'une véritable
filière professionnelle ?
Une
filière existe déjà en partie, celle de l'aide à domicile, essentiellement liée
au réseau d'économie sociale. Elle regroupe environ 250.000 salariés, pour la
plupart au sein d'associations. Mais il ne s'agit que d'une faible part, par
rapport aux 1,7 ou 1,8 millions de personnes qui travaillent dans ces secteurs.
Il faut donc, encore une fois, structurer l'ensemble. Cela passe par la mise en
place de véritables filières de formation initiale, avec un tronc commun et des
spécialisations. Dans le même esprit, il faudrait parvenir à rédiger une
convention collective des services à la personne, plus large que celle qui
existe déjà pour les employés de maison. Faute de quoi, à terme, nous ne
pourrons plus satisfaire des besoins amenés à croître en permanence. C'est donc
une clé de la réussite du dispositif et l'un des objectifs de la loi.