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Société : les femmes plus menacées par la précarité (mai 2007)
Les femmes sont de plus en plus menacées par la précarité et la pauvreté. Elles le sont, de surcroît, davantage que les hommes. Telles sont les conclusions d'un récent rapport de la Délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale.

Les grandes perdantes. Les femmes sont les premières victimes de ce que le rapport appelle « un contexte de persistance de la pauvreté et de diffusion de la précarité ». Les indicateurs sociaux viennent étayer ce constat : la majorité des allocataires de minima sociaux sont des femmes ; le taux de pauvreté, notamment chez les plus de 75 ans, est deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes et les Françaises sont plus nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté que les Français.

 

 

Un essor brisé. L'essor du travail féminin constaté depuis les années 50 n'a donc pas considérablement modifié la donne. Le texte souligne même qu'il s'est considérablement ralenti depuis une quinzaine d'années. Ainsi, l'écart entre le taux d'emploi des hommes et celui des femmes reste significatif (respectivement 68,1% et 56,7% en 2004). En outre, rappelle le rapport, les femmes sont souvent employées à temps partiel* et dans des secteurs ou activités mal rémunérés. Cette précarité dans la vie active entraîne ensuite d'importantes répercussions sur le niveau des retraites perçues.

 

 

De nouvelles inégalités. Confrontées au manque de places en structure de garde collective, et encouragées par le congé parental, les « travailleuses pauvres » sont, selon le rapport, souvent tentées de quitter le marché du travail à la naissance de leur(s) enfant(s). Pour les membres de la délégation, cette situation entraîne l'apparition de nouvelles inégalités, entre les « gagnantes » (disposant d'emplois stables et bien rémunérés) et les « perdantes » (travailleuses à temps partiel et bas salaires).

 

 

Le cas des femmes seules. C'est pour les femmes chefs de famille monoparentale que la situation est la plus difficile. Leur nombre augmente (+ 23% entre 1990 et 1999) et elles se trouvent de plus en plus fréquemment en situation de précarité. Le texte souligne que « leur taux de chômage est presque deux fois plus élevé que celui des mères en couple, elles forment le gros bataillon des femmes à temps partiel subi et sont les premières à demander le congé parental ».

 

 

* En 2003, le temps partiel représentait 30% de l'emploi des femmes, soit plus de trois millions d'actives.

 
 
 

Des craintes pour l'avenir

 

La situation actuelle amène les membres de la Délégation aux droits des femmes à s'inquiéter d'une dégradation future. En effet, les disparités constatées aujourd'hui en entraîneront d'autres, encore plus importantes, lorsque ces femmes prendront leur retraite. Soulignant que le montant moyen des pensions perçues par les femmes dans le secteur privé était déjà inférieur de 38% à celui des hommes en 2004, le rapport demande un accès prioritaire des salariés à temps partiel aux emplois à temps plein, et une réflexion globale sur le temps partiel. Enfin, pour inciter les femmes à conserver leur emploi, seule garantie contre la précarité, la délégation préconise l'amélioration du système de garde des enfants et l'aménagement du congé parental.

 
 
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