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Rappel
des principes. Instauré
par la réforme de l'assurance maladie d'août 2004 et mis en place à partir de
janvier 2005, le parcours de soins vise à améliorer le suivi médical des
patients grâce à une meilleure coordination. Son objectif est également de
réaliser des économies sur les dépenses de santé.
Principale
mesure du dispositif : tous les assurés sociaux de plus de 16 ans sont
incités à choisir un médecin traitant et à le consulter en priorité pour chaque
problème de santé. En cas de besoin, ce médecin propose d'avoir recours à un
autre praticien, le plus souvent un spécialiste. Le non respect de ce parcours
entraîne un moindre remboursement.
Une bonne notoriété.
Deux
ans après l'entrée en vigueur de ce dispositif, 80% des assurés, soit 40
millions de personnes, ont effectivement déclaré un médecin traitant. Dans la
quasi-totalité des cas (99,5%), il s'agit d'un généraliste. Le taux d'adhésion
augmente avec l'âge : il atteint 95% pour les personnes âgées de 71 à 80 ans,
contre 59% pour les 16-20 ans. En outre, selon un sondage réalisé en novembre
2006, 96% des Français ont compris la notion de médecin traitant. Celle de
parcours de soins semble plus délicate à intégrer : le taux de
compréhension ne s'élève qu'à 51%.
Quelques
points à préciser. L'information
et les efforts de pédagogie doivent encore être intensifiés sur quelques points.
Ainsi, moins des deux tiers des personnes interrogées (64%) savent que l'on est
moins bien remboursé si l'on consulte directement un spécialiste sans l'avis de
son médecin traitant. A l'inverse, plus du quart (27%) des assurés ignorent la
possibilité de recourir directement à un spécialiste lorsque l'on souffre d'une
maladie chronique.
Un
faible impact financier. La
mise en place du parcours de soins s'est traduite par un moindre recours aux
spécialités médicales, dont l'activité a baissé de 4% en volume. Cela dit,
l'impact
sur les comptes de la Sécurité sociale est resté
modéré, en raison des revalorisations d'honoraires accordées en 2006 pour
compenser la baisse du nombre des consultations. Sur les neufs premiers mois de
l'année 2006, les tarifs ont en effet augmenté de 2,8% pour les spécialistes (et
de plus de 1,3% pour les médecins généralistes).
La
Cnam
souligne malgré tout que, dans leur ensemble, les efforts de maîtrise des
dépenses de santé ont permis de réaliser 1,3 milliard d'euros d'économie en deux
ans. Pour mémoire, l'Objectif national des dépenses d'assurance
maladie est
de ramener le déficit de cette branche de la Sécurité sociale de 6
milliards d'euros en 2006 à 3,9 milliards en 2007.
Réformes : les médecins
circonspects
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Marielle Aulagnier est
chargée d'études auprès de l'Observatoire régional de la Santé, en
Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'Observatoire vient de publier une étude sur
la perception des réformes de santé par les médecins. Le dossier médical
personnel (dont la mise en place prévue en juillet 2007 a été repoussée à
2008) recueille leurs suffrages, tandis que leur avis est beaucoup plus
mitigé sur le parcours de soins coordonnés.
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Quel est l'avis des médecins de votre panel sur le parcours de
soins coordonnés ?
Au regard des résultats de l'enquête, on se rend compte que les
praticiens sont relativement partagés sur le dispositif du médecin traitant. En
fait, la moitié y est plutôt favorable, tandis que l'autre moitié a un avis
plutôt défavorable, voire très défavorable. Les plus critiques sont
manifestement les jeunes médecins.
Comment s'explique cette réticence des jeunes
?
Il y a plusieurs raisons. Mais la principale est que cette réforme est plus
difficile à mettre en place pour les jeunes médecins qui viennent juste de
s'installer. Dans leur zone d'exercice, ils ne bénéficient pas de l'enracinement
des médecins installés depuis longtemps, qui ont déjà leur « patientèle ». Cette
différence de perception peut être comparée à un jeu de concurrence entre les
médecins nouvellement installés et ceux installés depuis plus longtemps.
Mais tous s'accordent, même ceux qui sont favorables au dispositif, sur le
fait que cela représente une charge de travail supplémentaire.
La prochaine étape de la réforme sera le
dossier médical personnel. Qu'en pensent les médecins que vous avez interrogés
?
Ils y sont beaucoup plus favorables : les trois-quarts des médecins de
notre enquête ont répondu positivement. Même s'ils considèrent que cela
modifiera leur pratique en profondeur et que ce sera difficile à mettre en
place.
Qu'avez-vous relevé comme réticences vis-à-vis
du dossier médical personnel ?
Outre, là encore, l'accroissement de la charge de travail, les médecins
considèrent surtout que cela va poser des problèmes pour le respect du secret
professionnel. Ils s'inquiètent également de la question de la responsabilité
médicale. Tout sera noté, on pourra suivre tout le parcours du patient avec ce
dispositif. Les médecins craignent sans doute que les patients se retournent
plus facilement contre eux en cas de problème. Mais d'un autre côté, ils
considèrent vraiment que cela va améliorer la qualité des soins et faciliter le
travail de coordination avec les autres confrères. Et c'est un point important
pour eux. Dans la plupart des enquêtes réalisées jusqu'à présent, on constate
que les médecins souffrent du manque de coordination avec leurs confrères,
spécialistes essentiellement. Le DMP va leur faciliter le travail en réseau.
Ces réformes de 2004 insistent sur la
prévention. Quel regard les médecins portent-ils sur leurs propres pratiques en
la matière ?
Il y a des domaines de la prévention où ils se déclarent beaucoup plus
actifs que dans d'autres. En particulier en ce qui concerne le tabagisme, le
cancer (ils déclarent faire fréquemment des dépistages de cancers du sein ou des
poumons). Ils sont moins présents dans d'autres domaines tels que l'éducation
des patients sur les risques de l'automédication, sur la contraception... Sans
doute parce qu'ils se sentent moins efficaces ou moins à l'aise dans ces
domaines.
Un panel représentatif de 600 médecins libéraux, exerçant
en PACA, a été interrogé en 2006 dans le cadre de cette enquête. La Drees
(Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) a
souhaité pérenniser cet observatoire et va l'étendre à quatre autres régions,
portant ainsi le panel à 3.000 praticiens.
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