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Les médecins craignent de ne plus être assez nombreux (décembre 2006)
Le nombre des médecins en activité en France n'a jamais été aussi élevé. Pourtant, un problème de renouvellement se pose déjà et risque de s'aggraver dans les dix ans à venir. C'est, en tout cas, ce qui ressort d'une étude récemment publiée par le Conseil national de l'ordre des médecins.

Les chiffres actuels. En 2005, 4495 nouveaux médecins se sont inscrits au Conseil de l'ordre, contre 3230 sorties. Au 1er janvier 2006, le Conseil recensait 207.277 praticiens en activité en France métropolitaine, soit une hausse de 0,5% par rapport à 2005. Ce chiffre, jamais atteint, porte la densité médicale à 314,5 thérapeutes en activité régulière pour 100.000 habitants. La baisse importante du numerus clausus*, décidée au début des années 1990, a été compensée par l'intégration des médecins diplômés hors Union européenne qui exerçaient en France.

 

 

Des disparités géographiques. Ces chiffres globaux marquent pourtant des réalités bien différentes selon les régions. Ainsi, la Picardie (243 médecins pour 100.000 habitants), la Haute-Normandie (253) et le Centre (255) font figure de parents pauvres quand l'Île-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur sont les mieux dotées (388 et 381). Autre exemple : la densité de médecins spécialistes du département de la Haute Loire (69 pour 100.000) est 7 fois inférieure à celle de Paris (502).

 

 

Des différences selon les spécialités. De la même façon, certaines spécialités se sont renforcées : génétique médicale (+10,6% par rapport à 2004), chirurgie thoracique et cardiovasculaire (+9,1%), chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (+8,5%)... A l'inverse, d'autres voient leurs effectifs diminuer : radiologie (-12,5%), stomatologie (-2,7%), chirurgie générale (-2,5%)...

 

 

Des perspectives inquiétantes. L'âge moyen des médecins en activité ne cesse d'augmenter. Il s'établit désormais à 48,3 ans. Le nombre des praticiens de moins de 40 ans est aujourd'hui inférieur à celui des plus de 50 ans. De plus, le départ en retraite des nombreux médecins issus des générations du baby-boom risque d'aggraver encore la situation. D'autant que le vieillissement de la population française va accroître les besoins en soins. C'est pourquoi, le Conseil de l'ordre préconise de porter le numerus clausus de 7000 à au moins 8000.

 

*Le numerus clausus fixe le nombre de places accessibles par concours à l'entrée de la deuxième année des études de médecines. C'est donc lui qui régule le flux des étudiants et, par voie de conséquence, le nombre de médecins diplômés chaque année.

 
 

Combien de médecins généralistes ?

Avec 50,5% des effectifs totaux (soit 104.675 médecins), la situation de la médecine générale semble rassurante. Pourtant, selon le Conseil de l'ordre, l'impression est trompeuse. En effet, de nombreux praticiens changent d'activité sans le signaler à l'Ordre. La réalité des effectifs est donc difficile à déterminer.

 

Du reste, l'Assurance maladie publie des statistiques nettement inférieures : elle dénombre environ 55.000 généralistes en France. Certes, la Cnam ne recense que ceux qui exercent en libéral et ne prend pas en compte les médecins salariés, notamment les généralistes pratiquant en secteur hospitalier. Mais cela ne suffit pas à expliquer ce décalage. Il faut aussi souligner que de nombreux généralistes font évoluer leur activité pour exercer dans des domaines connexes : les Mep (Médecines à exercice particulier)* et omettent de le signaler.

 

Toutefois, quel que soit le mode de calcul, les effectifs stagnent et les perspectives sont inquiétantes. Ainsi, l'étude met en évidence un chiffre qui incite peu à l'optimisme : sur les 2400 places d'internat ouvertes en 2005 aux étudiants en médecine générale**, seules 1419 ont trouvé preneurs.

 

* Telles que l'homéopathie, l'acupuncture...

 

** Afin d'harmoniser la formation des médecins au sein de l'Union européenne, la médecine générale est désormais considérée comme une spécialité. Depuis 2004, l'obtention du diplôme passe donc par une période d'internat.

 
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