English  |  Español  |  Portuguese  |  Italiano                                 Contact | Newsletter
 


















 
Risque-Prévoyance  Magazine
Actualités I Ailleurs I Au quotidien I Sommaire
 
Les inédits du pacte successoral (septembre 2006)
Parmi les nouvelles dispositions introduites par la loi du 23 juin 2006 portant réforme des successions et des libéralités*, le pacte successoral autorise un héritier à renoncer par anticipation à la part d'héritage qui lui est réservée (réserve héréditaire). Il peut ainsi en faire bénéficier une personne déterminée.

Une grande nouveauté. Egalement appelé « pacte sur succession future », le pacte successoral était jusqu'à présent interdit par la loi. L'article 1130 du code civil prohibait en effet, à de rares exceptions près, les conventions portant sur des successions non ouvertes.

L'introduction de ce dispositif dans le droit français constitue donc une mesure phare de la réforme qui entrera en vigueur au 1er janvier 2007. A cette date, un héritier pourra renoncer par avance, en partie ou en totalité, à sa réserve héréditaire (la part minimale qui lui revient dans la succession). La renonciation pourra également viser la réduction d'une libéralité portant sur un bien déterminé. La signature d'un tel pacte n'aura pas de conséquence fiscale : le montant des droits de succession et le plafond des abattements ne changeront pas.
Notons que le renonçant doit être une personne majeure, il ne pourra être un mineur émancipé.


Organiser les successions. Ce pacte facilitera la transmission d'une entreprise, en permettant d'en déterminer à l'avance le futur repreneur parmi l'ensemble des héritiers. Il se révèlera également fondamental pour les familles comprenant un enfant handicapé. Si ses frères et sœurs sont d'accord, les parents de cet enfant pourront alors décider de l'avantager.

Enfin, le pacte successoral facilitera également les successions trans-générationnelles, de grands-parents à petits-enfants.


De solides garanties. Une fois décidée, la renonciation est irrévocable**. L'héritier qui renonce s'engage même à ne pas attaquer en justice les dons et legs qui auront été faits en vertu du pacte. La loi prévoit donc des garde-fous pour garantir que la décision n'a pas été dictée par des pressions familiales et qu'elle résulte bien d'une volonté mûrement réfléchie. Ainsi, pour être valable, le pacte successoral doit être établie par acte authentique signé par deux notaires. Il devra être signé séparément par chaque renonçant, en la seule présence de deux notaires. L'un d'eux, désigné par le président de la Chambre départementale, sera chargé de délivrer au(x) signataire(s) du pacte, indépendamment de leur famille, une information indépendante et objective. L'accord du futur défunt est également nécessaire pour que la renonciation engage le renonçant. Enfin, la renonciation ne peut se faire qu'au profit d'une ou plusieurs personnes nommément désignées.

* Parmi les autres points importants de la loi figurent également :
  • l'élargissement des donations-partages, notamment aux petits-enfants,
  • le mandat à effet posthume,
  • la suppression de l'unanimité pour la gestion des biens en indivision
  • le remplacement de l'acceptation sous bénéfice d'inventaire par l'acceptation à concurrence de l'actif net,
  • la modification du régime successoral des Pacs...


** Sauf dans trois cas précis :

  • la personne dont le renonçant a vocation à hériter ne remplit pas ses obligations alimentaires envers lui ;
  • au jour de l'ouverture de la succession, le renonçant est dans un état de besoin qui disparaîtrait s'il n'avait pas pris cette décision ;
  • le bénéficiaire de la renonciation s'est rendu coupable d'un crime ou d'un délit contre la personne du renonçant

 

 

Le pacte de famille

Autre forme de pacte successoral, le pacte de famille concerne les familles recomposées. Grâce à lui, les enfants d'un premier lit pourront, à la mort de leur parent remarié, décider de différer l'exercice de leur droit. Le conjoint survivant conservera ainsi les biens de son époux(se) jusqu'à son propre décès. A cette date, les enfants qui avaient signé le pacte percevront la part d'héritage qui aurait dû leur revenir à la mort de leur parent.

Retour


© Copyright CNP Assurances.
Tous droits réservés. Les reproductions de toute ou partie des informations publiées sur le site Internet CNP sous quelque forme ou support sans l'autorisation expresse de la CNP sont interdites. Seuls sont autorisés l'envoi électronique des articles par les moyens mis à disposition par la CNP ou l'impression à des fins d'archivage ou de consultation en mode déconnecté.