Le
« tsunami démographique ». La
France
compte aujourd'hui 1,1 million de personnes de plus de 85 ans. Selon les travaux
du Cas (Centre d'analyse stratégique), ce chiffre atteindra 1,9 million en 2015
et aura doublé d'ici 2020. Pour faire face à ce « tsunami démographique » évoqué par
le ministre délégué aux Personnes âgées, il faudrait, toujours selon le Cas,
porter de 640.000 à 680.000 le nombre de places en établissements, toutes
catégories confondues, d'ici 2010. Le nombre des places de soins infirmiers à
domicile* devrait passer à 230.000 d'ici à 2025.
Le
gouvernement a donc lancé le plan « Solidarité grand âge », sur cinq
ans (2007/2012). Il prendra le relais du plan « Vieillissement et
solidarité », qui avait été déclenché après la canicule de
2003.
Maintenir
à domicile. Le
premier objectif des pouvoirs publics vise à « donner aux personnes âgées dépendantes le
libre choix de rester chez elles ». Pour y parvenir, le plan prévoit de
poursuivre l'augmentation du nombre de places de services de soins infirmiers à
domicile*. Il y en avait 81.900 fin 2004, le plan Vieillissement et solidarité
prévoyait de porter ce chiffre à 99.000 fin 2007. Il devra s'élever à 120.000 en
2012.
Dès
2010, 7000 nouvelles places d'hospitalisation à domicile** s'ajouteront
également aux 8000 qui existaient en 2005. De plus, l'enveloppe de 231 millions
d'euros, prévue dans la convention d'objectifs et de gestion de la Caisse nationale d'assurance
vieillesse (Cnav) pour développer les aides à domicile, sera également augmentée
de 24 millions d'euros en 2006.
Adapter
l'hôpital. Autre
axe d'amélioration, la construction d'une véritable filière gériatrique dans les
hôpitaux. Au total, 1000 lits de court séjour gériatrique et 3000 lits destinés
aux soins de suite et de réadaptation seront créés en cinq ans. Par ailleurs,
les établissements répondant aux normes fixées par le plan bénéficieront d'un
label les identifiant. Ils devront, en particulier, permettre un accueil
spécifique des personnes âgées, sans passage par les urgences. Le plan programme
également la création de 86 équipes mobiles sur tout le
territoire.
Développer les maisons de
retraite. 500
millions d'euros seront consacrés à la rénovation des établissements
spécialisés, dont les capacités d'accueil devront s'accroître de 5000 places par
an. Un effort sera également consenti pour améliorer l'encadrement des
pensionnaires des maisons de retraite : le taux d'encadrement devra passer
de 0,57 soignant par résident à 0,8 en 2025, et même atteindre un professionnel
par personne âgée pour les plus dépendantes.
Former
les professionnels. D'après
les chiffres du centre d'analyse stratégique, les besoins en personnels seront
énormes. Le nombre des professionnels en poste devra passer de 610.000
aujourd'hui à plus d'un million à l'horizon 2025. Un plan de recrutement et de
formation sera donc initié. Il prévoit notamment la création d'un diplôme
d'animateur de maison de retraite. Enfin, 20 millions d'euros supplémentaires
seront consacrés à la recherche sur les maladies du système nerveux, au premier
rang desquelles les maladies d'Alzheimer et de Parkinson. Ainsi, une
consultation gratuite de prévention sera systématiquement proposée aux personnes
âgées de plus de 70 ans.
*
Les services de soins infirmiers à domicile assurent, sur prescription médicale,
les soins infirmiers et d'hygiène générale ainsi que les aides à
l'accomplissement des actes essentiels de la vie. Ils sont destinés aux
personnes âgées de plus de 60 ans, malades ou dépendantes, aux personnes adultes
de moins de 60 ans présentant un handicap et aux personnes de moins de 60 ans
atteintes de maladies chroniques.
**
Alternative au séjour prolongé en établissement hospitalier, l'hospitalisation à
domicile permet d'assurer au domicile du patient tous les soins médicaux et
paramédicaux prescrits par un médecin.
Comment
financer ?
La
loi de financement de la Sécurité sociale prévoyait pour 2006 une
hausse de 13% des crédits destinés aux personnes âgées. Ce niveau de
croissance annuelle sera maintenu dans les cinq ans qui viennent. A
raison de près de 500 millions par an, le gouvernement estime en effet à
environ 2,3 milliards d'euros la somme que l'assurance-maladie devra
consacrer aux personnes âgées entre 2007 et 2012. Il a donc demandé une
étude sur de nouvelles possibilités de financement. Parmi les pistes
explorées figureront l'organisation d'une nouvelle branche de
la
Sécurité sociale spécialement dédiée aux personnes
âgées et handicapées, ou l'instauration d'une couverture complémentaire
autonomie, comparables à celles qui existent déjà pour la retraite ou
l'assurance maladie. La perspective d'une hausse de la CSG, de l'ordre de 0,5%
était également évoquée dans les travaux du Cas. La mission doit rendre
son rapport début 2007. |