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Grand âge : un nouveau plan de solidarité (juillet 2006)
Pour faire face au vieillissement de la population française, le gouvernement vient de lancer un plan quinquennal de prise en charge des personnes âgées dépendantes. Il s'articule autour de trois axes.

Le « tsunami démographique ». La France compte aujourd'hui 1,1 million de personnes de plus de 85 ans. Selon les travaux du Cas (Centre d'analyse stratégique), ce chiffre atteindra 1,9 million en 2015 et aura doublé d'ici 2020. Pour faire face à ce « tsunami démographique » évoqué par le ministre délégué aux Personnes âgées, il faudrait, toujours selon le Cas, porter de 640.000 à 680.000 le nombre de places en établissements, toutes catégories confondues, d'ici 2010. Le nombre des places de soins infirmiers à domicile* devrait passer à 230.000 d'ici à 2025.

 

Le gouvernement a donc lancé le plan « Solidarité grand âge », sur cinq ans (2007/2012). Il prendra le relais du plan « Vieillissement et solidarité », qui avait été déclenché après la canicule de 2003.

 

 

Maintenir à domicile. Le premier objectif des pouvoirs publics vise à « donner aux personnes âgées dépendantes le libre choix de rester chez elles ». Pour y parvenir, le plan prévoit de poursuivre l'augmentation du nombre de places de services de soins infirmiers à domicile*. Il y en avait 81.900 fin 2004, le plan Vieillissement et solidarité prévoyait de porter ce chiffre à 99.000 fin 2007. Il devra s'élever à 120.000 en 2012.

 

Dès 2010, 7000 nouvelles places d'hospitalisation à domicile** s'ajouteront également aux 8000 qui existaient en 2005. De plus, l'enveloppe de 231 millions d'euros, prévue dans la convention d'objectifs et de gestion de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) pour développer les aides à domicile, sera également augmentée de 24 millions d'euros en 2006.

 

 

Adapter l'hôpital. Autre axe d'amélioration, la construction d'une véritable filière gériatrique dans les hôpitaux. Au total, 1000 lits de court séjour gériatrique et 3000 lits destinés aux soins de suite et de réadaptation seront créés en cinq ans. Par ailleurs, les établissements répondant aux normes fixées par le plan bénéficieront d'un label les identifiant. Ils devront, en particulier, permettre un accueil spécifique des personnes âgées, sans passage par les urgences. Le plan programme également la création de 86 équipes mobiles sur tout le territoire.

 

 

Développer les maisons de retraite. 500 millions d'euros seront consacrés à la rénovation des établissements spécialisés, dont les capacités d'accueil devront s'accroître de 5000 places par an. Un effort sera également consenti pour améliorer l'encadrement des pensionnaires des maisons de retraite : le taux d'encadrement devra passer de 0,57 soignant par résident à 0,8 en 2025, et même atteindre un professionnel par personne âgée pour les plus dépendantes.

 

 

Former les professionnels. D'après les chiffres du centre d'analyse stratégique, les besoins en personnels seront énormes. Le nombre des professionnels en poste devra passer de 610.000 aujourd'hui à plus d'un million à l'horizon 2025. Un plan de recrutement et de formation sera donc initié. Il prévoit notamment la création d'un diplôme d'animateur de maison de retraite. Enfin, 20 millions d'euros supplémentaires seront consacrés à la recherche sur les maladies du système nerveux, au premier rang desquelles les maladies d'Alzheimer et de Parkinson. Ainsi, une consultation gratuite de prévention sera systématiquement proposée aux personnes âgées de plus de 70 ans.

 

 

* Les services de soins infirmiers à domicile assurent, sur prescription médicale, les soins infirmiers et d'hygiène générale ainsi que les aides à l'accomplissement des actes essentiels de la vie. Ils sont destinés aux personnes âgées de plus de 60 ans, malades ou dépendantes, aux personnes adultes de moins de 60 ans présentant un handicap et aux personnes de moins de 60 ans atteintes de maladies chroniques.

 

** Alternative au séjour prolongé en établissement hospitalier, l'hospitalisation à domicile permet d'assurer au domicile du patient tous les soins médicaux et paramédicaux prescrits par un médecin.

 


Comment financer ?

 

La loi de financement de la Sécurité sociale prévoyait pour 2006 une hausse de 13% des crédits destinés aux personnes âgées. Ce niveau de croissance annuelle sera maintenu dans les cinq ans qui viennent. A raison de près de 500 millions par an, le  gouvernement estime en effet à environ 2,3 milliards d'euros la somme que l'assurance-maladie devra consacrer aux personnes âgées entre 2007 et 2012. Il a donc demandé une étude sur de nouvelles possibilités de financement. Parmi les pistes explorées figureront l'organisation d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale spécialement dédiée aux personnes âgées et handicapées, ou l'instauration d'une couverture complémentaire autonomie, comparables à celles qui existent déjà pour la retraite ou l'assurance maladie. La perspective d'une hausse de la CSG, de l'ordre de 0,5% était également évoquée dans les travaux du Cas. La mission doit rendre son rapport début 2007.

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