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Santé : opération mains propres (mai 2006)
" Adoptons les gestes qui nous protègent ". C'est le nom de la campagne de prévention lancée récemment par le ministère de la Santé. Elle vise à limiter les risques de transmission des maladies virales par des gestes d'hygiène élémentaires.

Une attention croissante. C'est le nouveau risque inhérent à la progression de l'épizootie* de grippe aviaire qui a amené les pouvoirs publics à sensibiliser les Français. Mais les mesures préconisées doivent aussi permettre de prévenir la circulation des autres virus transmis par voie respiratoire, tels que rhume, grippe ou bronchiolite, dont la transmission est favorisée par la multiplication des déplacements et l'augmentation constante du nombre des personnes vivant en collectivité ou dans des espaces climatisés.

 

 

D'abord les professionnels. La campagne a débuté auprès des professionnels de santé : 380.000 exemplaires d'un kit de formation et d'information** ont ainsi été envoyés aux médecins et aux pharmaciens. Ceux-ci sont chargés de relayer, notamment par le biais d'affichettes, les principaux messages sanitaires auprès de leurs patients ou clients.

 

 

Des gestes simples. Ces maladies virales se transmettant par voie aérienne ou par contact avec une personne déjà porteuse du virus, ces messages portent essentiellement sur le respect des règles d'hygiène de base, qui permettent de limiter les risques d'infection : lavage soigneux et régulier des mains, utilisation de mouchoirs jetables à usage unique, port d'un masque chirurgical par les personnes malades (NDR : lire interview).

 

 

Deux niveaux. La campagne prévoit également un second volet. Il décline les gestes qui permettraient de limiter les risques de contamination en cas d'épizootie aviaire : éviter tout contact avec les oiseaux, leurs œufs, leurs plumes ou leurs déjections et appliquer encore plus scrupuleusement les règles d'hygiène déjà énoncées.

 

 

* Épizootie : épidémie qui atteint les animaux.

 

** Il peut être consulté à l'adresse suivante :
http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_aviaire/kit_grippe_aviaire/index.html

 

 

Dr Jean-Thierry Aubin : « il faut apprendre à se laver les mains »


Le docteur Jean-Thierry Aubin est directeur adjoint du Centre national de référence (CNR) des virus respiratoires à l'Institut Pasteur.


Une telle campagne était-elle indispensable ?

Complètement. La dernière réunion à laquelle j'ai participé à la Direction générale de la santé concernait les mesures « barrières » à adopter dans le cadre de la préparation à la pandémie. Et le rappel des règles de base en matière d'hygiène figurait parmi les premiers impératifs. Car ces règles sont tellement évidentes que la plupart des gens les oublient, parfois même chez les professionnels de santé. On sait par exemple que la vaccination contre la grippe n'est pas assez répandue chez les médecins. Il convient donc de rappeler aux personnels soignants qu'ils peuvent à la fois être contaminés par leurs malades et, à l'inverse, transmettre un virus à des dizaines de patients.

 

 

La première des préventions consiste tout simplement à se laver les mains...

 

Oui, mais pas n'importe comment. Le lavage des mains est un peu comme le brossage des dents, s'il est trop bref, il ne sert à rien. Il faut donc se les laver au savon, pendant au moins trente secondes, les rincer soigneusement et bien sûr éviter de les essuyer ensuite dans un torchon sale ! Cette opération est à renouveler à chaque fois que l'on est en contact avec une poignée de bus ou de métro, avant et après chaque passage aux toilettes, avant tout contact avec des denrées alimentaires...

Quant aux médecins, ils doivent se laver les mains avant et après chaque consultation, le mieux étant sans doute qu'ils portent des gants.

 

 

Une autre préconisation porte sur l'utilisation de mouchoirs jetables.

 

Là, on rentre un peu dans le détail. Mais il est vrai qu'un mouchoir en tissu est contaminant. Par conséquent, si l'on est victime d'un virus, autant se moucher dans quelque chose qui se jette et que l'on peut incinérer.


 

Recommander le port d'un masque chirurgical aux personnes atteintes d'une maladie virale ne vous semble-t-il pas exagéré ?

 

Absolument pas. Le port d'un tel masque constitue la mesure la plus simple pour protéger l'extérieur lorsque l'on est soi-même contaminé. L'idée n'a donc rien de saugrenue. Maintenant, c'est vrai qu'il faut trouver un équilibre entre ce qu'il serait bien de faire et ce qu'il est possible de faire. Car, culturellement, je serais surpris que les Parisiens qui utilisent les transports en commun acceptent du jour au lendemain de se mettre des masques. Pourtant, lorsque des grèves des transports interviennent en période hivernale, l'impact sur la dissémination des virus respiratoire est flagrant.

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