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Des
chiffres alarmants. L'Organisation
mondiale de la santé (OMS) estime à 100 millions le nombre de personnes qui
basculent chaque année dans la pauvreté en raison de la non prise en charge de
leurs frais médicaux. 150 millions d'autres personnes sont obligées de consacrer
la moitié de leurs revenus aux dépenses médicales, en
raison de l'absence – dans de nombreux pays – de système de protection
sociale,
d'assurance maladie abordable ou de services de santé financés par le
gouvernement. Selon les experts de l'OMS, au moins 1,3 milliard de personnes
dans le monde n'ont pas accès aux soins de santé les plus basiques, souvent
parce qu'ils n'en ont pas les moyens.
Un
cas symbolique.
Pour illustrer le processus, l'OMS cite l'exemple de la famille Chinwuba au
Kenya. Celle-ci vivait confortablement des revenus que lui assurait une petite
boutique de matériel de construction. L'épouse ayant dû subir une césarienne en
urgence, le couple s'est trouvé face à une facture représentant plus de quatre
mois de revenus. Incapable de verser l'intégralité de la somme, le mari a dû
laisser son véhicule en garantie. Il lui est alors devenu impossible d'aller
chercher le matériel chez le grossiste et son commerce a été paralysé. La
famille survit désormais avec un seul repas par jour et les enfants ne vont plus
à l'école, faute d'argent pour payer les frais d'inscription.
Comparaison
Nord-Sud. La
contribution des populations aux soins de santé est proportionnellement plus
importante dans les pays démunis que dans les pays riches. En
Allemagne par exemple, le PIB par habitant est supérieur à 30.000 dollars et les
ménages n'assument que 10% des dépenses nationales de santé. En République
démocratique du Congo, où le PIB par habitant n'est que de 120 dollars, près de
70% de l'argent dépensé pour les soins médicaux sont versés directement par les
ménages.
Une
prise de conscience. Pour les experts, il est pourtant possible
d'instituer une protection sociale, là où elle fait défaut, dans les pays en
développement, mais ce problème n'a pas reçu toute l'attention qu'il méritait.
Dans les pays à faible revenu, 35 dollars par an et par habitant permettraient
de financer un programme de protection sociale qui fournirait les services de
santé de base. Sur cette somme, de 15 à 25 dollars devraient provenir de dons
internationaux. L'OMS souligne l'urgence de la situation, la mise en place de ce
type de programmes étant particulièrement longue. Ainsi, une action entamée dès
maintenant ne ferait véritablement sentir ses effets que dans une dizaine
d'années.
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