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Les frais médicaux, un facteur supplémentaire de pauvreté (janvier 2006)
Tous les ans, faute de protection sociale, les dépenses de santé font basculer dans la pauvreté des centaines de millions de personnes dans le monde. Pour l'Organisation mondiale de la santé, une mobilisation internationale s'impose.

Des chiffres alarmants. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 100 millions le nombre de personnes qui basculent chaque année dans la pauvreté en raison de la non prise en charge de leurs frais médicaux. 150 millions d'autres personnes sont obligées de consacrer la moitié de leurs revenus aux dépenses médicales, en raison de l'absence – dans de nombreux pays – de système de protection sociale, d'assurance maladie abordable ou de services de santé financés par le gouvernement. Selon les experts de l'OMS, au moins 1,3 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès aux soins de santé les plus basiques, souvent parce qu'ils n'en ont pas les moyens.

 

 

Un cas symbolique. Pour illustrer le processus, l'OMS cite l'exemple de la famille Chinwuba au Kenya. Celle-ci vivait confortablement des revenus que lui assurait une petite boutique de matériel de construction. L'épouse ayant dû subir une césarienne en urgence, le couple s'est trouvé face à une facture représentant plus de quatre mois de revenus. Incapable de verser l'intégralité de la somme, le mari a dû laisser son véhicule en garantie. Il lui est alors devenu impossible d'aller chercher le matériel chez le grossiste et son commerce a été paralysé. La famille survit désormais avec un seul repas par jour et les enfants ne vont plus à l'école, faute d'argent pour payer les frais d'inscription.

 

 

Comparaison Nord-Sud. La contribution des populations aux soins de santé est proportionnellement plus importante dans les pays démunis que dans les pays riches. En Allemagne par exemple, le PIB par habitant est supérieur à 30.000 dollars et les ménages n'assument que 10% des dépenses nationales de santé. En République démocratique du Congo, où le PIB par habitant n'est que de 120 dollars, près de 70% de l'argent dépensé pour les soins médicaux sont versés directement par les ménages.

 

 

Une prise de conscience. Pour les experts, il est pourtant possible d'instituer une protection sociale, là où elle fait défaut, dans les pays en développement, mais ce problème n'a pas reçu toute l'attention qu'il méritait. Dans les pays à faible revenu, 35 dollars par an et par habitant permettraient de financer un programme de protection sociale qui fournirait les services de santé de base. Sur cette somme, de 15 à 25 dollars devraient provenir de dons internationaux. L'OMS souligne l'urgence de la situation, la mise en place de ce type de programmes étant particulièrement longue. Ainsi, une action entamée dès maintenant ne ferait véritablement sentir ses effets que dans une dizaine d'années.
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